Peu importe le classement final après la dernière journée, Mamadou Niang sera satisfait d’avoir à nouveau qualifié l’OM pour la Champions League. Mais «le titre serait le plus beau cadeau que nous pourrions offrir à Erik Gerets» dit le Sénégalais.
Dans quel état d’esprit êtes-vous avant ce match ?
Physiquement et mentalement je suis bien. Pour le moment, je ne me prends pas trop la tête. J’essaie de ne pas penser à ce que Bordeaux va faire. J’essaie de me concentrer sur notre performance afin de gagner ce dernier match.
Est-ce le match le plus important de votre carrière ?
Oui peut-être… Si nous arrivons à gagner ce match très difficile contre Rennes et que Bordeaux fait une contre-performance, ce match pourrait effectivement le plus important de ma carrière. Dans le football, rien n’est impossible. Bordeaux peut gagner à Caen mais peut aussi perdre.
Cette fin de saison est palpitante. Est-ce une première pour vous ?
Elle aurait pu être encore plus palpitante. Si nous avions gagné contre Lyon par exemple. Malheureusement, nous avons perdu et nous n’avons plus notre destin entre nos mains. Nous devons jouer notre match à fond et espérer un faux pas de Bordeaux.
La pression a-t-elle quitté le groupe depuis la défaite face à Lyon ?
Je ne sais pas si cela est dû à la défaite contre Lyon… Avant Lyon, je n’avais pas senti de pression particulière. De toute façon, le groupe a toujours bien vécu ensemble, tout se passe bien à l’entraînement. Nous sommes de bonne humeur. Nous n’avons plus les cartes en mains. C’est à Bordeaux de jouer et de gagner. Nous avons aussi un match à remporter mais quoiqu’il arrive, nous serons contents de notre saison.
"On connaît les qualités, athlétique ou technique, de Rennes avec des joueurs comme Pagis ou Leroy. A l’aller, c’était un match fou. Personne ne s’attendait à un tel match. On va quand même essayer de ne pas se faire avoir comme à l’aller"
Rennes est tout de même une équipe compliquée à jouer…
Ce sera un match difficile. On connaît les qualités, athlétique ou technique, de cette équipe avec des joueurs comme Pagis ou Leroy. Il faudra faire attention car elle va très vite en contre. Il faudra être bien dans ce match avant de regarder ce que Bordeaux va faire. A l’aller, c’était un match fou. Personne ne s’attendait à un tel match. On va quand même essayer de ne pas se faire avoir comme à l’aller.
Comment considérez-vous cette deuxième place ?
Ce n’est pas un échec vu notre saison et certains de nos matches qui ont été des contre-performances à cause de nous et parfois à cause de décisions bizarres. Si nous finissons deuxièmes à trois points de Bordeaux, ce ne sera pas une mauvaise saison, au contraire. Bordeaux aura mérité son titre en enchaînant onze succès d’affilée, c’est rare.
Quels matches en particulier vous laissent des regrets ?
Je n’ai pas pour habitude de me plaindre et tout le monde a le droit de faire des erreurs. Mais il y a eu des décisions défavorables comme à Bordeaux. Contre Lorient, on mène 2-0 et on me refuse un but valable selon moi. On a perdu 3-2 mais à 3-0, le match aurait été complètement différent. Au Mans, je pense que la balle est entrée… A Nancy, je me demande encore comment l’arbitre assistant peut signaler un tel hors-jeu… Nous n’avons pas été trop aidés.
Pensez-vous plus mériter ce titre que Bordeaux ?
On ne mérite pas plus que Bordeaux d’être champion. Si Bordeaux est champion, c’est qu’ils le mériteront mais pas plus que nous.
"Même à Nancy, je ne me suis pas soucié du résultat de Bordeaux contre Monaco. Il faut gagner notre match avant de regarder ce que fait Bordeaux"
Pendant la rencontre contre Rennes, comptez-vous vous tenir au courant du score de Caen-Bordeaux ?
Ah non ! Je ne sais pas ce que feront les autres joueurs ou le staff mais je préfère me concentrer sur mon match. Même à Nancy, je ne me suis pas soucié du résultat de Bordeaux contre Monaco. Il faut gagner notre match avant de regarder ce que fait Bordeaux.
Que va changer l’absence des trois suspendus dans l’organisation de l’équipe ?
Rien… Nous avons eu beaucoup de blessés et de suspendus tout au long de la saison, nous avons à chaque fois su nous adapter. Les joueurs qui vont remplacer les suspendus vont faire leur job et je ne me fais pas de souci.
Vous allez probablement retrouver l’axe de l’attaque. Cela change-t-il beaucoup de choses ?
Oui, c’est différent. Les appels, les efforts et la façon de jouer ne sont pas les mêmes. Il va falloir que je m’adapte très vite samedi.
Pensez-vous être revenu à votre meilleur niveau depuis environ un mois ?
Depuis que la douleur au pied est moindre, je peux m’exprimer totalement sur un terrain.
"C’est quelqu’un d’extraordinaire. Nous sommes tous fiers d’avoir joué sous ses ordres et d’être passé entre ses mains. Cela a été court mais il va nous manquer"
Vous êtes très proche du Bordelais Souleymane Diawara. Vous chambrez-vous au téléphone ?
On se chambre quand on s’appelle mais comme il est premier, il se la raconte un peu. Depuis deux semaines, il me chante une chanson sur Benzema.
Est-ce facile de faire abstraction de la pression, de l’environnement ?
Personnellement j’y arrive très bien. Je ne pense pas à ce qu’il y a autour.
Comment gérer la pression, la tension et les attentes des supporters, des gens dans la rue. Evitez-vous de sortir pour être imperméable à tout cela ?
Cela fait quatre ans que j’évite de sortir… Je reste chez moi, je dors et je me repose. Je ne sors pas beaucoup sur Marseille. Tout le monde attend ce match avec impatience. Je suis chez moi tranquillement avec ma famille. Il y a eu une grosse attente. Il y a toujours beaucoup de monde devant les grilles de La Commanderie surtout quand les beaux jours reviennent. L’attente est grande par rapport à l’équipe. Cela ne change pas trop. Je fais abstraction de tout cela pour se concentrer sur nous-mêmes. A domicile, on a souvent trop joué avec le cœur et pas assez avec la tête et on a perdu beaucoup de points cette saison au Vélodrome. Si, au lieu de partir à l’abordage pour gagner, on se serait parfois contenté d’un point, on serait peut-être à côté de Bordeaux.
Ce sont les derniers jours d’Erik Gerets à La Commanderie. Y’a-t-il un brin de nostalgie ?
Le coach est resté le même, il travaille toujours de la même façon mais nous commençons à sentir un peu de nostalgie. Ce sont les derniers moments à vivre avec lui et cela nous rend triste de le perdre. C’est quelqu’un d’extraordinaire. Nous sommes tous fiers d’avoir joué sous ses ordres et d’être passé entre ses mains. Cela a été court mais il va nous manquer. Nous n’avons rien prévu de spécial mais nous aimerions lui offrir le titre de champion. Si par bonheur, nous arrivions à l’être ce serait le plus beau cadeau que nous pourrions lui offrir.






















