Vous avez choisi d’élire Jean-Pierre Papin comme attaquant axial de la «Dream Team» des 110 ans de l’OM. Le buteur des années Tapie est incontournable et mérite amplement une place dans l'équipe-type de son club adoré.
L’Olympien du XXe siècle sacré en 1997 ne pouvait pas ne pas être dans la «Dream Team» des 110 ans de l'OM. Ce fut aussi votre avis puisque JPP a été élu attaquant axial de cette formation avec 70% des suffrages. Le capitaine des années Tapie, bandana autour du bras, a marqué les esprits de tous les supporters pendant ses six années marseillaises. A coup de buts (187 marqués !), de gestes venus d’une autre planète et d’un amour inconditionnel entre ce gars du nord de la France et le public de la cité phocéenne.
Quatre championnats, une coupe de France, une finale de C1, le titre de meilleur buteur de D1 pendant cinq saisons et enfin un Ballon d’Or en 1991... Assez pour situer le gabarit du personnage qui est en quelque sorte le parrain du site des 110 ans puisqu’il nous livra une interview pour le lancement que vous pouvez (re)découvrir ci-dessous.
Jean-Pierre Papin : «Les six plus belles années de ma vie»
Jean-Pierre, l'OM a 110 ans, quelle est votre première réaction à cet anniversaire ?
C’est l’un des plus vieux clubs de notre pays. C’est l’un des plus glorieux et surtout l’un des plus grands en termes de palmarès. Ce n’est pas un événement qui ressort mais deux lettres : O.M. Les six plus belles années de ma vie.
Vous avez grandement participé à cette histoire, quel est votre meilleur souvenir à l'OM ?
Il est simple. C’est la finale de la coupe de France en 1989. Pourquoi ? Trois buts marqués, probablement la plus belle finale de la coupe depuis qu’elle existe, la bise au Président Mitterrand, enfin tout… Il y avait tout dans cette finale. C’est le moment qui ressort le plus.
Qu’est ce qui a forgé l’aura de ce club selon vous ?
C’est dur à dire. C’est un tout. A la fois la ville, l’histoire du club, son palmarès. Ca a toujours été un club atypique. Et ça restera à jamais le premier club du football français à avoir gagné la Ligue des Champions…
Si vous deviez retenir un personnage parmi tous ceux qui ont jalonné l'histoire du club?
Il y en a tellement eu. Je ne connais pas tant que ça l’histoire passée du club. Mais pour parler de mon époque : à chaque année passée au club, l’équipe était de plus en plus forte.
"L’OM est un phénomène social qui n’a pas d’égal ailleurs"
Et le public, est-il une part importante de cette légende ?
Le public, il est magique à l’OM. Il est investi à 500% dans les résultats de son équipe. Il est derrière tout le temps, il transpire le football et connaît bien ce sport. C’est un public qui a été gâté au fur et à mesure des années. Quand on parle de Marseille, on parle de ses résultats mais on parle aussi de son public. Quand on est dans le stade, il n’y a pas de différence, il y a tout type de personnes sans distinction et ça se passe toujours très bien. L’OM est un phénomène social qui n’a pas d’égal ailleurs.
systématiquement, ils sont toujours derrière le club même dans les moments difficiles. Il faut aussi savoir parfois pardonner des joueurs qui sont nouveaux et qui ont parfois du mal dans ce club particulier. Et faire comprendre que si on critique, c’est qu’on aime bien.
D'autant qu'il existe une vraie histoire d’amour entre vous et les supporters marseillais ?
Quand je suis arrivé à Marseille, je venais de disputer la Coupe du Monde 86 mais je n’avais jamais joué en D1 française. Je suis arrivé un peu brut de décoffrage avec ma spontanéité. Puis, j’ai très vite vu les limites sur le terrain. Sur vingt occasions, j’en mettais trois… J’ai alors décidé de travailler de mon côté, sur mes points forts et mes points faibles, et je suis devenu une machine à marquer. Et je suis quelqu’un qui ne triche pas sur le terrain, quand je rentre c’est pour mouiller mon maillot pendant 90 minutes. Les supporters étant des connaisseurs, ça s’est bien passé. Les buts, les titres et les joueurs aidant, ce fut effectivement une vraie histoire d’amour.
Selon vous, quelles qualités faut-il avoir pour réussir à l'OM ?
Il faut, quand on rentre sur le terrain, défendre les couleurs du club. Même si on n’est pas bon, même si on est moins bon, il faut mouiller son maillot. Ce que je retiens de l’OM, c’est que les battants, ceux qui rentrent pour se battre pendant 90 minutes seront aimés pas le public. Même si certains ont plus de talent, sont plus fort techniquement mais qu'ils ne s’impliquent pas assez, ils ne seront pas aimés par le public.
Depuis votre départ en 1992, comment jugez-vous l’évolution du club ?
Le club a changé. Il s’est donné des outils de travail impressionnants qui sont, à mon avis, l’égal des plus grands clubs européens. Il y a eu des nouveaux propriétaires et l’OM a sauté d’une catégorie. Il est entré dans les quinze plus grands d’Europe.

