Opéré en septembre 2008 d’une anomalie cardiaque, Guy Gnabouyou a retrouvé les terrains en décembre et la compétition en janvier 2009. Retour sur une aventure hors du commun.
Le ciel est tombé sur la tête de Guy Gnabouyou en ce jour d’été 2008 lorsqu’un médecin lui annonce qu’il a une anomalie cardiaque. A peine arrivé chez les professionnels, ce jeune attaquant de 18 ans connaît sa première grosse difficulté. «Comme à chaque début d’année avec les pros, il y a une visite médicale générale. C’était la première fois que j’en faisais une comme cela, se rappelle Guy. A l’issue de celle-ci, le docteur m’a dit que j’avais une petite dilatation, que ce n’était pas grave mais qu’il fallait surveiller cela».
Guy Gnabouyou reprend l’entraînement mais prend rendez-vous pour faire des examens complémentaires. «J’ai fait des tests à La Timone. Là, ils ont découvert une dilatation importante de l’aorte qui pouvait être compromettante pour la suite de ma carrière».
Sous le choc, il est complètement déboussolé et ne pense qu’à une chose : le football. «J’étais dégouté, je ne savais pas quoi penser, ni quoi faire mais j’appréhendais le moment où on allait me dire si je pouvais reprendre le foot ou pas». Plus que tout, son envie de jouer au foot, de vivre sa passion à fond, ce pourquoi il travaille dur depuis tant d’années, l’obsède et il redoute ce moment où tout aurait pu s’arrêter. «Ce qui domine, c’est la peur de ne pas devenir pro, d’arrêter ma carrière et d’arrêter ma passion».
Heureusement, les médecins l’ont vite rassuré. «J’ai mis environ cinq jours à digérer, le temps d'avoir les résultats. C'est là que l'on m’a dit qu’après l’opération, je pourrais reprendre le football».
Pour lui, le plus dur était passé. Peu importe l’opération, le fait de savoir qu’il pourrait refouler un terrain de football le met en confiance. Ses proches, évidemment, sont là depuis le début. «Ma famille, mes amis, mes agents, tous me rassuraient. Dès que j’ai appris que je pourrai rejouer au foot, tout allait déjà mieux. Je n’avais pas trop peur de l’opération. Mon entourage devait avoir peur mais il essayait de ne pas me le montrer».
Rassuré, Guy l’est également en se renseignant sur les joueurs qui ont vécu la même histoire et qui ont pu rejouer au foot. On pense bien évidemment au nigérian Kanu. «J’ai su qu’il n’y avait pas eu de soucis et qu’ils avaient pu reprendre leur carrière normalement».
Le 4 septembre, Guy Gnabouyou est opéré par le Professeur Collard. «J’ai eu la pression au moment d’entrer au bloc» se souvient-il. L’intervention se déroule très bien et il sort de l’hôpital rapidement. Le premier combat est gagné. Désormais celui qui se profile est peut-être le plus difficile. Le jeune marseillais entame alors une période de rééducation, longue et éprouvante. «Il y avait un gros travail avec Serge Conesa à base d’endurance, de renforcement musculaire du bas du corps car je ne pouvais pas travailler le haut du corps. C’était difficile mentalement car je venais à l’entraînement pour courir, c’était vraiment dur. J’avais très envie de jouer mais on m’a dit de ne pas brûler les étapes, de bien faire ma rééducation pour mieux revenir». Qu’importe les épreuves, Guy n’a qu’un objectif en tête.
A la fin du mois de décembre, il voit le bout du tunnel. Quatre mois après son opération, il retrouve l’entraînement collectif. Lui, qui pensait attendre encore avant d’être retenu pour une rencontre est très surpris lorsqu’il apprend que l’entraîneur marseillais le sélectionne pour le premier match de l’année 2009, à Besançon. «J’étais vraiment heureux de retrouver les terrains et cette ambiance. Je remercie Erik Gerets car cela m’a fait très plaisir».
Sur le banc au début du match, Guy Gnabouyou fait son entrée à dix minutes de la fin du temps réglementaire. «Je n’ai pas eu d’appréhension, j’ai essayé de me faire plaisir. En plus, quand je suis entré en jeu, on perdait 1-0 donc je n’ai pensé qu’à marquer ou être décisif».
La seconde bataille est gagnée. La suite dépend de lui désormais.
Même s’il doit être régulièrement suivi, Guy Gnabouyou porte un regard très posé sur cet épisode qui marquera à tout jamais le début de sa carrière. «Cela m’a forgé le mental car cette épreuve (opération, rééducation, retour) va me permettre de prendre du recul par rapport aux autres blessures».














