Il y a eu les finales de Bari (C1 1991), de Moscou (Uefa 1999) et Göteborg (Uefa 2004), mais il y a surtout eu Munich. Le 26 mai 1993, l'OM devenait le premier club français champion d'Europe. Focus sur cet événement.
OM 1-0 Milan AC
Elle
est là. Belle, majestueuse. Posée sur une table, dans l’alignement
du rond central, elle focalise tous les regards et toutes les envies.
Elle, c’est la Coupe d’Europe. La seule, celle avec les grandes
anses. Celle qui a fait pleurer Boli et tout Marseille en 1991. Celle
qui fait encore rêver l’OM deux ans plus tard.
Peut-elle se refuser de nouveau aux Olympiens ? A leur entrée sur
la pelouse pour l’échauffement, ils la couvent des yeux,
mais aucun ne se risque à la toucher. Trop confiants à Bari,
ils l’avaient sans doute brusqué.
Raymond Goethals connaît ces moments-là. Il vit à
Munich sa 7e et dernière finale. Elle ne peut être que glorieuse.
Comme à son habitude, le stratège belge a peaufiné
la tactique dans ses moindres détails. Il a imaginé toutes
les parades, tous les scenarii. Papin ou pas Papin. Gullit ou pas Gullit.
Finalement, les deux Milanais ne sont que spectateurs au moment du coup
d’envoi. JPP sur le banc, et le Batave dans les tribunes. Ainsi
en a décidé Fabio Capello, l’entraîneur de la
«meilleure formation du Monde». Sentiment renforcé
par ses 10 victoires consécutives dans la compétition jusqu’à
cette finale.
Les premières minutes sont nettement en faveur des Italiens. Le public
marseillais frôle l’infarctus en de multiples occasions. Rijkaard
puis Massaro ratent la cible de la tête alors que les tifosi avaient
déjà les bras au ciel. Blessé au genou depuis plusieurs
semaines, Basile Boli souffre terriblement. Il se retourne en direction
de Goethals pour l’implorer de sortir. Völler a vu la scène.
Leader naturel de l’équipe, il s’approche alors de «Base»
et lui dit : «Please, stay» (ndlr
: S’il te plait, reste). Boli reprend sa place. Le sacre de l’OM
tient peut-être à ces deux mots en anglais du buteur allemand.La pression milanaise reste insupportable jusqu’à la demi-heure de jeu. Van Basten est insaisissable. A la 17e, il pivote et frappe au but. Le ballon est détourné par Barthez au prix d’un réflexe étonnant. Du haut de ses 21 printemps, le jeune portier vient de tenir en échec le triple ballon d’or. Un tournant.
Après un tel démarrage, les Marseillais ne peuvent que s’améliorer. Ils refont surface grâce à une hargne décuplée. Chaque joueur, de l’attaque à la défense, met désormais tout son cœur à l’ouvrage pour faire déjouer les «Rossoneri». L’organisation se règle pour déboucher sur un mécanisme parfait. Le siège des buts de Barthez laisse place à une bataille du milieu de terrain.
L’orage passé, les Olympiens rangent les parapluies et s’en vont plus volontiers pousser les Milanais à la faute. Abédi Pelé gêne ainsi considérablement Paolo Maldini. Sur un débordement du Ghanéen, ce dernier ne peut éviter le corner. La pendule de l’Olympiastadion indique 20h58. La mi-temps est toute proche. On ne peut rêver meilleur moment.
Pelé frappe le coup de pied de coin au premier poteau. Boli s’élève dans les airs et prolonge du crâne la balle dans les buts. Une tête en or. Rossi, immobile, est battu. Les supporters phocéens hurlent leur joie comme jamais. Incroyable, l’OM l’a fait. Il mène à la pause !
Capello ne perd pas une minute. Il envoie Papin s’échauffer
en vue de la seconde mi-temps. Une bordée de sifflets l’accueille
quand il remplace Donadoni, à la 55e. Les 25 000 fans marseillais
n’ont pas la mémoire courte. Mais ils ne peuvent acclamer celui
qui peut causer leur perte, alors que le frisson de la victoire les parcourt
depuis le but de Boli.
L’ancienne idole du Vélodrome se retrouve d’ailleurs
en bonne position à un quart d’heure de la fin, mais ne cadre
pas sa reprise couchée. Un bref soulagement dans une longue période
d’inquiétude. Les inconditionnels de l’OM regardent frénétiquement
le chronomètre. Les minutes y semblent des heures.
Sur le terrain, la sortie d’Angloma sur blessure n’a pas déséquilibré
le collectif. Les coéquipiers de Deschamps ne lâchent pas le
morceau. Toutefois, ils ont abandonné toute idée d’inquiéter
Rossi. Toutes leurs forces sont maintenant unies dans un même combat
: la défense de leur avantage. On gagne trente mètres sur
une relance, on grappille quelques secondes sur un coup-franc.
L’attente du coup de sifflet libérateur
de Kurt Rothlisberger est interminable. Quand il résonne enfin,
la clameur venue du virage blanc est infinie, démentielle. Une
explosion à la mesure de l’exploit accompli. L’OM a
atteint son nirvana. Il est CHAMPION D’EUROPE !
Sur le rectangle vert, les joueurs sont ivres de bonheur. Di Meco, Sauzée
et beaucoup d’autres pleurent comme des gosses. Boli ne verse cette
fois pas une larme, et le fait savoir.
Non sans difficulté, Deschamps entraîne progressivement ses
partenaires vers le podium. ELLE les attend, parée de rubans bleus
et blancs. Sous un tonnerre d’applaudissements, le capitaine pose
ses lèvres sur elle avant de la brandir dans le ciel munichois.
Le geste est historique. 37 ans que le football français l’attendait…
A jamais les Premiers !
OM 1-0 Milan AC (Finale de la Ligue des Champions, 26 Mai 1993)
64 444 Spectateurs
Arbitre : M. Rothlisberger (Sui)
Avertissements : Di Meco (31e), Boli (54e), Barthez (71e) à l’OM ; Lentini (37e) à Mila
Milan : Rossi – Tassoti, Baresi, Costacurta, Maldini – Rijkaard, Albertini, Donadoni (Papin 55e), Lentini – Van Basten (Eranio 85e), Massaro. Ent : Capello
LE PARCOURS- 16e A : Glentoran 0-5 OM
- 16e R : OM 3-0 Glentoran - 8e A : Bucarest 0-0 OM - 8e R : OM 2-0 Bucarest - Poule : Rangers 2-2 OM |
- Poule : OM 3-0 Bruges
- Poule : CSKA Moscou 1-1 OM - Poule : OM 6-0 CSKA Moscou - Poule : OM 1-1 Rangers - Poule : Bruges 0-1 OM |














