Ben Arfa : «Je retrouve le rythme»

05/10/08 - OM 2-1 Caen

Buteur face à Caen dans les toutes premières minutes du match, Hatem Ben Arfa manque encore de constance à cause d’un début de saison perturbé par des blessures.

Comment jugez-vous votre prestation contre Caen ?
J’ai joué par intermittences, par à-coups. J’ai eu de bonnes actions mais j’ai baissé car je n’avais pas assez de mouvement mais, ça va, j’ai eu des jambes. J’ai réussi à marquer le premier but.

Voulez-vous trop en faire parfois ?
Bien sur, parfois, je garde beaucoup la balle mais dans ma tête c’est toujours dans un esprit collectif pour créer des solutions. Parfois, cela me paraître individualiste mais ce n’est pas du tout ça.

En seconde période, on a senti un sursaut de l’équipe…
C’est logique car nous voulions gagner. Nous voulions marquer. Mais samedi, c’était difficile car on avait l’impression qu’ils étaient quinze en défense. Dès que j’avais le ballon, j’essayais d’attaquer, de percuter mais c’était difficile de jouer en décalage et de faire des une-deux. Je ne peux pas prendre le ballon et dribbler tout le monde. Je ne suis pas un extra-terrestre. Les adversaires, au stade Vélodrome, jouent de manière compacte et c’est plus difficile. J’ai marqué sur un raid, j’ai essayé de faire des raids en seconde période. Mais je ne suis pas là pour faire des raids, je suis là pour jouer juste et jouer pour l’équipe.

Votre début de saison a été freiné par des blessures…
Les blessures perturbent tout le temps un joueur. Mais je retrouve le rythme. Avant après les matches, j’avais mal aux adducteurs, maintenant, la douleur part. C’est grâce au rythme. Cela fait du bien au moral car je me dis que je peux pousser plus. Je suis vraiment très content. Mais il faut rester vigilant, bien faire les soins, boire, bien récupérer pour rester performant tout le temps.

Je ne peux pas prendre le ballon et dribbler tout le monde. Je ne suis pas un extra-terrestre.

Comment expliquez-vous le passage à vide du mois de septembre ?
Samedi contre Caen, nous avons gagné mais nous n’avons pas très bien joué. En septembre, nous avons fait de bons matchs comme à Liverpool où nous avons perdu en jouant bien. Au Mans, nous avons fait un très, très bon match mais nous avons fait match nul. Nous avons eu beaucoup d’occasions sans pouvoir les concrétiser. Ce sont des choses qui arrivent. Il y a tout un contexte, une spirale et un manque de confiance. Quand ça rentre, la spirale s’inverse. Toutes les équipes connaissent ce genre de choses. Nous l’avons connu en septembre et j’espère que cela n’arrivera plus durant cette saison.

Erik Gerets : «J'attends plus »
«Il a des hauts et des bas mais plus de bas que de hauts. J’attends plus car on ne parle d’un inconnu, on parle d’un des plus grands espoirs du football français. C’est pour cela que c’est trop peu. Il perd trop de ballons. Il a commencé à cent à l’heure mais je crois qu’il a perdu les huit ballons qu’il a reçus ensuite.
Il n’est pas assez en mouvement. S’il prend le ballon en mouvement, il est impossible à arrêter mais ça je le vois trop peu. Vu ses qualités, il doit être plus important pour l’équipe. Il a des actions que personne dans l’équipe ne se procure».

Erik Gerets attend beaucoup de vous et trouve parfois, comme face au Mans, vos prestations trop irrégulières…
Même moi, je sais que je peux faire beaucoup mieux. Je dois être plus constant. Parfois, je fais un bon match mais pas le suivant. L’important, c’est d’être constant. Tout cela va venir et je suis sûr que ça va venir cette saison.

Comment expliquez-vous ce manque de constance ?
Quand je vais bien, je joue bien. En fait ce sont des choses intimes qui font que psychologiquement, je suis ailleurs. Parfois, je gamberge trop… Je suis comme ça.

Pensez-vous pourvoir devenir le leader offensif que l’OM attend ?
En attaque avec moi, il y a Niang, Koné, Samassa, Ziani, Valbuena et il n’y a pas de leader. Il faut un capitaine et un collectif sans supériorité. On doit tous se donner à fond. Bien évidemment, si on marque ou que l’on fait des passes décisives, on montre l’exemple mais nous devons tous de sentir leaders.

Le public attend que vous soyez un moteur de l’équipe…
Evidemment en tant que numéro 10, je dois être un moteur mais il ne faut penser que je suis tout seul. Nous sommes une équipe. Offensivement, il y a plusieurs joueurs. Offensivement, je dois en faire plus, me donner à fond mais il y a une équipe autour de moi et tout ne doit pas reposer sur moi sinon nous ne serons pas bien. Il faut un travail collectif.

Avec les joueurs offensifs que vous avez cités, les automatismes commencent-ils à venir ?
Cela dépend des matches et du feeling. Je ne fonctionne pas avec les automatismes car pour moi cela ne veut rien dire. Pour moi, si nous sommes bien sur le terrain, il n’y a pas besoin d’automatismes. Cela dépend du match, de l’adversaire et de notre état. Les automatismes, c’est du bidon. Si nous sentons le jeu, ça devient plus facile.

Même si aux yeux des gens, ce n’était pas ça, pour moi, Le Mans était mon match le plus accompli. J’étais bien en mouvement, bien dans les espaces et dans le jeu.

Parlez-vous le même football avec vos partenaires de l’attaque ?
Bien sûr ce sont des joueurs vraiment techniques qui jouent bien dans un petit périmètre alors Mamadou Niang est plus offensif avec une bonne conservation de balle. C’est dur de répondre car ce sont des choses qui appartiennent à l’instant.

Que est votre meilleur match depuis le début de la saison ?
(Il réfléchit) Je pense que mon match le plus complet était au Mans. Même si aux yeux des gens, ce n’était pas ça, pour moi, c’était mon match le plus accompli. J’étais bien en mouvement, j’étais bien dans les espaces et dans le jeu.

Un dernier mot sur l’équipe de France. Vous allez rejoindre les Bleus après avoir manquer les premiers rendez-vous. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Je suis bien car je sui content d’y aller. En plus, on va affronter la Tunisie, mon pays d’origine. On va essayer de gagner en Roumanie afin de se qualifier pour la coupe du monde 2010.

F.R.

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