Irréprochable depuis plusieurs semaines, le défenseur explique ce renouveau par la confiance d'Erik Gerets et par une résolution : "Ne plus se poser de questions."
«Je ne suis pas là pour me plaindre. Je suis juste content quand ça se passe bien. Comme tout le monde.» Si Ronald Zubar rechigne un peu à parler des derniers mois c’est qu’il n’a pas été épargné. En exergue, sa mésentente avec Mandanda contre Lille qui coûta un but à l’OM s’est finalement transformée en vieux et mauvais souvenir.
Depuis, le Guadeloupéen a enchaîné les performances de haut vol. Liverpool, Toulouse, Nice puis Madrid… Le changement a été radical. Grâce d’abord à la confiance d’Erik Gerets selon le défenseur olympien : «Le coach a regardé ce qu’il s’est passé dans le champ. En allant au-delà de tout ça, il a vu des bonnes choses. Il connaît mes qualités et mes défauts. Il m’a renouvelé sa confiance contre Liverpool. Ce n’était pas facile, ni pour moi ni pour lui, car quand on est coach et qu’on fait confiance à un joueur critiqué, on en prend aussi plein la gueule. Lui a eu ce culot de me remettre en jeu. C’est un mec entier, qui donne de sa personne et nous fait confiance. La moindre des choses, c’était de lui redonner sur le terrain.»
N’étant pas entré en jeu contre Paris et Lorient, les deux seules défaites de la saison en L1, Ronald Zubar peut se targuer d’être invaincu en championnat cette saison. Et il y tient. «J’espère le rester le plus longtemps possible» annonce-t-il.
«C’était un risque calculé» commente le coach. Et d’ajouter : «J’ai vu sa réaction à l’entraînement. J’ai constaté que mentalement il n’avait pas faibli et j’ai pris ma décision de continuer à lui faire confiance. J’en suis très content et aussi que les supporters aient suivi mes pensées en arrêtant de le siffler. Il a répondu à toutes les questions et à tous les doutes. Il montre son vrai visage.»
Alors y a-t-il eu déclic chez l’ancien caennais ? Il répond par la négative et estime être reparti d’en bas. «C’était ce qu’il pouvait m’arriver de pire. Etre sifflé par son propre public, il n’y a pas pire humiliation… Je partais du principe qu’il ne pouvait plus rien m’arriver. J’étais immunisé.» Et le joueur d’expliquer son nouvel état d’esprit : «L’objectif était de jouer libéré et depuis Liverpool, je me lâche, je prend du plaisir. Pour mes coéquipiers et surtout pour ma famille qui a été touchée par tout ça, je me devais de montrer un autre visage.»
Et s’il s’annonce «libéré dans sa tête», ne «se posant plus de questions», il ne se considère pas pour autant «à l’abri». En la matière, passer au révélateur Lyonnais sera un bel exercice pratique. Après s’être frotté avec succès à des gabarits comme Fernando Torres ou Agüero, le Marseillais va trouver sur son chemin l’une des autres jeunes vedettes du foot européen : Karim Benzema. «Lui, on le connaît, on sait de quoi il est capable, prévient-il, on l’a encore vu contre le Bayern, c’est l’individualité qui sort du lot à Lyon même si d’autres peuvent amener du danger. Mais, quand Benzema prend le ballon, le danger peut venir de partout. On est prévenu, on sait à quoi s’attendre.» Un duel qui promet pour un joueur qui renaît.


















