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Retour sur un succès essentiel

Essentielle à plus d’un titre, la victoire face à Nice lance une semaine décisive pour l’OM avec la réception de Madrid et le déplacement à Gerland. Satisfactions et marge de progression après le succès olympien.

« Obtenir cette victoire était très important pour la confiance, après les déconvenues connues à domicile », analyse Laurent Bonnart. Pour recoller à Lyon aussi. Pour bien préparer Madrid, également. Pour Santos, enfin. Il est des succès plus essentiels que d’autres. Celui de samedi en fait partie. Le voici décortiqué, point par point.

 

Une première mi-temps réussie

Deux buts et du jeu. Une maîtrise des événements, après une entame délicate. Erik Gerets a de nouveau dimanche affiché sa satisfaction à l’heure de l’analyse, à froid. Surtout au regard de la première période de ses troupes.
« Le match aurait pu être fini après ces 45 minutes », estime-t-il. « On peut être content de cette mi-temps de haute qualité. J’avais le sentiment qu’à chaque fois qu’on jouait vers l’avant on pouvait inscrire un goal. Il y avait en permanence 3-4 joueurs bien placés pour marquer ».

Une tactique payante

Les informations transmises par Franck Passi (voir par ailleurs) sur l’équipe niçoise ont cheminé dans la réflexion d’Erik Gerets pour aboutir à une organisation tactique différente. Et parfaitement assimilée. « J’ai rarement vu l’équipe se comporter aussi bien tactiquement », complimente le technicien belge. « On avait à chaque fois l’espace qu’on avait espéré en faisant reculer Zenden, et en laissant jouer Baky plus haut sur la droite. Je savais que l’arrière droit niçois allait chercher Boudewijn. Et ainsi, il y avait beaucoup de liberté pour Mamadou de prendre cet espace. Il en a profité à chaque fois. A la pause, il aurait pu y avoir 4-0. Le match aurait alors été fini ».

Une réduction du score qui change la donne

Mais, et c’est une constante à corriger, le fait de n’avoir pas « plié » la partie a ensuite failli jouer des tours aux Marseillais. « On s’est compliqué la chose », confirme Erik Gerets.
Surtout que Nice, « timide » en première mi-temps comme le déplorera Antonetti, revint avec plus de mordant après le repos. Avec, en prime, la réduction du score de Bamogo dès la 48e.
« Il y a eu du suspens jusqu’à la fin. Je ne vais pas dire que c’était la panique après ce but. Mais on a commencé à jouer moins bien, à perdre trop de ballons, à jouer en arrière », poursuit le coach marseillais. « Une défense qui, comme la notre, a été mise sous pression ces dernières semaines a besoin de confort. Je disais à mes joueurs « dégagez moi vite ce ballon » ».

Le recul du dernier quart d’heure

Ce recul dans le dernier quart d’heure s’est naturellement traduit par des poussées niçoises. Et des situations chaudes. Heureusement Mandanda et Cana (sur le tir de Moulougui), Zubar (en revenant sur Modeste) et… la barre (sur la frappe de Ben Saada à la 92e minute) eurent raison des velléités azuréennes.
« On a reculé dans les 15 dernières minutes et c’est là qu’on a eu à nouveau des problèmes. C’est pour cela que j’insiste dessus. On doit défendre en avançant, et non en reculant », réclame Erik Gerets. « Cela fait une grande différence, et c’est ce qu’on a bien fait pendant plus d’une heure ».

La nécessité de « tuer » le match

Les Phocéens ne sont pas (encore) des tueurs de sang froid. Ils marquent, beaucoup même. Mais généralement au prix d’une domination intensive. Au final le rapport occasions/buts est encore trop disproportionné. « On a encore vendangé beaucoup d’actions », pointait d’ailleurs José Anigo samedi soir dans le « direct d’après-match » d’OMtv.
« Si tout le monde avait été un peu plus collectif, on aurait pu tuer malgré tout ce match », argumente Erik Gerets. « Cela aurait été dur à vivre pour nous de ne pas nous imposer, compte tenu de tout cela », confirme Lorik Cana. Sans conséquence, finalement.

La vie sans Niang

Le coup dur de la soirée. Dans le duel acrobatique que Niang a livré à Kanté à la 60e minute, on a d’abord craint le pire pour le défenseur niçois. A tort. Tête dure, il s’en tirera avec 4 points de suture. Tandis que Mamadou Niang a le gros orteil du pied droit fracturé. Immobilisation de 4 à 6 semaines, a diagnostiqué Christophe Baudot. « C’est un gros point noir. Samedi encore, il a fait des appels de balle sensationnels », a commenté son entraîneur. « C’est un coup dur. C’est notre attaquant de pointe, une de nos principales armes. Le perdre, c’est très difficile », grimace Lorik Cana. « On lui souhaite de récupérer le plus vite possible. Et qu’il puisse en profiter pour s’occuper de ses adducteurs. Puisqu’il traîne ça depuis un moment. S’il devait y avoir quelque chose de positif là-dedans ce serait qu’il puisse comme ça prendre le temps de bien se soigner et ainsi de revenir à 100% ».

Le nouveau rôle Karim Ziani

Replacé plus bas sur le terrain, délesté de l’animation d’un couloir, l’Algérien se révèle depuis plusieurs matches beaucoup plus précieux et efficace. Ce fut encore le cas samedi.
Généreux défensivement pour soutenir Lorik Cana, et dangereux offensivement, comme sur ce centre parfait pour Mamadou Niang en première période. Karim Ziani a de nouveau été élu « olympien de match » par les visiteurs d’OM.net, et les journalistes de La Provence. A raison.

 

Laurent Oreggia

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