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Manuel Amoros : "Nous n’avions pas peur"

Tireur malheureux du penalty en finale contre l’Etoile Rouge de Belgrade en 1991, Manuel Amoros garde un très bon souvenir des confrontations face au Milan AC, en quart de finale cette même année et en finale en 1993.

En 1991, quand le tirage au sort désigne Milan comme adversaire de l’OM en C1, c’est une sorte de finale avant l’heure. Milan était, sur le plan national et international, une machine à gagner avec notamment son trio hollandais. De son côté, l’OM, un an après la demi-finale contre le Benfica, s’est fait un nom sur la scène européenne mais son palmarès y est encore vierge. «Le Milan était une des plus fortes équipes en Europe. Ils gagnaient presque tous les ans le championnat, ils avaient des joueurs très talentueux comme Van Basten, Gullit, Baresi et d’autres. Tomber contre eux, c’était inimaginable. On avait soi-disant peu de chances de passer» se rappelle Manuel Amoros.

Quelques jours avant le match à San Siro, les Olympiens se préparent dans la tranquillité. Face au grand Milan AC, l’OM n’a rien à perdre. Seul l’ordre des matches lui est favorable. «Nous étions sereins car personne ne nous donnait vainqueurs. En championnat, il fallait confirmer notre statut de favori. La préparation est venue progressivement, elle a été sans trop de pressions mais intérieurement, on voulait gagner les deux matches et se qualifier».

Les joueurs marseillais découvrent le stade San Siro, un lieu habitué aux grandes soirées européennes et son public également. L’ambiance de l’enceinte milanaise est électrique pour ce match aller. « L’environnement est spécial, un stade fermé de 80.000 personnes, ça résonne beaucoup. La pression était forte à l’arrivée au stade mais dès que le match a commencé, on s’est livré et battu».
Les choses commencent mal pour l’OM qui encaisse un but sur une mésentente. «Sur le premier but, Casoni ne s’entend pas bien avec Barthez et l’attaquant prend la balle et marque. Cela nous a libérés et  nous a enlevé les doutes que l’on pouvait avoir. Ensuite, on a retrouvé nos sensations et le jeu que l’on pouvait développer en championnat».
Plus tard dans la partie, Jean-Pierre Papin égalise. L’OM réalise l’exploit de rivaliser avec le meilleur club du monde. «Nous étions euphoriques car faire match nul au Milan AC à cette époque, c’était inespéré. Nous avions eu quelques belles occasions et nous aurions pu emporter le match, mais eux aussi. Le match avait été tactique et ouvert, on jouait au ballon. Nous étions dans l’état d’esprit du Milan AC, c’est-à-dire combattif, agressif, nous n’avions pas peur».

Au match retour, l’OM doit désormais défendre son image de club capable de tenir la dragée haute au Milan AC. La pression est plus palpable au sein du groupe marseillais qui découvre dès son arrivée au Vélodrome, un stade déjà plein. «Nous avions plus de pression qu’à l’aller car tout le monde nous voyait déjà nous qualifier alors qu’il y avait encore un match contre le Milan AC».

Manuel Amoros : « Marseille peut et va gagner contre Milan »

A l'occasion de ce match entre l'OM et le Milan AC, le quatrième de l'histoire, le club a invité d'anciens joueurs. Manuel Amoros croit aux chances de l'OM dans cette poule C de Champions League. "Le Real est normalement au-dessus ensuite ça va se jouer entre le Milan et l’OM. Zürich ne pourra pas, je pense, inquiéter l’OM et Milan. Milan est dans le creux de la vague, c’est une nouvelle génération qui arrive, un cycle qui repart. Je pense que Marseille peut et va gagner contre Milan".
En compagnie des ancians Olympiens l'émotion sera au rendez-vous mardi au Vélodrome. "Voir ces deux maillots sur une pelouse va me faire plaisir. On va aussi se revoir avec les joueurs de 1991 et reparler de cet événement".

La rencontre est tendue, tous les ballons sont disputés mais, à 0-0, l’OM tient sa qualification. Mieux, Chris Waddle donne l’avantage aux siens. «On a eu la chance de marquer un superbe but par Chris qui était groggy car il avait reçu un coup. Il ne savait plus trop où il en était. On a joué petit bras sur ce match, on ne savait s’il fallait attaquer, attendre car le résultat de l’aller était bon et à 0-0, nous étions qualifiés. Par contre si nous prenions un but, il aurait fallu en marquer un également. On ne savait pas comment prendre le match. On les a attendus un petit peu, on a joué contre nature mais on a réussi à les prendre en contre et à marquer un but».

La fin de match est marquée par une panne d’électricité qui touche un pylône du stade Vélodrome. La rencontre est arrêtée, le temps que la lumière revienne mais les Milanais tentent d’en profiter. «Nous étions surpris de voir l’éclairage s’éteindre à quelques minutes de la fin mais nous étions sereins car on nous avait dit que la lumière allait revenir. Il suffisait d’attendre un petit peu. On savait que le match allait reprendre. On n’a pas imaginé la réaction de l’équipe adverse qui perdait 1 à 0. Les Milanais ont pris ce prétexte pour rejouer le match. C’était bien mais un peu tendu à la fin».
Milan éliminé, les portes de la finale étaient ouvertes pour l’OM. «C’était un bon départ pour la suite car nous n’avions pas trop de références. Nous avons battu le Milan qui dominait l’Europe et cela ne pouvait que nous aider pour la suite de la compétition».

Deux ans plus tard, alors que le club lombard avait été exclu des compétitions européennes en 1992 suite à son refus de reprendre le match au stade Vélodrome, les deux clubs se retrouvent en finale de Champions League, le 26 mai 1993 à Munich, pour la plus grande date de l'histoire olympienne. «J’étais déçu de ne pas jouer la finale avoue Amoros, mais la déception a été atténuée par la victoire. Le quart de finale de 1991 nous a servi pour gagner en finale. L’approche et la préparation ont fait que nous avons su les faire déjouer».

F.R. (avec E.J.)

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