Dans un match où l’impact et l’engagement ont été très élevés, Julien Rodriguez, qui revient pourtant d’une longue blessure à la cheville, a tiré son épingle du jeu.
Vous avez pris un coup dimanche en fin de match. On s’est inquiété pour votre cheville…
Ma cheville n’a pas été touchée. J’ai pris un coup mais ce n’était pas grand-chose. J’ai pu récupérer lorsque j’étais au sol mais le coach a cru que c’était plus grave et a fait le remplacement. Benoît Cheyrou, me semble-t-il, a demandé le changement mais je ne l’ai pas vu. Quand je me suis relevé, le remplacement avait déjà été demandé. J’avais envie de finir le match mais cela a permis à Renato Civelli de rentrer en jeu. Il était chaud bouillant. Il a un bon état d’esprit, il a apporté du positif.
Le match de dimanche a été très engagé…
Oui, il y a eu des coups des deux côtés. A la vidéo, on avait vu que c’était une équipe qui mettait beaucoup d’impact dans les duels. Les joueurs bordelais se sont probablement dit que l’OM était un peu en-dedans à ce niveau-là. Mais ils sont tombés sur un os. On a répondu présent et on a gagné le match.
C’était parfois limite mais ça l’était des deux côtés. Et puis, dans ma carrière, j’ai vu des matches plus engagé. Les équipes s’entraînent toute l’année pour gagner des duels et aller au combat sur le terrain. Au final, il y a eu des contacts et de la casse des deux côtés.
Pensez-vous que cela soit nécessaire pour s’imposer à chaque fois ?
Il y aura des matches où nous aurons besoin de moins d’engagement physique comme contre Monaco, par exemple qui est une équipe qui joue au football. Mais les équipes sauront désormais que nous pouvons répondre présents à ce niveau également.
Les deux entraîneurs ont trouvé que le match avait été trop haché par l’arbitre…
Je respecte les décisions de l’arbitre. Mais parfois, c’est dommage pour la continuité du jeu. En Angleterre, les arbitres laissent jouer et le jeu est plus vivant. Mais dimanche, l’arbitre a sifflé quand il le fallait. Il a peut-être eu peur d’être débordé et il a plus sifflé. Il a essayé de bien faire son travail en protégeant les joueurs.
C’est comme cela que devrait se jouer le foot. Il faut sanctionner les grosses fautes et les fautes évidentes. Mais il ne faut pas sanctionner dès qu’il y a le moindre contact.
E. Gerets : "L'enjeu était très grand"
L'entraîneur marseillais justifie le niveau d'engagement de ses joueurs par l'importance de la rencontre. "Les joueurs se sont révoltés car ils ne voulaient pas être sixièmes ou septièmes après le match.
J’ai lu que nous ne faisions pas la différence dans les duels mais dimanche ils ont prouvé qu’ils savaient le faire. Ils ont compris que l’enjeu était très grand avec une importance incroyable. Ils s’en sont bien rendus compte.
Les joueurs ont senti que le danger était grand. On a utilisé toute la semaine pour travailler beaucoup plus tactiquement.
Tout le monde se sentait obligé de répondre après une prestation d’un niveau non-acceptable à Sochaux. Ils ont fait la guerre pour gagner contre Bordeaux."
C’est un engagement qui vous prépare à la coupe d’Europe où cet impact est plus courant…
C’est comme cela que devrait se jouer le foot. En France, je trouve que l’on siffle trop. Il faut sanctionner les grosses fautes et les fautes évidentes. Mais il ne faut pas sanctionner dès qu’il y a le moindre contact.
C’est le genre de matches qui vous convient apparemment ?
J’ai essayé de faire mon maximum. En première période, on était en retard sur chaque ballon. C’était plus difficile de s’imposer dans les duels. Mais du moment où tout le monde a bien pressé, on pouvait disputer loyalement le ballon.
En plus d’être au niveau dans l’impact, la défense a été solide. C’était un vrai test face à la meilleure attaque du championnat...
On peut dire merci à Steve Mandanda car on aurait pu prendre un but. On a été pris en défaut mais on a tenu. Il y a toujours des occasions pour les deux équipes dans un match de football mais il faut souligner la vision d’ensemble et l’état d’esprit de l’équipe qui ont été positifs.
Comment conserver cet état d’esprit ?
Peut-être que nous ne pourrons pas refaire ce que nous avons fait dimanche mais c’est bien d’avoir montré que nous étions capables de le faire une fois. Cela peut-être difficile de le refaire à chaque fois mais on peut le renouveler.
On a fait passer un message fort aux autres équipes de tête dimanche soir. On a montré que nous pouvions répondre dans un domaine qui nous faisait peut-être défaut.
Avez-vous franchi un palier avec ce succès contre Bordeaux, concurrent direct aux places européennes ?
On doutait peut-être un peu de nous et de nos qualités. On espérait que les joueurs absents reviennent vite. Mais on a prouvé que tout le monde avait son importance dans un groupe. On attend toujours le retour des blessés mais tout le monde se donne à fond. On peut donc gagner des matches avec tout le monde. On a fait passer un message fort aux autres équipes de tête dimanche soir. On a montré que nous pouvions répondre dans un domaine qui nous faisait peut-être défaut.
Avez-vous parlé à vos partenaires avant le match ?
J’ai parlé de l’impact que l’on avait vu à la vidéo. On savait que Bordeaux allait mettre de l’engagement, il fallait donc répondre présent. Si on faisait cela, le public serait avec nous et cela deviendrait plus facile pour nous.
La prochaine journée va vous emmener à Monaco. Un club que vous avez bien connu…
Je suis leur parcours de loin désormais. C’est une équipe qui joue, il n’y a pas spécialement de gros gabarits et au niveau des duels, ce n’est pas comme Bordeaux. C’est peut-être une équipe qui nous convient plus mais s’il faut se battre, on le fera. On a plus les qualités pour jouer face à Monaco mais Bordeaux a prouvé qu’ils savaient jouer au football.
L’important est de bien se positionner à la fin du mois de mars pour disputer le sprint final.
E. Gerets : Rodriguez "donne l'exemple"
Le défenseur central de l’OM a retrouvé le rythme après une blessure de plus de huit mois. La preuve en est sa superbe prestation face à Bordeaux, dimanche soir. «Je suis content car Julien Rodriguez est en pleine possession de ses moyens. C’est un sacré joueur, très important pour l’équipe. Malheureusement, il a eu beaucoup de complications avec son pied. Je suis vraiment très heureux, et je l’ai dit à tous les joueurs, que le capitaine ait donné l’exemple».
Vous avez joué des Monaco-OM dans les deux camps. Quelle est la différence de sensation pour les joueurs de l’ASM qui ont l’impression de ne pas jouer à domicile et les joueurs de l’OM qui ont le sentiment de jouer à domicile ?
Ce n’est pas évident, mais quand on joue à Monaco, on joue toute l’année devant un stade vide. Alors, on est contents d’avoir du bruit dans le stade quand Nice ou l’OM viennent. Tout joueur de foot aime évoluer devant un stade plein même si le public est contre son équipe.
Erik Gerets a parlé d’une série de victoires après ce succès contre Bordeaux pour atteindre les objectifs. Le groupe en est-il conscient ?
Ce serait bien de faire une série de victoires afin de se décrocher des équipes qui sont derrière. Il faut perdre le minimum de points et gagner tous les matches. La logique aurait voulu que l’on prenne deux points contre Sochaux et Bordeaux, Finalement, on en prend trois en deux matches. C’est positif. L’important est de bien se positionner à la fin du mois de mars pour disputer le sprint final.



















