Le président de l’OM, frustré après le match nul de sa formation contre Valenciennes, veut cerner les problèmes pour y apporter des solutions.
Quel votre sentiment au lendemain du math nul contre Valenciennes ?
Le match de samedi a suscité chez moi de la frustration car il fallait impérativement gagner. Sur le plan comptable, tous les points comptent dans cette ligne droite, surtout à domicile. Ma frustration n’était pas éloignée de la déception. Mais vu le match, il y a une différence par rapport au Mans. Autant contre le Mans, il y avait une impuissance globale générale, autant samedi, il y a eu une plus grande implication. Nous avons pêché sur le plan offensif, ce qui devient récurrent.
Que se passe-t-il au stade Vélodrome. Pourquoi une telle différence avec l’OM qui évolue à l’extérieur ?
Chacun peut avoir son explication. Selon moi, le dernier match de qualité à domicile, c’est contre Bordeaux. Avant ce match, Bordeaux était la seule équipe susceptible de battre Lyon. Bordeaux devait nous battre à Marseille. Les joueurs de l’OM, se sentant dos au mur et ne bénéficiant pas d’un à priori favorable, ont donné tout ce qu’ils avaient. Quand nous jouons contre des adversaires présumés plus faibles, cela devient plus difficile car le poids du pronostic favorable fait que les joueurs ont du mal à exprimer leur potentiel. C’est un argument mais pas l’explication définitive. Depuis quatorze mois à l’extérieur, nous n’avons perdu qu’un seul match. Cela signifie que cette équipe sait bâtir des succès, a de la qualité mais que, à domicile, il y a une sorte de blocage.
On a vu une équipe de Valenciennes bien organisée, prompte à mener des contres rapides avec des joueurs de qualité. Elle a d’ailleurs tenu en échec Bordeaux, Toulouse, Lyon et Marseille à domicile. Cela montre qu’elle a du nerf et qu’elle est capable de contrecarrer les desseins des équipes les plus aguerries.
Mais, je le dis sur le ton de la boutade, je serais ravi de faire des matches nuls à domicile si, jusqu’à la fin de la saison, nous nous imposons à l’extérieur.
Malheureusement, ce blocage empêche l’OM de passer un cran au niveau du classement…
A chaque fois que nous avons le dos au mur, qu’il faut répliquer et revenir, nous y parvenons. A chaque fois que nous sommes attendus, qu’il faut franchir un cap qui nous rapprocherait de la première place et qui changerait la donne, on cale. C’est une contradiction qui contrecarre notre démarche même si je m’amuse des commentaires qui, d’une semaine à l’autre, changent.
«Depuis quatorze mois à l’extérieur, nous n’avons perdu qu’un seul match. Cela signifie que cette équipe sait bâtir des succès, a de la qualité mais que, à domicile, il y a une sorte de blocage».
Après Le Mans, l’équipe est encore sortie sous les sifflets…
Le public était déçu mais nous, les joueurs, l’entraîneur, l’étions aussi. C’est une déception globale. Quand on joue, on joue pour gagner le match, pour tenir nos objectifs et aller le plus loin possible dans le succès mais pas en pensant au public qui risque de siffler ou de ne pas être content. Samedi, le public a sifflé, il était dans ses droits. Si je pouvais siffler, je l’aurais fait aussi.
C’est dommage car Lyon est, sans doute cette saison, plus accessible…
Si dimanche prochain, nous gagnons au Parc des Princes, la donne change. Nous serions deuxièmes du championnat avec un meilleur goal average et nous mènerions la chevauchée derrière Lyon. Ensuite si nous faisons match nul contre Nantes et que nous allons gagner à Saint-Etienne, nous serions dans la bonne marche.
«Si nous pouvions localiser les problèmes, il nous suffirait de proposer des solutions et de les plaquer dessus mais ça ne marche pas comme cela».
S’agit-il d’un problème mental ?
Erik Gerets, José Anigo et moi-même essayons avec nos arguments et nos moyens de changer la donne. Mais on ne peut pas nier qu’il y a un problème de ce point de vue-là car avoir gagné quasiment autant de point à l’extérieur qu’à domicile, est une particularité spécifiquement olympienne. Il y a là comme un vice de forme. Il faut trouver les remèdes pour retourner la situation. En football, il n’y a pas de vérité absolue et définitive, chacun peut avoir sa solution mais nous n’avons pas de certitudes. C’est pourquoi nous discutons pour améliorer et corriger notre réflexion. Si nous pouvions localiser les problèmes, il nous suffirait de proposer des solutions et de les plaquer dessus mais ça ne marche pas comme cela.
Il y a deux mois, tous les spécialistes disaient que seul Bordeaux était en mesure de damer le pion à Lyon. Je les entends encore dire que Marseille était fini, Paris aussi. A l’arrivée, aujourd’hui, je me languis de les écouter. Il faut de d’humilité car le football en requiert un minimum.
«Nous allons aller à Paris avec la détermination d’une équipe désireuse de justifier ses ambitions et ses objectifs».
Au mercato, l’OM s’est renforcé au niveau offensif. Et pourtant, contre Le Mans ou Valenciennes, Marseille n’a pas réussi à marquer…
C’est vrai, c’est un paradoxe. Brandao apport beaucoup dans l’engagement et dans le premier rideau défensif. Mais il faut lui laisser un peu temps. Il est apprécié au sein du groupe par rapport à son travail. Brandao répond à des attentes dans la mesure où l’équipe paraît plus solide défensivement mais on attend plus de réalisme de la part de nos attaquants, que ce soit Brandao ou Wiltord. Pour Sylvain, on a vu des entrées en jeu très intéressantes même si on ne peut pas dire autant à Caen et contre Valenciennes. Samedi, il n’a pas eu le temps de se mettre en situation. On fera le bilan en fin de saison.
Jeudi, l’OM va retrouver le stade Vélodrome pour une rencontre face à l’Ajax…
Il s’agit d’une autre compétition. La scène européenne a ses particularités, ses exigences qui sont différentes du championnat. C’est un match différent. Après Twente et la défaite à domicile, pour tout le monde, nous étions morts et la compétition terminée. Nous sommes allés à Twente pour chercher la qualification. L’essentiel est de ne pas prendre de but et j’entends même dire «pourquoi pas un 0-0». Mais je préfère gagner car au coup d’envoi du retour, nous serions qualifiés. C’est une question d’approche.
Après l’Ajax, ce sera Paris. C’est une belle semaine…
C’est une grosse semaine que j’espère ponctuer de la même manière que lors de nos matches à Twente et Caen. Contre l’Ajax, le verdict ne sera pas donné après le match aller sauf si un score important est enregistré en faveur de l’une ou l’autre équipe, ce qui semble improbable même si dans le football, on ne peut présager de rien. Ensuite, nous allons aller à Paris avec la détermination d’une équipe désireuse de justifier ses ambitions et ses objectifs.

















