Christophe Manouvrier : « Offrir au coach un maximum de choix »

10/10/08 - Préparation physique

Récupération, renforcement musculaire, charge de travail adaptée. Durant cette période de trêve, Christophe Manouvrier (prép. physique de l’OM) donne les clés d’un travail de l’ombre, qui a tant d’importance une fois que le joueur est dans la lumière du stade.

Quel type de travail a été effectué cette semaine à la Commanderie, durant cette mini-trêve ?
Il y a deux types de joueurs, ceux qui ont beaucoup joué et qui ont besoin de récupération à la fois physique et mentale. Et puis il y a ceux qui doivent compenser le manque de temps de jeu par un travail ciblé. L’objectif est de les maintenir à niveau et ensuite c’est au coach de décider s’il les fait jouer ou non.
Cela passe par plus de jeu, et surtout un travail athlétique. En fonction des jeux du coach on adapte la charge. Ce vendredi matin, il y avait par exemple des duels et donc on a conclu la séance par de l’aérobie pour certains joueurs.
Cette semaine, on a fait le choix de faire de la récupération et de travailler sur des déficits musculaires chez certains joueurs pour réduire le risque de blessure. Ce qu’on ne pouvait pas faire jusqu’à maintenant avec la succession de rencontres.

A quoi voyez-vous que tout ce travail porte peu à peu ses fruits ?
Quand le coach fait appel à un joueur qui a peu joué jusqu’alors, celui-ci répond présent sur les matches. S’il n’y a pas de retour négatif de l’entraîneur, c’est que le travail que l’ont met en place avec le médical est en adéquation avec ce qu’il demande.

Qui vous « impressionne » le plus dans votre groupe ?
Karim Ziani est le plus complet. A la fois pour les efforts de vitesse et ceux d’aérobie. Il y a aussi Laurent Bonnart qui n’est pas mal du tout. Cela va aussi avec le poste. C’est un joueur de couloir qui bouge beaucoup et répète les efforts.

On parle souvent de la débauche d’énergie de Mamadou Niang à la pointe de l’attaque. Comment travaillez-vous avec lui ?
On le gère différemment. Au même titre que Benoît Cheyrou ou Vitorino Hilton qui eux aussi jouent beaucoup. On les a fait souffler cette semaine. Mamad’ sur le terrain c’est beaucoup d’appels, beaucoup de dépense énergétique. Donc lorsqu’il y a une succession importante de matches la récupération est vraiment le maître mot. Il a tiré un peu la langue, mais c’est normal. Et il n’a rien lâché, y compris encore sur la dernière rencontre. Il a été au bout de lui-même. Donc le programme a été léger cette semaine pour lui.

"Un travail de concert avec le médical"

Arrivez-vous à détecter quand un joueur commence à rencontrer des difficultés ?
Il y a un dialogue avec le joueur, avec le médical. Et moi j’ai mes propres critères pour visualiser si le joueur est dans le rouge ou pas. Il y a des exercices, par exemple « cardios », qui montrent si la fréquence a augmenté ou non. C’est donc surtout un travail de concert avec le médical. Avant d’aller sur le terrain, le médical sait quel va être le travail de la journée. On en discute et on adapte la charge.

Sentez-vous que vos indications pèsent dans les décisions d’Erik Gerets d’aligner tel ou tel joueur ensuite en match ?
Le coach a ses choix et ses options. Mon seul objectif est qu’au moment où il va préparer le match il ait justement un maximum de choix. Qu’ils puissent piocher.
Ensuite on a des projections sur des joueurs dont on sait qu’ils ont peu de chances de jouer le match, et donc on les fait travailler dans l’optique du suivant.

Vous venez de la Ligue 2. Avez-vous changé de méthode de travail en arrivant à l’OM ?
L’objectif est le même : développer les qualités physiques du joueur au maximum et le faire durer. Après le joueur a un potentiel de base, qu’on n’exploite ou pas. Chacun a ses méthodes de travail. Ce que je faisais à Amiens, je le refais à Marseille, en l’adaptant à chaque joueur.
La succession des matches est la même en Ligue 2. Des fois il y a 6 rencontres en 3 semaines. C’est la même gestion, la même façon de travailler. Mais les joueurs sont différents. Cela n’a rien à voir notamment en terme d’explosivité. Par contre, il y a eu un gros travail à faire en aérobie.

Le modèle italien

Comment cela se passe avec Hatem Ben Arfa qui avait à Lyon la réputation de préférer le ballon que les exercices physiques ?
On a pris le temps de lui expliquer pourquoi on lui demandait de faire tel ou tel exercice. Il faut l’inscrire dans un projet, et lui montrer l’utilité par rapport à son jeu. Il comprend bien que c’est pour son bénéfice. Il adhère complètement. Il s’inscrit dans une optique de travail qui pour moi est parfaite.

Avez-vous un modèle ?
Surtout de ce qui se fait en Italie. C’est là-bas que j’ai vraiment mordu au truc. Quelqu’un comme Gaudino qui a été champion du Monde, qui a travaillé avec Lippi, est une sommité dans son domaine. Je suis allé là-bas. J’ai passé un diplôme européen. J’ai fait l’Italie, la Suisse, et la Belgique. Et d’ailleurs, contrairement à ce que certains pensent la Belgique est clairement à la pointe en la matière.

Quel va être le programme de la semaine prochaine, avec le retour des internationaux ?
On va faire le bilan des internationaux. Savoir s’il n’y a pas de pépins. On est vite informés là-dessus de toute façon. La semaine prochaine ce sera une vraie semaine de travail. Car ce sera la dernière où on pourra travailler pour pouvoir enchaîner tous les matches jusqu’à la trêve de Noël. Il y aura des contenus adaptés.

Laurent Oreggia

  • Agrandir la taille du texte
  • Réduire la taille du texte
  • Imprimer cet article
  • Envoyer cet article à un ami

fiches associées

Christophe Manouvrier
Nom : Manouvrier
Prénom : Christophe
Poste : Préparateur physique
Voir sa fiche
TF1 Network