Avant le choc de dimanche, Lorik Cana nous a accordé un long entretien exclusif. Après avoir abordé la montée en puissance de l’OM, le capitaine olympien se confie dans une deuxième partie sur son expérience du « clasico » à la française.
Vous avez joué le « choc » des deux côtés. Que représente une victoire dans ce « classique » du championnat ?
A Paris, une victoire peut apporter un peu de crédit à une équipe ou à un groupe qui n’arrive pas à avoir les résultats escomptés. Cela reste une victoire de prestige mais aussi comptable. On préfèrerait voir ce choc se dérouler dans les hauteurs du classement, plutôt qu’avec des équipes qui sont 5e (l’OM) ou 12e (le PSG).
Mais cela reste un match à part, malgré tout…
Oui, mais je ne pense pas que cela permette de sauver une saison. C’est spécial mais ça ne permet pas de prendre huit ou dix points.
Avez-vous un souvenir particulier d’un match entre l’OM et le PSG ?
Bien sur. Quand on voit l’atmosphère, l’environnement, la pression… Ca laisse toujours des souvenirs. On en parle cinq ou six matches avant, alors qu’il y a des échéances importantes auparavant. Mais, c’est grâce à des matches comme celui-là que le football fait rêver. Sur le terrain, ce n’est pas toujours extraordinaire. Mais cet engouement et cette liesse populaire ont quelque chose de fantastique. On a un rôle important dans ces matches. Malheureusement, le seul que j’ai perdu, c’était en finale de la coupe de France. Mais, la plupart du temps, j’ai gagné ce « clasico » et j’espère que ce sera le cas dimanche soir.
Ce sera votre sixième « clasico » (*) avec le maillot de l’OM. Avez-vous toujours une émotion particulière à retrouver votre ancien club, le PSG ?
Bien sûr. Personnellement, j’ai joué et grandi au PSG. C’est un club qui restera toujours à part pour moi. J’ai beaucoup d’affection pour lui, car il m’a permis de devenir footballeur professionnel, de grandir au contact de grands joueurs, d’évoluer en 1ère division, de jouer la Ligue des Champions… C’est un souvenir qui ne s’effacera jamais. Mais, paradoxalement, pour moi, la meilleure manière de continuer sur cette lancée, c’est de gagner tous mes matches avec… Marseille.
La pression est-elle plus forte quand on porte le maillot du PSG ou celui de l’OM ?
Je ne pense pas que la pression soit plus forte à Paris qu’à Marseille. Des deux côtés, c’est un match très attendu qui déchaîne les foules et les passions. Ce qui est normal car cela reste les deux entités du football français. Même si Lyon domine sportivement, Paris et Marseille restent les deux plus grands clubs français. A Marseille, la pression est au quotidien.
Vous avez marqué une fois contre le PSG. C’était lors de votre première saison à Marseille (2005-2006). Quel souvenir gardez-vous de ce but et de cette rencontre ?
C’est un souvenir un peu spécial car c’était un clin d’œil du destin. Dès ma première année à l’OM, j’arrive à marquer et, surtout, à offrir la victoire à Marseille qui ne l’avait plus obtenue depuis longtemps. Avec les couleurs de Paris, j’avais pratiquement tout le temps gagné face à l’OM. C’était fantastique, car j’apporte la victoire à mon équipe et à mon club. C’est quelque chose qui m’a donné plus de confiance et m’a permis de plus me libérer.
* Appeler "clasico" les OM-PSG est assez récent. Cela fait bien-sûr référence à l'expression espagnole utilisée pour les Real-Barça.
* * En 2005-06, à l’instar de nombreux pros, Lorik Cana n’avait pas pris part au déplacement à Paris en championnat. C’était le fameux match dit « des minots »
A suivre…
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