La presse régionale, nationale et de nombreux sites Internet sont largement revenus, dimanche matin, sur le drame qui a touché les supporters marseillais sur l’A6 en direction du Havre. Extraits.
LaProvence.com
Une victoire endeuillée
Le football, c'est joyeux. Et celui de l'OM l'est tout particulièrement cette année. Et quand l'OM gagne, la joie est encore plus grande, partagée par des supporters plus nombreux qu'ailleurs en France.
Mais hier soir, la joie ne pouvait pas être totale, elle ne pouvait qu'affleurer au-dessus d'un océan de tristesse et d'amertume. La victoire est belle, elle est convaincante, elle est utile mais elle a été endeuillée bien avant le match, bien avant l'arrivée des équipes au stade Jules-Deschaseaux, par la mort de deux supporters, les graves blessures d'une autre quinzaine d'entre eux.
Ce ne sont pas seulement les MTP (déjà frappés mortellement par la disparition de leur leader, le fameux Depé à l'été 2000), mais tous les supporters, groupes ou simples particuliers qui ont été touchés par ce drame. Car chacun avait ou pouvait avoir un ami, un fils, le fils d'un ami dans ce car maudit. Mourir en allant voir un match de foot, ce n'est pas plus cruel que de mourir sur la route des vacances.
Une victoire en guise d'hommage
Les Olympiens, orphelins de deux de leurs supporters, décédés ce matin dans l'accident du car transportant les MTP, avaient l'esprit tourné vers Fontainebleau, et vers ces hôpitaux où quatre blessés graves ont été transportés.
Deux minutes de silence ont tout d'abord été observées avant le coup d'envoi. La première dix minutes avant le début du match. Peu avant, le président olympien Pape Diouf avait déposé une gerbe de fleurs en hommage aux victimes sur le bord du terrain, en présence de la femme et du fils de l'une des victimes.
Le coup d'envoi est alors donné par la veuve qui portait son enfant dans les bras. Le match ne sera qu'un long passage obligé, dominé par des Olympiens désireux d'offrir aux victimes le résultat pour lequel elles avaient fait le déplacement.
Dès le coup de sifflet final, les Olympiens se sont dirigés vers le kop marseillais et la gerbe de fleurs. Ensemble, les joueurs et les membres du staff ont alors entamé une longue ovation à laquelle a répondu le public, très ému, par des applaudissements. Le dernier mot reviendra à Eric Gerets : aujourd'hui, l'OM a gagné le match, mais a surtout " perdu deux joueurs"...
La Marseillaise
« Tenez bon les gars ! »
Il arrive parfois qu’un stade de football, lieu de fête et de communion, devienne cathédrale. Un espace où silence et recueillement prennent le dessus. Où l’enjeu d’un match, avec vingt-deux acteurs se disputant un ballon, passe subitement au second plan.
« Bon courage… Je sais que c’est compliqué… Tenez bon les gars ! » Pape Diouf, n’a pas pu retenir ses larmes lorsqu’il est allé à la rencontre de, ceux qui, de puis Marseille, avaient effectué le lointain déplacement en Haute Normandie.
Dans leur tribune, aux tentures noires e, signe de deuil, les supporters phocéens ont fait corps. Le message de Pape Diouf est aké droit au cœur de ceux qui n’arrivaient pas à évacuer leur chagrin. Pleurer peut parfois faire du bien. C’est ce qu’ils ont fait, sans honte. Parce que son des potes qu’ils ont perdu.
Quant au match face au HAC, il n’était plus qu’un phénomène annexe.
L’Equipe
Marseille , la tête ailleurs
L’OM a gagné un match important et est leader de la L1. Mais le succès est passé au second plan…
La victoire n’est pas toujours belle, elle n’efface pas les douleurs, elle aide simplement à cautériser les plaies béantes.
L’attitude des joueurs, unis, saluant leurs supporters à la fin du match, témoignait d’une communion rare. Il y avait eu des larmes dans les yeux de Pape Diouf, juste avant la rencontre, il y avait des regards émus dans ce moment d’une incroyable intensité. Ce matin, La Commanderie fermera ses portes à la presse, contrairement au programme officiel, dans une forme de recueillement solennel. Les joueurs ne parleront pas. Ils garderont leurs émotions en interne, entre les murs de leur maison.
Une émotion partagée
Pape Diouf ne peut retenir sa douleur. Il sort un mouchoir, sèche ses larmes. (..) Les mots tardent à venir. Trop douloureux, trop fort. En face de lui, une centaine de fans se serrent, bras torsadés, sanglots retenus. « Les gars, du courage… Je sais que c’est compliqué ». Diouf s’arrête, essuie ces gouttes qui perlent. Alors qu’il s’apprête à repartir vers les vestiaires, il se retourne et lance : « Tenez bon ! ».
L’émotion était à son comble lorsque la veuve d’un des deux Marseillais décédés dans l’accident a trouvé assez de courage pour aller au devant des fans de l’OM. Puis pour donner le coup d’envoi, son enfant dans les bras. Au pied de leur tribune, les supporters du Havre avaient déjà éployé une grande banderole qui disait tout : « Solidaires dans la douleur ».
Le Journal du Dimanche
La victoire et la douleur
C’est une joie contenue qui a accompagné la victoireet la prise de pouvoir des Marseillais. La journée avait été trop sombre pour que les visages s’éclairent. Gagner un match quand deux de vos supporters perdent la vie sur le chemin du stade, c’est bien peu de choses après tout.
LeParisien.fr
Emotion au stade du Havre
La tête entre les mains, la gorge nouée, le regard figé vers le ciel. Muets, ils n’avaient pas le cœur à chanter. Tout juste ont-ils trouvé la force de retenir leurs larmes. Assis à l’extrémité de la tribune Sud du stade Deschaseaux du Havre, entourés de grands voiles noirs, les supporteurs marseillais ont traversé la soirée d’hier perdus dans leurs pensées comme on peut l’être sur un chemin de croix. Le décès de deux des leurs a balayé les effets enivrants d’une soirée de football. Le « Droit au but » est allé droit à l’âme des disparus.
Les fidèles du Kop havrais, le club doyen, dont le président s’est rendu à l’hôtel des Marseillais sitôt la triste nouvelle connue, la ville du Havre, tous ont tenu à effectuer un geste solidaire. Victor, le chauffeur de stade, tentait lui de rester en équilibre sur le fil de la dignité. Faire vibrer une enceinte assommée, sur un fond sonore rock mais pas trop, sans éveiller les excès, voilà un challenge que personne ne lui enviait. Et Deschaseaux est sorti peu à peu de son silence, celui que les 800 Marseillais présents ont tenu à conserver.
Football365.fr
Une victoire dans la douleur
Marqués par la mort de deux de leurs supporters dans un accident de la route dans la matinée, les Marseillais sont quand même parvenus à s'imposer sur le terrain du Havre, grâce à un but de Zenden sur coup-franc.
Les joueurs de l’OM arboraient un brassard noir en hommage aux victimes. Une minute de silence a été respectée avant le coup d’envoi et une gerbe de fleurs a été déposée au pied de la tribune des supporters marseillais. Le coup d’envoi fictif de la rencontre a été donné par la femme d’un des deux supporters décédés, accompagné de son fils de deux ans.
Eurosport.fr
L’OM malgré tout
En déplacement sur la pelouse du Havre, Marseille s'est imposé (1-0) sans vraiment convaincre dans un contexte émotionnel douloureux lié à la disparition de deux de ses supporters. Jouer pour ne pas oublier... 07h45 ce samedi, sur l'autoroute A6, près de Fontainebleau (Seine-et-Marne), l'Olympique de Marseille est endeuillée. Venu comme à leur habitude en nombre pour encourager "leur" OM, le bus des supporters phocéens percute le pilier d'un pont, faisant deux morts et une quinzaine de blessés. (..)
Mais il était écrit que l'OM ne pouvait se permettre de perdre ce match, un peu pour préserver son statut d'épouvantail au septuple champion de France lyonnais, pour ses supporters avant tout ! (..)
Ce soir, les pensées des Marseillais se projetaient vers un autre horizon, celui d'une tribune ciel et blanc orpheline de deux minots...
Francefootball.fr
Les spectateurs du Stade Jules Deschaseaux n'ont pas eu droit au spectacle annoncé avec la visite de l'OM, meilleure attaque de Ligue 1 (huit buts) au Havre. Les Marseillais n'ont pas été aussi étincelants que lors des deux premières journées. On devine pourquoi. En tout cas, les hommes de Gerets ont rendu hommage, à leur façon, à leurs supporters décédés avec la victoire sur un coup franc de Zenden (1-0).
Sport24.com
Le foot au second plan
Très affectés par l’accident de car qui a coûté la vie à deux supporters, les joueurs marseillais étaient silencieux après la victoire au Havre (0-1). Un succès peu important compte tenu des circonstances.
Havre Dimanche
Emotion à Deschaseaux





















