De retour à la Commanderie après la défaite en finale de Coupe de France, le capitaine olympien tente d’évacuer au plus vite afin de se concentrer sur St Etienne et la qualification en Ligue des Champions.
Comment êtes-vous après cette déception en finale de Coupe de France ?On fait l’effort de se remobiliser car on a un match important samedi avec un autre objectif qui est la qualification en Ligue des champions, objectif du club depuis le début de l’année. On n’a pas le temps d’être déçu. Cette défaite en finale fait mal. On essaie de mettre de la bonne humeur pour se concentrer sur l’objectif de la Ligue des Champions. Trois jours, c’est court pour évacuer, on va le faire au fur et à mesure de la semaine. La Coupe est passée, elle est perdue et on ne la rattrapera pas. Saint Etienne est un match très important, on se doit de faire un résultat là-bas.
Quel sentiment prédomine dans le groupe actuellement. Etes-vous abattu ?
Ce serait mentir que de dire que l’on n’est pas abattu. L’an passé, on était déçu mais cette année, vu la physionomie du match, on est forcément abattu. Mais on doit faire des efforts pour se remobiliser, ce n’est pas simple car cette défaite a du mal à passer. C’est une grosse déception car on voulait la ramener, on voulait rendre tous ces gens heureux. On était favori, on a joué dans un stade à 75% marseillais, on a mené deux fois au score… Tout cela fait que l’on est tous déçu. Mais il n’y a pas de cassure. La meilleure thérapie c’est de gagner à Saint Etienne.
Quel sera votre discours ?
On se soigne collectivement et individuellement. Mais je dois le faire plus vite que les autres car je vais avoir un rôle important à jouer. On aura évacué tout cela vendredi ou samedi pour se concentrer sur le match. Mon discours sera toujours positif mais je ne sais pas encore ce que je dirai. Il faut prendre conscience qu’en terme d’objectif en début de saison, la qualification en Ligue des Champions est plus importante que la Coupe de France. Je précise bien, en début de saison, car on était en finale de Coupe de France et on voulait donc la gagner car c’est un titre. Mais en début de saison, l’objectif était clair. La coupe, c’est un titre mais cela ne vous qualifie qu’en coupe Uefa où on ne joue pas contre les grandes équipes. Financièrement pour le club, c’est différent également. Pour un joueur, la Ligue des Champions, c’est ce qu’il y a de plus beau, surtout à Marseille. On a deux points d’avance à deux journées de la fin, en prenant quatre points, on sera probablement en C1. Cela passe donc par un bon résultat à Saint Etienne et une confirmation contre Sedan.
Cette année, la défaite est difficile à avaler
Robert Louis-Dreyfus est venu dans les vestiaires après la finale…
Il était touché comme tout le monde. C’était aussi difficile pour lui que pour nous. Comment ne pas être déçu après ça ? C’est la troisième finale que je perds en quatre ans. Cette année, la défaite est difficile à avaler. Cela fait beaucoup d’années qu’il attendait ça. Même moi, en tant que capitaine, pendant dix minutes sur le terrain, je me voyais aller chercher la coupe. Pour lui, comme pour le groupe, il y avait de l’abattement. Tous les fans de Marseille devaient être déçus.
Comment avez-vous perdu cette finale ?
On n’a pas été capable de garder le score. Ensuite, les tirs au but, c’est la roulette russe. J’ai entendu une polémique sur qui aurait dû tirer les penalties… Mais même avec Zico, Platini ou Pelé, vous n’êtes pas surs de remporter la Coupe de France. C’est avant que l’on perd la finale, en prolongation notamment. On n’a pas su garder notre avantage, aujourd’hui encore on cherche des explications mais on peut le refaire dix ou cent fois dans nos têtes, on ne la gagnera pas.
Le plus terrible, c’est que j’ai pu croire que l’on allait faire plaisir à tant de personnes
Y a-t-il des joueurs plus touchés que d’autres ? Ronald Zubar par exemple, que l'on a vu inconsolable après son tir au but...
Non, il n’y a pas de degré dans la douleur. En plus son tir au but est bien tiré, c’est Teddy Richert qui le sort. Il est déçu comme tout le monde. On a très bien préparé cette finale par rapport au groupe et au staff. Il ne manquait rien pour réussir cette finale… Peut-être un jour et trois heures de récupération en plus, comme Sochaux.
Quelles images vous hantent depuis cette finale ?
Il y a plein de choses qui me hantent… Mais le plus terrible, c’est que j’ai pu croire que l’on allait faire plaisir à tant de personnes. Tout ça pour cinq minutes, trois cents secondes… Ce n’est pas très long dans une vie. Et parfois, dans un match, c’est trop. On a manqué peut-être de vice, de concentration, d’un peu tout… On la tenait… Je me disais que j’allais être le premier capitaine de l’OM à soulever un trophée depuis quatorze ans… Le silence du bus et de l’hôtel après le match est très dur à vivre aussi.
Mentalement, le groupe a-t-il les moyens de rebondir ?
Il doit en avoir les moyens car avoir la possibilité de joueur la Ligue des Champions, cela ne se présente pas tous les ans. On est en bonne position. Aujourd’hui, ce sont Lens et Bordeaux qui se posent des questions. C’est là-bas que les gens se demandent s’ils seront en Ligue des Champions.
J’ai envie d’affronter Milan, Manchester, Liverpool, le Barça…
Comment voyez-vous ce match à Geoffroy-Guichard ?
Ce sera compliqué comme à chaque fois que l’on joue là-bas. On connaît également la rivalité entre les deux clubs, il y aura donc une grosse ambiance. Ce sera en plus le dernier match à domicile de l’ASSE. On doit garder Bordeaux et Lens à distance. On sait ce qu’il nous reste à faire. C’est un mini-championnat de deux journées. On tient la seconde place, on s’est investi, on s’est battu et on veut la conserver. De plus, cela éviterait le tour préliminaire. J’ai envie d’affronter Milan, Manchester, Liverpool, le Barça…
Saint Etienne ne joue plus rien. Cela va peser dans la balance ?
Non, à chaque fois qu’un club reçoit l’OM, c’est un moyen de sauver sa saison et de briller devant son public. Ce sera donc aussi difficile qu’un match contre une équipe qui a encore quelque chose à jouer. Il faudra un esprit conquérant pour les battre. La meilleure façon de se mettre à l’abri, c’est de gagner car il ne faut pas croire que ce sera facile lors du dernier match. Sedan, ce n’est pas trois points assurés.
L’an passé, l’OM avait rebondi après sa défaite en finale de Coupe de France…
On avait gagné à Auxerre. Si on peut gagner à Saint Etienne, ce sera bien. Mais on avait fait match nul à domicile contre Strasbourg et également à Bordeaux. On n’a pas trop le temps de s’apitoyer sur notre sort.




























