Le championnat 2008>09 est à peine terminée qu’il est déjà l’heure des premiers bilans. Pape Diouf revient sur une saison riche en événements et en émotions.
La saison 2008>09
Il faut s’accrocher à des éléments positifs comme la victoire contre Rennes et les quatre buts marqués ou le fait que nous ayons dominé le championnat au niveau du jeu d’attaque. Mais, à un moment donné, nous pouvions espérer mieux et, avec un coup de main de la providence, arriver au titre.
Le tournant ?
On peut retourner le problème comme on veut. On peut dire que nous avons manqué le coche car nous finissons à une victoire près des Girondins. Leur série de onze victoires est impressionnante mais la notre à l’extérieur n’est pas mal non plus. Ce n’est pas rien. Je ne vais pas refaire l’histoire du championnat et je ne parlerais même pas de cette défaite à domicile contre Lorient où nous aurions pu bénéficier d’un penalty alors que nous menions 2-0, de ce match à Bordeaux où on nous refuse des penalties ou du but refusé à Samassa contre Le Mans… Je ne veux pas donner l’impression d’être un mauvais perdant mais il y avait pour nous une place assez grande pour disputer le titre de manière beaucoup plus équitable à Bordeaux. Ca n’a pas été le cas mais on va dire félicitations aux Bordelais et il faut repartir pour la saison prochaine avec l’ambition de cette année mais démultipliée.
Erik Gerets
Son séjour a été excellent pour nous et pour lui. J’ai été le chercher à une période délicate. Quand il est arrivé, il a suscité plus de scepticisme que de bravo. Il est adulé par le public, il est reconnu par les spécialistes comme un éminent technicien. Je suis ravi que cette validation soit faite, mais également triste puisque des relations humaines se sont naturellement tissées mais je continuerais à souligner, au-delà ses compétences et son humanisme, l’homme loyal. Il est d’une loyauté rare et extrême. C’est la chose dont je me félicite le plus en ce qui le concerne.

Nous n’avons pas été chercher Gerets par hasard. Ce choix n’est pas innocent. Il reposait sur des critères précis alors qu’il y avait en France des entraîneurs, et pas des moindres, sur le marché. Il y avait une réflexion et des critères derrière cette démarche.
"Il faut reconfigurer l’équipe de manière plus qualitative. Il faut essayer d’apporter plus de force et de qualité. Mais l’art du recrutement est un art compliqué, difficile et délicat. Bien recruter signifie réduire au minimum la part d’erreur et d’improbabilité. Chaque saison, quand un joueur arrive, on fonde des espoirs sur lui mais il n’est pas dit que celui sur qui il y a le plus d’attentes soit celui qui s’illustre le plus
Je suis pour que l’équipe ne soit pas bouleversée mais qu’on essaie de lui donner plus d’allant, d’équilibre. Avec Didier Deschamps, nous n’en avons pas parlé en profondeur puisqu’il était impératif pour moi de finir la saison avant de commencer la suivante. Je ne voulais pas que deux saisons se chevauchent avec des entraîneurs différents.
Il serait bien que l’équipe soit renforcée par 2 ou 3 éléments majeurs, des éléments d’élite. Il faut un équilibre entre les départs et les arrivées. Didier Deschamps est adepte d’un effectif maîtrisé qui tourne autour de 24-25 joueurs. On essaiera de configurer l’effectif de manière cohérente".
Le meilleur souvenir
Je n’ai pas de souvenirs précis. Ce sont plus des moments pas forcément liés à des résultats même si certains résultats ont fait partie de ces moments mais il y a eu des instants forts où nous étions heureux d’être ensemble avec Erik ou José. La victoire à Lorient a été importante. Il y a eu des moments agréables où, par exemple, nous étions assis et José Anigo prenait son stylo et nous faisait la suite du championnat, comment nous allions être champion. Et cela arrachait des fou-rires à Erik Gerets. Deux années de suite, il nous a quasiment fait le championnat. L’année dernière quand nous avions fait 1-1 au Mans, il nous avait dit que ce point allait compter, que nous allions finir troisième. Il avait fait son scénario. Il l’a fait également cette année, je ne dirai pas ce qu’il en est mais quand nous étions quatrièmes avec neuf points de retard sur Lyon, il nous avait dit comment la suite allait se passer.
Des regrets à domicile ?
Ce n’est pas parce que nous avons trois occasions en première période que nous devons mener 3-0 car un but marqué change la donne d’un match. Il en est ainsi des points. Supposons qu’à tel match, nous ayons pris les trois points, peut-être que nous aurions été un peu plus déconcentrés au match suivant à l’extérieur et cela aurait pu nous conduire à un résultat négatif. On ne peut jamais faire des jugements absolus. Si nous avions pris 22 points de plus à domicile, nous serions aujourd’hui un champion comme on en n’a jamais vu en France. Mais aurions nous pris 42 points à l’extérieur ? Je ne le pense pas. On peut regretter certaines choses. Nous n’avons pas eu beaucoup de réussite et de chance, l’arbitrage n’a pas été pro-OM, personne ne pourra le dire, et les épiphénomènes qui ont rythmé la vie du club ne nous ont pas aidés. Souvent nous avons été à la une assez injustement. On nous a fait des reproches qui ne tenaient pas la route ou des reproches que l’on aurait pu faire à d’autres. Prenons deux exemples : j’aime beaucoup Henri Lagarda qui est un ami mais si j’avais remplacé trois fois mon entraîneur dans l’année, on m’aurait cloué au pilori sur la place publique. Autre exemple, le cas Gourcuff qui a été réglé vendredi dernier. Cela serait arrivé à l’OM, on nous aurait mis à la une en se demandant ce que font les dirigeants depuis un an pour ne pas régler un tel dossier. A Bordeaux, les choses se sont passés tranquillement et se sont réglées normalement. Ces choses ne sont pas agréables et n’amènent pas la sérénité dans un groupe qui en a besoin. Mais c’est le revers de la médaille.
La saison des supporters
Nous avons vécu une saison lourde. On a connu des moments très tristes, avec ce qui s’est passé sur la route du Havre. La saison a été éprouvante, nous avons essayé de l’assumer du mieux possible.






















