Ce mercredi, l'émission d'OMtv TalkShow avait pour sujet la formation. L'occasion d'évoquer ce secteur important du football et la nécessité de le faire évoluer.
"Quel intérêt pour un club pro de former des joueurs aujourd’hui ?" La question posée par TalkShow a, comme prévu, généré le débat ce mercredi sur le plateau d’OMtv. La qualité de la formation, la protection des jeunes joueurs, l’argent que cela coûte et les solutions à envisager, les thèmes ont été abordés sous la conduite de Sébastien Piétri.
Si tout le monde, d’Erik Gerets à José Anigo, était d’accord sur le bienfait de lancer des jeunes dans le grand bain, le débat sur la protection de la formation ainsi que des investissements consentis par les clubs a fait l’objet d’un large débat.
En effet, la jurisprudence, tant française qu’européenne, a fait disparaître l’obligation que le joueur en formation avait jusque là de signer son premier contrat pro dans son club formateur et autorise dès lors ledit joueur à signer librement dans le club de son choix sans que pour autant, le cahier des charges lourd et couteux mis en place par la FFF afin qu’un centre de formation soit agréé, ne soit lui aussi remis en cause. Dès lors, en l’absence de protection juridique (liberté pour le joueur de signer ou il le souhaite) et économique (pas ou peu d’indemnité données en compensation) les clubs se trouvent aujourd’hui privés de toute garantie de retour sur investissement, tant sportif (puisque le joueur formé n’évoluera pas avec son club formateur) que financier.
Pour José Anigo : «Il faut anticiper et être plus vigilant. Si à 15 ans, un jeune est vraiment prêt, il faut le faire signer pro dès 16 ou 17 ans. Il n’y a pas le choix.» Et comme c’est le cas à l’OM depuis plusieurs saisons, l’idée serait «d’aller vers de l’élite avec moins de joueurs mais plus de talent» comme l’a rappelé le directeur sportif. Autrement dit, former moins mais mieux.
La qualité de «la formation à la française» a été aussi logiquement et unanimement reconnue. «Tous ne deviendront pas des internationaux ou des joueurs pros mais ils auront un bagage scolaire et humain pour s’intégrer dans la vie civile» a ainsi précisé Roland Gransart, directeur du centre de formation olympien. La question qui se pose est alors de savoir quelle est la finalité que les clubs pros veulent donner à leur formation : former l’élite pour eux-mêmes (choix du LOSC) ? Former pour tous les autres clubs ? Former mais aussi éduquer en privilégiant la dimension sociale au moins autant que sportive. Toutes les finalités sont nobles et respectables, mais elles peuvent difficilement cohabiter.
Mais dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, l’argent a un rôle prépondérant. D’autant plus qu’aucune règle ne permet de retenir les jeunes dans leur club formateur. L’appât de l’offre la plus lucrative l’emporte alors fatalement. Ainsi, comme le précisait Frédéric Paquet, directeur du développement du LOSC et membre du groupe de travail de la LFP réfléchissant actuellement sur la réforme de la formation, les clubs français dépensent chaque année 70 millions d’euros dans la formation «et les meilleurs éléments partent pour l’étranger.» Les exemples de jeunes joueurs français partis du pays avec des contrats en or sont légion. «Une dérive qui doit être condamnée» selon Philippe Diallo, directeur général de l’UCPF, mais qui ne peut être endiguée sans une réforme complète du système de formation en France.
Des pistes ont été lancées pour faire évoluer le système. Frédéric Paquet du LOSC a évoqué le projet de mutualisation des centres de formation entre les clubs afin de réduire les coûts et de conserver seulement les meilleurs joueurs. L’exemple espagnol des clubs filiales, soulevé par Philippe Diallo va dans ce sens également. Ce dernier a aussi rappelé les solutions abordées par les instances du football pour que les clubs conservent leurs jeunes espoirs, du fameux 6+5 à la proposition de Michel Platini d’arrêter les transferts en Europe des joueurs de moins de 18 ans… Les défis sont donc nombreux et importants dans ce domaine si précieux pour l’avenir du football.
Une dernière question doit forcément être abordée aussi : celle du rattachement des centres de formation aux sections professionnelles des clubs. A l’OM, comme dans la plupart des clubs de L1, les centres de formation ont pour vocation d’alimenter les équipes professionnelles. Le rattachement de l’un à l’autre parait donc nécessaire à leur bonne collaboration. C’est la raison pour laquelle, près de 80% des clubs de L1 et L2 ont fait le choix ces dernières années de rattacher leur centre à leur section professionnelle plutôt qu’à la section amateur. Cette question reste pleine et entière à l’OM et non posée par le débat.























