Le président de l’OM était encore remonté au lendemain des incidents qui ont marqué la rencontre de Champions League entre Marseille et l’Atlético. «Nos supporters avaient autre chose à faire que chercher la bagarre» affirme Pape Diouf.
Le match de mercredi vous a laissé un goût amer à plus d’un titre. Sur le plan sportif mais aussi au niveau des incidents intervenus en tribune dans la zone marseillaise…
Sportivement, on peut admettre le verdict du terrain. Comme lors de nos dernières rencontres, on a fait ce qu’il fallait, on a bien joué mais malheureusement on a commis des erreurs qui ont plombé le résultat. C’était vrai à Bordeaux, contre Liverpool et encore face à Madrid.
L’autre aspect est beaucoup plus lugubre et insupportable. Cette charge violente qui n’avait pas lieu d’être et dont ont été victimes nos supporters est intolérable. Aujourd’hui, on a beau tourner et retourner le problème de tous les côtés, il est difficile de trouver une explication plausible. Ici ou là, certains commentateurs essaient, avec difficulté et sans dire la vérité, de laisser entendre que le début des incidents a été provoqué par nos propres supporters et nos stadiers. Je m’inscris en faux contre cette affirmation. Tout ceci est compétemment faux. Je dois rétablir la vérité et dire que nos supporters, qui ont été mortifiés lors d’un récent déplacement au Havre et qui vivent encore aujourd’hui ce traumatisme, avaient autre chose à faire que de chercher la bagarre ou des incidents sérieux dans la tribune de Madrid.
Dans le souci de savoir si tout se passe bien, j’avais eu certains d’entre eux au téléphone dans la journée. Tous étaient ravis d’être à Madrid et d’aller au match.
Aujourd’hui les questions sur ce qui s’est passé restent sans réponse. L’Uefa réfute l’idée d’avoir donné tout ordre de cette charge. Il reste la police espagnole, probablement responsable et grande fautive dans cette affaire. Avait-elle le souci de se prémunir contre, ce qu’ils appellent, la « horde anglaise » qui va débarquer à Madrid lors de la venue prochaine de Liverpool, et de nous utiliser comme « cobaye ». La question mérite d’être posée et on se la pose.
On ne peut que s’indigner contre ce qui s’est passé à Madrid. Si c’est la police espagnole qui a pris la décision de cette charge, il faut qu’elle soit désignée et indexée comme seule coupable de ce qui s’est passé.
Mais il y a également eu d’autres incidents à déplorer, d’ordre raciste ceux-là. On ne peut pas, sur un terrain, continuer à accepter qu’il se passe des choses condamnées par l’Uefa. L’Uefa fait-elle ce qu’il faut pour enrayer tous ces fléaux des stades ? On se pose la question quand on voit la sanction prise à l’encontre du Zenit Saint-Petersbourg après notre passage là-bas (12 mars 2008, ndlr). En dépit de la démonstration éclatante d’actes racistes dont ont été victimes nos joueurs, l’Uefa n’a rien trouvé d’autre que d’infliger une sanction financière de 30.000 euros. Je crois que c’est une manière d’encourager ce genre de choses.

Avez-vous en main les éléments qui permettent de savoir ce qui s’est exactement passé ?
C’est trop tôt pour être affirmatif mais les éléments à notre disposition aujourd’hui laisse penser que c’est la police espagnole, elle-même, qui a pris cette initiative et cette décision. Est-ce un examen à blanc qu’elle voulait faire avant la venue de Liverpool ou est-ce autre chose ? Nous allons essayer d’en savoir un peu plus et de protester très vivement. On protestera auprès de l’Uefa et, si besoin, du côté des autorités espagnoles. Car pour moi, il s’agit non pas d’un dérapage mais d’un piège tendu à nos supporters.
On peut donc imaginer des suites à cette affaire ?
Peut-être pas des suites judiciaires car il est difficile d‘imaginer les choses sous cet angle-là puisque l’Uefa se défend d’avoir donner l’ordre de la charge. Et si c’est la police espagnole, elle reste un rouage de l’Etat espagnol. Peut-on aujourd’hui s’attaquer à l’Etat espagnol ?
























