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L'ATLETICO, DE RETOUR CHEZ LES «TROIS GRANDS» ?

Géant endormi, club très populaire en Espagne, l'Atlético Madrid renaît actuellement et retrouve sa fierté. Zoom sur un club turbulent mais qui compte malgré l'ombre pesante du Real, mais aussi du Barca.

Si la main mise patente du Real et du Barca sévit toujours sur le football espagnol, un nom un peu oublié a refait surface depuis deux saisons. Celui de l’Atlético Madrid, adversaire de l’OM mercredi, club qui avait un peu disparu de la circulation ces dernières années. Hors des frontières ibériques en tout cas. Car le jeune centenaire – qui a soufflé ses 100 bougies en 2003 – a une place à part au sein de l’incroyable passion que génère le football de l’autre côté de Pyrénées. «En Espagne, on parle des «trois grands» que sont Le Real, le Barca et l’Atlético, explique l’ancien olympien Fabio Celestini, aujourd’hui à Getafe, autre club de Madrid et qui ferraille en Liga depuis quatre ans, d’ailleurs, Bernd Schuster (actuel entraîneur du Real et ancien de Getafe) est l’un des rares joueurs à avoir évolué dans les trois clubs. Toutefois, l’Atlético est toujours parmi ces grands, surtout en raison de son histoire et de ses supporters mais pas vraiment par rapport à ses résultats récents.»
Une place sur le podium confirmée évidemment par le Président du club, Enrique Cerezo, magnat du cinéma, qui a repris les rênes en 2002 après la mort du fantasque Jesus Gil y Gil, homme de la gloire et du déclin. «Nous continuons d’être le troisième club espagnol en termes de nombre de supporters et d’audiences télévisées, où nous sommes la troisième plus forte demande en pay-per-view. La position de notre club nous situe très près du FC Barcelone» confiait ainsi Cerezo il y a quelques mois à Football365.fr. Les bibelots à l'effigie du club catalan sont pourtant très présents dans les boutiques de la capitale.
Avec ses 9 Ligas, ses 9 Coupes du Roi et sa Coupe des Coupes en 1962, les «Colchoneros» (leur surnom - matelassiers en français - en raison de leur maillot rayé de rouge et de blanc rappelant le traditionnel matelas espagnol) possèdent un palmarès solide mais c’est avant tout la popularité qui lui a permis de garder une grosse réputation. «Je comparerais ce club à Marseille. C’est le meilleur public du pays avec des supporters qui font vraiment du bruit, remarque Célestini, ce qui est assez rare en Espagne où c’est plutôt un public de cinéma où on vient en famille. Là-bas, c’est chaud, quand ils perdent et quand ils gagnent. Dans leur histoire, ils ont rarement eu le temps de travailler dans la durée. La pression du résultat y est grande en raison du poids de leur histoire. L’Atlético, c’est la souffrance. Les mecs ne vivent que pour l’Atlético. Il y a un vrai fanatisme autour de ce club. Et, même quand ça va mal, le stade est toujours plein et c’est toujours la folie.»

La stabilité porte ses fruits

Car, après l’historique doublé coupe/championnat en 1996, le club a connu une descente aux enfers avec une relégation en 2000 malgré une équipe fournie en talent (Kiko, Valeron, Hasselbaink, Gamarra…). «Nous avons traversé des situations tragiques et des challenges difficiles dans le passé, mais, petit à petit, nous avons retrouvé notre identité en termes de prestige et de reconnaissance» annonce le président Cerezo.
Un besoin de reconnaissance qui fait aussi partie intégrante de ce club qui touche plus les classes populaires et qui vit dans l’ombre de l’opulent et classieux Real (Royal) Madrid. «Il y a forcément un sentiment d’infériorité par rapport au Real contre qui ils n’ont plus gagné depuis je ne sais combien d’années.» Une définition du club avait même été faite par un joueur Rojiblanco dans les années 30, Karag : «Le Real gagne quand il joue bien mais il gagne aussi quand il joue mal. L’atlético perd quand il joue mal mais il perd aussi souvent quand il joue bien.»
Si cela semble encore d’actualité, la donne pourrait changer avec le président Cerezo mais aussi l’entraîneur mexicain, Javier Aguirre en poste depuis deux ans (une rareté à l’Atlético) et des talents comme les Argentins Agüero et Maxi Rodriguez, l’Uruguayen Forlan et une foule d’internationaux qui ont fait passer la tristesse du départ de l’idole Fernando Torres à Liverpool en 2007.
De retour en Champions League après plus de dix ans d’absence, avec un projet de stade ultramoderne de 75.000 places, l’Atlético retrouve son costard de grand. Il ne l’avait jamais vraiment perdu dans les cœurs espagnols. «A une époque, ce fut un très grand d’Espagne avec de nombreux joueurs mythiques qui ont marqué le foot espagnol (et des anciens olympiens comme Ben Barek, Futre, Dobrovolski ou Luccin), conclut Célestini, ce n’est pas comme Valence ou le FC Séville qui sont moins suivis. La popularité et l’image, ça ne s’expliquent pas même si ces deux clubs ont eu plus de résultats que l’Atlético ces dernières années. L’Atlético restera toujours l’Atlético.»  

Getafe, troisième larron madrilène en Liga
Surprenant depuis près de quatre ans, Getafe, modeste club de la banlieue de Madrid tient tête au gros bras de la Liga. Fabio Célestini, au club depuis trois saisons, raconte : «Il y a un gros décalage entre ce que nous faisons actuellement sur le terrain et l’histoire du club qui avance petit à petit depuis une vingtaine d’années. Depuis 4, 5 ans, c’est la folie. On est d’ailleurs souvent meilleur que l’Atlético en terme de résultats (deux finales de coupe du Roi, une 6e place, un ¼ de finale de coupe Uefa perdu contre le Bayern l’an passé) alors que le stade contient 10.000 places et que nous ne sommes qu’un club familial de la banlieue de Madrid.» 

A Madrid, Emmanuel Jean

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