A la rencontre de l’entraîneur-adjoint de Didier Deschamps qui, malgré son long parcours dans le football, préfère la discrétion et le travail. Il nous explique son rôle d'adjoint, sa carrière et ses ambitions avec l’OM.
Guy Stephan est à l’aise sur la côte Basque. Elle lui rappelle sa Bretagne natale «avec les côtes découpées et un beau soleil, car on l’oublie, il y en a aussi en Bretagne même s’il pleut souvent» nous précise-t-il, souriant, au moment de nous accorder une interview à Saint-Jean-de-Luz afin de mieux connaître l’adjoint de Didier Deschamps. Car s’il a peu parlé depuis près d’un mois, il avoue que cette discrétion dans les médias est volontaire. «Ca fait peut-être partie de ma nature mais un entraîneur-adjoint se doit travailler dans l’ombre et surtout d’être très présent sur le terrain en apportant un maximum de messages au coach afin qu’il ait tous les éléments pour prendre la ou les bonnes décisions» prévient-il avec un phrasé non sans rappeler celui de son prédécesseur Dominique Cuperly.
Tel est Guy Stephan : mesuré, sérieux, professionnel mais avenant quand on vient à sa rencontre. Entraîneur de Lyon ou Bordeaux, sélectionneur du Sénégal, formateur d’entraîneur à la DTN, un CV qui ferait des envieux en ajoutant à cela de nombreux rôles de seconds à travers la France et le Monde. Un touche à tout ? «Je ne sais pas si c’est le bon mot, répond-t-il, au départ, j’ai une formation de prof de gym, j’ai été footballeur professionnel puis je suis devenu entraîneur tout naturellement. Je prends tout ça comme un ensemble d’expérience très enrichissante et formatrice.»
Il n’a donc pas hésité quand Didier Deschamps lui a proposé le challenge OM en tant qu’adjoint : «On se connaît depuis neuf ans, à l’Euro 2000 quand j’étais adjoint de Roger Lemerre et lui capitaine de l’équipe de France. Il m’a demandé si ça m’intéressait de venir avec lui et j’ai accepté tout de suite.» Pour avoir bien connu le Deschamps joueur, il n’est pas étonné de le voir sur les bancs de touche désormais : «On sentait déjà qu’il allait probablement le devenir. En tant que joueur, il était très professionnel, consciencieux et rigoureux dans sa préparation, et il essaye d’inculquer la même chose en tant qu’entraîneur avec une présence très active sur le terrain. Et notamment sur le plan tactique, il sait exactement ce qu’il veut et il est surtout très cohérent entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.»
"Je préfère être dans un club qui vit intensément"
Son passé, son expérience ne lui font toutefois pas rechigner le rôle d’adjoint. Il coupe tout de suite : «Je suis bien dans ma peau et heureux de faire ce que je fais. J’étais aussi heureux quand j’étais en Afrique ou dans d’autres clubs. Je vis bien le moment présent et je sais qu’on a des défis devant nous.» Et de définir les fonctions de chacun dans son travail avec le coach. «Les rôles sont bien définis. Il y a un préparateur physique avec qui je discute très fréquemment sur le contenu des séances qui suscite beaucoup d'échanges avec Didier Deschamps. Je dirige sur le terrain tout ce qui est séance technique et Didier s’occupe plutôt de ce qui concerne l’aspect tactique. Il faut ensuite qu’il y ait une grande complicité entre l’entraîneur, l’entraîneur-adjoint et le staff de pour que les joueurs sentent qu’il y a un staff très uni et soudé devant eux. Et la complicité est là.»
Appréciant «l’adhésion, la bonne dynamique et l’état d’esprit» du groupe olympien, le Breton a foi en l’avenir tout en gardant sa naturelle retenue. «Lorsqu’il y a eu tous les soucis extra-sportifs avant la préparation, il ne fallait pas tomber dans un pessimisme trop important et aujourd’hui, je pense qu’il ne faut pas tomber non plus dans un optimisme trop grand en voyant les recrues, remarque-t-il, c’est vrai qu’il y a de la qualité, que le recrutement n’est pas terminé. Je ressens beaucoup d’indicateurs positifs mais nous sommes encore à trois semaines du début du championnat.»
La «passion», la «folie», l’«excès parfois», autant d’éléments qui ont amené ce voyageur du foot vers Marseille. Il conclut avec le sourire : «Ca fait aussi partie de l’expérience et je préfère être dans un club qui vit intensément plutôt que dans un club aux ambitions limitées.» Pas étonnant pour celui qui a connu la folie du stade de Besiktas aux côtés de Jean Tigana.










