Duels, défense, Ben Arfa, Système. Fabrice Abriel et les consultants d’OMtv décortiquent la rencontre face à Rennes et le test passé par les Olympiens en Bretagne.
« Compte tenu de notre première mi-temps, c’est un point de gagné », tranche Fabrice Abriel. « C’est très difficile de prendre des points à Rennes. Ce n’était pas pour rien une des meilleures équipes à domicile la saison dernière, derrière Bordeaux ». Même sentiment tout au tour de la table. « C’est un point de qualité », appuie Michel Hidalgo.
La valeur des adversaires rencontrés par les Olympiens va crescendo depuis la première journée. De fait, l’équipe passait à nouveau au révélateur samedi soir. « Même si on s’est bien fait bouger, ce test n’a pas été complètement négatif », estime Eric Di Méco.
« Rennes va embêter beaucoup d’équipes cette saison. Tout le monde va souffrir là-bas, tout comme tout le monde a souffert l’an dernier. Seul Bordeaux s’y était imposé avec de la chance ».
Pour Fabrice Abriel, l’OM est actuellement en « phase d’apprentissage ». Et le milieu de terrain de souligner que sa formation a « su répondre présent mentalement ».
« Nous nous sommes faits manger en première période », résume Eric Di Méco. « Il y a eu trop de duels perdus à la fois dans notre camp comme dans celui de l’adversaire, du fait de l’impact physique rennais. Ils avaient serré les lignes et s’étaient positionnés haut pour bloquer les ballons qui repartaient de derrière », complète Sébastien Perez.« Nous avons un déficit en terme d’expérience collective, contrairement à des équipes comme Lyon ou Bordeaux », explique Fabrice Abriel. « Nous sommes en plein chantier. Pour compenser, nous jouons sur notre expérience personnelle, et sur notre mental ».
La progression marseillaise passe ainsi par l’acquisition de repères. « Rennes, qui a peu changé, avait plus de fluidité dans le jeu. Notre progression se situe là ».
« Si tu fais courir le ballon, il y a moins de duels à disputer. La vivacité bretonne a pris le dessus sur la puissance marseillaise », appuie Michel Hidalgo.
« C’est un tout un bloc qui s’est retrouvé en difficulté », corrige Fabrice Abriel. Nous n’avons pas su au milieu intercepter les ballons, ni gagner les deuxièmes ballons. Forcément, notre défense s’est retrouvé sans ce premier rideau, et confrontée au jeu en mouvement de Rennes ».Eric Di Méco isole « les soucis observés dans l’axe, dans des gestes simples et dans la répartition des rôles, alors que l’OM réalisait une meilleure période ».

Le jeune Asamoah Gyan s’est révélé impressionnant de puissance. Redoutable pour la défense marseillaise. Que faire pour museler ce type d’adversaire ? « Acheter une mitraillette », plaisante Michel Hidalgo.
Moins extrême, Eric Di Méco énumère : « Il faut répondre physiquement. Gyan pèse, il faut lui passer devant pour lui piquer les ballons, et aller au contact avec lui. Il a bougé nos défenseurs, mais heureusement il a pas mal vendangé aussi… »
« Ben Arfa, une absence de poids », titrait L’Equipe dimanche matin. Alors que La Provence lui réservait la moins bonne note de l’effectif : 2,5/10. « Le problème n’est pas nouveau. Ses performances ne sont pas suffisantes par rapport à ses qualités », considère Eric Di Méco. « On ne va pas le clouer au pilori aujourd’hui, mais il doit faire des efforts, car je connais Didier (Deschamps), s’il n’en fait pas il ne lui fera pas de cadeau ».« Hatem fera de bons matches quand il aura retrouvé la confiance », pointe Michel Hidalgo. « Ca se remarque quand il a le ballon. Il ne sait pas quand le donner et quand le garder. Cette indécision fait qu’il ne produit pas du jeu ».
Fabrice Abriel vient à sa défense et rappelle que l’international français sait « être imprévisible comme peu de joueurs en France. Ca fait de lui quelqu’un d’hors-pair. Il faut juste qu’il arrive à utiliser ses qualités à bon escient ».
A la pause, Didier Deschamps a choisi de lancer Morientes dans l’axe, en décalant Brandao dans le couloir gauche, plutôt que de positionner les deux attaquants côte à côté en pointe. « Ce n’est pas dans cette position que Brandao est le plus utile, mais il fallait parer au plus pressé », estime Di Méco. « Avoir les deux dans l’axe aurait été compliqué car dans un 4-4-2 il faut avoir des garçons dans les couloirs pour donner des ballons. Une fois que Fabrice (Abriel) était sorti, peu de joueurs pouvaient jouer ce rôle. Cheyrou pouvait en être capable. Cela aurait été compliqué par exemple pour Bonnart de monter, alors que l’OM évoluait à l’extérieur à Rennes », explique le Champion d’Europe 1993.
« Les deux équipes ont eu des préparations différentes. L’OM doit surtout être à 100% quand débutera la Champions League. Donc rivaliser avec Rennes à cette période de l’année est encourageant », se satisfait Sébastien Perez. A fortiori dans un match d’une grande intensité. « Les Bretons accusaient le coup dans les dix dernières minutes, et l’OM, au contraire, continuait sur le même rythme ».
« Même les équipes les plus costaudes comme Bordeaux ont des difficultés pour faire des matches pleins », abonde Eric Di Méco.
Pour les consultants d’OMtv, le 4-4-3 devrait perdurer. « Didier a un schéma, et il a recruté en fonction de celui-ci », rappelle Eric Di Méco. « Il a quatre défenseurs dont deux dans l’axe capables de jouer à plat, trois milieux dont un costaud devant la défense, et trois offensifs dont un en pointe. C’est le schéma à la mode ».
Dans cette réflexion façon « tableau noir », il ne sera pas vain de souligner l’importance de l’animation. Ni, in fine, celle de la qualité des joueurs. « S’il y avait un système meilleur que tous les autres, tout le monde l’adopterait. Ce sont les joueurs qui font la différence, et sont les caïds. Leur valeur a plus de poids que celle du schéma ».
Bien placé pour évoquer la question, Fabrice Abriel va dans le sens de l’ancien sélectionneur des Bleus : « A nous de montrer que le système est bon en jouant sur les avantages qu’il présente ».
"Le match en questions"
est diffusé chaque lendemain de match sur OMtv, à 18h00















