Les South Winners et leurs 5 500 membres célèbrent en ce mois d’avril leur 20e anniversaire. Avant OM-Lille, où les festivités se poursuivront dans le Virage Sud, focus sur un groupe de supporters pas comme les autres.
Naissance, adolescence, majorité. Didier Mattera (président) et Rachid Zeroual (vice-président) nous racontent l’évolution du groupe au fil des années.
Comment le groupe est-il né ?
Didier Mattera : Au tout début, nous étions une bande de 7 ou
8 collègues du même établissement. On avait entre 15 et
16 ans. On aimait l’OM, on allait au stade et on voyait les Ultras qui
commençaient. On se disait que nous aussi on voulait créer quelque
chose. Un jour, j’avais un vieux France Football dans lequel se trouvait
un article sur l’Inter de Milan avec une banderole «Win for us».
On s’est rapidement dit que d’une devise on ne pouvait pas faire
un nom de groupe. L’appellation «Winners» est ainsi née.
Et vu que l’on a été ensuite logé au virage sud,
nous avons complété par «South».
Il y a eu cette période où les
«Fanatics», les «Ultras» et les «Winners»
étaient rassemblés derrière le sigle FUW – Supporters
Phocéens…
D.M. : C’est en effet ce qui a fait du bien aux trois groupes. Une émulation
s’est produite lorsque nous nous sommes tous réunis au virage sud,
au travers des trois groupes, de l’association Supporters Phocéens.
Elle a permis à chaque faction de supporters de prendre une autre dimension,
et de faire que le public marseillais du virage sud est l’un des meilleurs
d’Europe.
A quel moment le groupe a-t-il franchi un premier
palier ?
D.M. : Après Munich, nous sommes remontés en haut du virage sud.
C’est à ce moment là que nous avons décidé
de franchir le pas, de nous émanciper de tout et de devenir une entité
à part entière. Cette étape fut très importante
psychologiquement.
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ORANGE, ORIGINE D'UNE COULEUR« C’est notre couleur depuis 1989. On l’a choisie pour se démarquer et pour lutter contre le racisme », répond Rachid Zéroual. A cette époque, en opposition avec les skinheads du PSG qui portaient un bombers noir, les Winners retournèrent le blouson côté orange. La couleur, symbolique, est restée. |
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LES FESTIVITES ONT COMMENCELes Winners ont 20 ans depuis le 1er avril.
Jeudi soir, les festivités ont débuté par une pièce
de théâtre « Guantanamour » jouée au local
des Winners, en présence de Pape Diouf, Guy Cazadamont, Eric Di
Méco ou encore Marcel Dib. Les réjouissances se poursuivront tout au long du mois d’avril, déjà contre Lille dimanche, mais aussi contre Troyes, avec notamment une exposition de photos et un concert au pied du Virage. |
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LES YANKEE LE MOIS PROCHAINDeux autres groupes sont nés en
1987 et s’apprêtent donc à souffler leurs vingt bougies
: les Yankees fondés au mois de mai, et le Club des Amis de l’OM
en septembre. Là encore les anniversaires seront célébrés
comme il se doit… Les dates de création des neuf associations officielles : Club Central des Supporters de l’OM : 1982, Ultras Marseille : 1984, South Winners : 1987, Yankee Nord : 1987, Club des Amis de l’OM : 1987, Fanatics : 1988, Dodger’s : 1992, MTP : 1994, Handifan Club : 2005 |
L’année 1994 fut un tournant…
D.M. : Effectivement, c’est une année où pas mal de leaders
du groupe sont partis sous d’autres cieux, comme Depé qui a fondé
les «MTP» ou d’autres qui ont pris du recul. C’est également
l’année de la D2 mais c’est l’année où
on achète notre premier local, où on lance notre première
voile. Elle fut prépondérante.
Pourquoi l’acquisition du local a-t-elle
fait évoluer le groupe ?
Rachid Zeroual. : On en avait marre de fréquenter les bars et d’en
faire nos sièges. On voulait donner une image différente au groupe.
En 1994, on achète le local dans le quartier du Panier. C’était
le premier que l’on a visité et cela a été un coup
de cœur. A cette époque, on savait que le club allait descendre
en D2. On voulait remonter le groupe et être indépendant du FUW
(Fanatics Ultras Winners) de l’époque. On a construit une voile
de 90 mètres de long, refait les tambours et depuis on ne s’est
jamais arrêté. Tout s’est enchaîné après
l’acquisition de ce local.
Vous avez depuis déménagé…
R.Z. : En 2001, on est parti à la quête d’un nouveau local
et on en a trouvé un à la Belle de Mai où nous sommes actuellement.
Il est plus grand, on est passé de 120 à 600 m² avec un espace
bureau et un accueil pour recevoir les adhérents. Ce local a beaucoup
d’histoire. L’image du groupe a changé depuis que l’on
est là. Il a fallu plus d’un an et demi de travaux. Désormais
on y organise beaucoup d’animations (concerts, soirées, théâtre,
loto…).
Qu’a changé la rénovation
du stade Vélodrome ?
D.M. : Un plus au niveau des structures, du nombre d’adhérents,
etc… Mais cela marque la Coupe du Monde 1998, et le nouveau stade marque
la fin d’une époque. D’une belle époque. Tant au niveau
des résultats sportifs, que du « supportérisme » à
proprement parler.
R.Z. : En 1998, on a eu du mal à s’adapter au nouveau stade mais
on a su se familiariser à la nouvelle configuration. Avec l’ancien
stade, où que tu étais dans le stade, tu voyais ce qui se passait
autour de toi.
Le groupe a aussi son bus, le « Kaotic
Bus »…
R.Z. : Le rêve n’était pas fini sans ce bus. Il nous permet
d’être maîtres de nos déplacements.
L’esprit du groupe a-t-il changé
par rapport à ses débuts ?
D.M. : Il y a bien sûr des différences. Déjà nous,
ceux qui insufflent l’esprit du groupe, nous avons pris de l’âge
et la force des choses nous a donné plus de responsabilités. On
est peut-être moins agitateurs qu’avant. Mais nous gardons toujours
cet état d’esprit d’entraide, de solidarité, de respect
et de partage. C’est vrai aussi que ce que l’on fait à 20,
on ne le fait plus à 35 ans. Avant nous n’étions responsables
que de nous-mêmes, mais maintenant nous le sommes de toutes les nouvelles
générations. Il y a des adhérents qui sont plus jeunes
que le groupe. On fête nos 20 ans, et certains ont seulement 17 ans.
R.Z. : Le groupe n’a pas changé, l’état d’esprit
et la mentalité sont restés les mêmes. Ce sont les gens
qui ont évolué. J’avais 16 ans en 1987, j’en ai 36
maintenant… mais on a gardé notre côté rebelle et
revendicatif. On a plus de moyens mais la mentalité est la même.
Le groupe a vingt ans mais comment voyez-vous
l’avenir ?
R.Z. : Etre débout et chanter fait partie de la mentalité ultra.
On n’est jamais assis. Il ne faut pas que le foot business écrase
tout ce que l’on a construit. Sans le mouvement ultra, les stades seraient
vides. Les gens sont fiers d’être ultra et ils viennent au stade
pour voir leurs amis, pour participer à la fête et aux animations.
Si un jour, on est anéanti, le foot le sera aussi. Le foot nous appartient.
Je suis toujours motivé car je n’ai pas vu passer ces 20 ans. J’ai
toujours foi en le club, le groupe et la ville. Je me battrai pour les supporters.
Pour plus d'infos : www.sw87.com


























