La victoire contre Paris a permis de voir un OM maître de ses nerfs et de son match. Aujourd’hui quatrièmes, les Olympiens savent garder la tête froide, même s’ils ont baigné lundi dans le grand enthousiasme de leurs supporters.
Le soleil était caché par quelques nuages ce lundi matin sur Marseille. Mais ce n’était là que contraste avec les mines enjouées à la Commanderie. Période de vacances scolaires et lendemain de victoire dans le «clasico» obligent, la foule était nombreuse aux abords du centre d’entraînement où l’on pouvait distinguer des plaques d’immatriculation de toute la France. Cette petite centaine de passionnés a d’ailleurs eu le privilège d’aller observer le décrassage olympien ouvert exceptionnellement au public. Avant de former, à la mi-journée, une véritable marée humaine au pied de l’enceinte pour recueillir autographes et photos des joueurs après leur entraînement.
Un beau cadeau après celui vécu quelques heures plus tôt au Vélodrome. «Nous sommes heureux après une belle victoire, tout simplement , constate sourire aux lèvres Steve Mandanda lors de son passage devant la presse, «Ce ne fut pas facile, physiquement notamment, mais on a répondu présent, le groupe est costaud.» Car le succès face à Paris a des airs de match de la maturité pour cet OM qui vient d’enchaîner cinq victoires consécutives toutes compétitions confondues.
Mature, de par le scénario de la partie d’abord. Etre mené sur un penalty imaginaire au bout d’une demi-heure de jeu face au grand rival, voilà de quoi plomber le moral. «On n’a pas baissé les bras, note Valbuena, notre réaction a été un élément clé de cette rencontre.» De la maturité aussi dans l’attitude olympienne avec des joueurs qui ont su construire leur victoire avec patience, sans céder à l’affolement. Et quand on connaît le contexte d’un OM-PSG, cela permet de mesurer les progrès accomplis. «Dans n’importe quel match, on prend de l’expérience mais contre le PSG, ça fait particulièrement mûrir, poursuit Valbuena, on a appris qu’il fallait parfois être patient et savoir gérer un match. On a mieux géré les périodes difficiles. On essaie toujours d’offrir du beau jeu mais on s’est aperçu que parfois, il fallait laisser ça un peu de côté.»
Gérer les temps faibles, ne pas céder à la précipitation, appréhender un contexte bouillant, voilà autant de paramètres qui font une équipe mûre, même si le coach a relevé un match «moyen de l’OM sur le plan technique» avant d’ajouter : «Mais, on n’a pas paniqué et on a continué à jouer.»
L’OM désormais quatrième à trois longueurs de Nancy (3e), la remontée vertigineuse – l’équipe était 19e au soir d’OM-Lorient le 3 novembre - pourrait faire tourner le têtes. Le discours est tout autre. «On a de l’ambition mais il faut garder les pieds sur terre. La deuxième place pourrait être possible si Bordeaux (2e à 10 points de l’OM) avait 25 blessés, prévient le coach, c’est une équipe stable qui ne va pas perdre beaucoup de points. On peut rêver mais si on parvient à finir troisième, ce sera déjà extrêmement bien. Je ne laisserais pas mettre la pression sur mon équipe, il faut faire attention à ce qu’on n’exagère pas.» Chez les joueurs, on garde aussi la tête froide. «L’objectif est de faire le mieux possible» répondent en chœur Mandanda et Valbuena.




















