Avec cette propension à marquer des buts aussi spectaculaires que décisifs, Mathieu Valbuena a confirmé contre Caen son épanouissement et sa complicité avec Djibril Cissé en attaque.
Spécialiste du coup d’éclat grand format, Mathieu Valbuena
est en passe de devenir fournisseur régulier d’émotions
fortes. Dévoreur d’espaces et déstabilisateur de défense
dès qu’il foule une pelouse, il lui arrive aussi de marquer et,
à chaque fois, on s’en souvient. Après son but de la qualification
pour la Champions League à Geoffroy-Guichard en mai dernier, après
la nuit magique d’Anfield Road, le Vélodrome a enfin connu le
«goal» - comme dirait Gerets - estampillé Valbuena. Et
deux fois, s’il vous plaît.
En deux minutes, dans le crépuscule d’une première période
compliquée contre Caen, ses deux petits bijoux de frappe en mouvement
ont eu le mérite de faire chavirer le Vélodrome et de faire
courber l’échine à des Normands pugnaces. «Il
faut avoir de l’audace» commentait-il le sourire aux lèvres
à propos de ses deux premiers buts au Vélodrome. Une nouvelle
étape dans une ascension comme l’OM sait les construire pour
un joueur qui, s’il faut encore le rappeler, écumait les pelouses
de National il y a un peu plus d’un an et demi. «Il
y a beaucoup d’émotions. On pense à sa famille et aux
gens qui m’ont fait confiance comme le coach ou José (Anigo)
qui a tenté un gros pari en me faisant venir. Ce sont des choses qui
restent dans un coin de la tête.»
Un première saison contrariée par les blessures puis conclue
en beauté, l’arrivée de Gerets qui lui accorde du crédit,
et surtout cette faculté de saisir les opportunités ont amené
au constat de réussite d’aujourd’hui.
La dernière
est indirectement liée au départ de Mamadou Niang à la
CAN. Djibril Cissé en pointe, il faut lui trouver un compère
d’attaque. D’abord placé en milieu offensif droit, Valbuena
est relancé comme soutien en retrait de Cissé en fin de match
à Nancy dans le 4-4-2 de Gerets. Et ça marche. «J’ai
de la liberté mais aussi quelques consignes, décrit-il,
je me sens mieux dans l’axe, ce n’est pas une
nouveauté et la confiance, ça joue beaucoup dans le football.
Je ne suis pas maladroit devant le but et je me procure des occasions.»
Son poste de prédilection certainement, celui qui l’avait révélé
lors de l’exercice 2005-06 avec ses 9 buts sous les couleurs de Libourne.
Mais encore fallait-il qu’il s’entende avec son coéquipier
d’attaque mais, là aussi, ça colle. «Les
automatismes n’ont pas été faciles à trouver mais
on se dit les choses. C’est parfois dit avec le ton mais il y a un très
grand respect entre nous» dit-il à propos de cette association
toute fraîche, si prolixe (5 buts samedi soir) mais encore soumise aux
exigences des prochaines échéances, «on
s’est pas mal débrouillé, le coach décidera du
dispositif tactique du moment» souligne-t-il.
Bien conscient de devoir encore s’améliorer sur quelques points
(«la présence devant le but», «être
plus souvent décisif»), le petit magicien garde les pieds
bien ancrés sur terre. «Je ne vais pas m’arrêter
sur ça, je vais continuer à bosser en essayant surtout de rester
régulier. Le plus important dans ce métier, c’est la régularité.»













