Si 58% des internautes estiment qu'il n'est pas un "mal-aimé", Hatem Ben Arfa suscite toujours autant d'attentes et de critiques. Une image bien différente de celle qu'il renvoie au sein du groupe et auprès des forumistes.
lapanos : «Il génère tellement d’attentes que le moindre faux-pas le fait passer pour une "starlette", Dès qu'il sera régulier il n’y aura plus discussion dans ce genre.»
jbou : «Je pense que c'est surtout une manipulation de certains médias qui grossissent les traits quand on voit un Ben Arfa "irritant", en se fixant sur ça, mais en négligeant carrément le reste. Je le trouve autant sympathique qu'énervant, il a les deux côtés.»
New_skin : «Les joueurs les plus talentueux ont toujours attiré la jalousie. Comme le disait si bien Mourad Boudjellal à propos des sifflets du public toulonnais envers Frédéric Michalak "Si les supporters l'ont sifflé c'est qu'ils estimaient qu'il était le joueur qui présentait le plus de danger à Toulouse". Finalement, c'est plutôt flatteur.
Parler de "mal-aimé", je ne pense pas, car ceux qui le sifflent seraient les premiers à l'aduler s'il signait dans leur club. Cela fait partie du foot, on l'a vu au Vélodrome quand nous avons sifflé Steven Gerrard, alors que l'on sait tous reconnaitre son talent.»
MonsieurleComte : «Hatem Ben Arfa est une source merveilleuse pour animer une discussion. Il sait être génial : Ca énerve. Il est transparent : ca énerve. Il a connu quelques mouvements d'humeur : Ca énerve. »
Na.ge70 : «Je ne pense pas que ce soit uniquement un problème à l'OM. Je crois me souvenir que le peu de fois où HBA a joué en équipe de France, il était sifflé aussi.
Les médias y sont certainement pour beaucoup. Il a été encensé aussi vite qu'il a été descendu.
Je ne sais pas si on peut dire qu'il est mal aimé, mais pour moi, il est très certainement mal jugé.»
Clemence0 : «NON, il n’est pas mal aimé. Bien plus encore, il fait rêver les minots, les grands et les grandes... Ce joueur est jugé comme on juge un joueur de talent, un grand, aucune de ses erreurs ne lui est pardonné mais il en reste néanmoins adoré.»
Il y a des joueurs comme ça. Qui traînent une réputation, vraie ou fausse. Qui sont autant admirés que blâmés.
De Dugarry à Ravanelli en passant par Djibril Cissé, l’OM en a - presque - toujours connu. Hatem Ben Arfa semble dans la lignée. «Comme certains joueurs, on aime ou on n’aime pas mais il ne laisse pas insensible» comme le résume habilement son coach, Didier Deschamps.
Dernier exemple en date qui illustre bien l’affaire : le match amical joué à Nîmes vendredi. Un accueil plus que limite de la part des Costières, du bon et parfois du moins bon de la part du joueur mais un but génial pour clore la soirée.
Hatem garde ses nerfs mais n’apprécie pas des masses le traitement. «Ca m’arrive souvent. Ils ont peut-être leurs raisons mais j’essaie de ne pas y faire attention et de me concentrer sur mon match en faisant le maximum pour mon équipe. Et je n’écoute pas ce genre de c…» nous confiait-il après la partie.
Voilà ce qu’il génère dans l’opinion. S’il fait beaucoup parler, c’est tout autant pour son talent - incontestable - que pour subir les foudres d’une opinion parfois hâtive. «C’est surtout une forme de déstabilisation, de provocation. Il faut relativiser, c’est arrivé à d’autres et ça arrivera de nouveau» juge Deschamps. Benoît Cheyrou ajoute : «Il a toujours un projecteur braqué sur lui. Il a toujours intéressé depuis qu’il est très jeune. Il y a énormément d’attentes à son sujet. Ca doit parfois être pesant et énervant mais il mérite le respect.»
A l’affiche depuis ses 14 ans, il a de fait nourri beaucoup d’espoirs. Il les a parfois confirmés, parfois pas. Le fait est qu’il alimente les discussions. Alors est-il un «mal-aimé» ? A cette question, les internautes d’OM.net ont répondu «non» à 58% (voir les commentaires ci-contre). Il faut peut-être aller chercher ailleurs des raisons au phénomène.
Un jeu qui s'y prête, une image déformée
C’est un dribleur et par la nature même de son jeu, la part d’aléas est grande. «Tous les joueurs de talent prennent beaucoup de risques. Ca passe ou ça casse mais quand ça passe, ça fait très mal» estime Cheyrou qui sait que ça finira par payer : «Sur le terrain, il est seul maître à bord mais à nous de le mettre en confiance. Qu’il se sente bien tout simplement.» Un travail défensif plus important lui est aussi demandé, «le replacement», l’un des secteurs sur lequel l’ancien lyonnais doit travailler, toujours selon son coéquipier.
Mais Ben Arfa, c’est aussi une personnalité qui garde sa part de mystère. Souvent décrit comme désinvolte ou caractériel, il a pourtant réellement fait son trou dans le groupe depuis son arrivée à l’été 2008. «Il est très respectueux mais il est jeune. Il travaille et a encore besoin de comprendre certaines choses. Je n’ai jamais vu de débordement de sa part même quand il jouait moins, précise Deschamps, il est très apprécié et paradoxalement par des joueurs qui lui sont diamétralement opposés.»
Et parmi ses «potes», il y a justement Benoît Cheyrou qui nous décrit un garçon aux antipodes de sa réputation : «Au fil du temps, on s’est rapproché et on discute beaucoup. C’est un très bon gars avec un très bon fond. Il fait abstraction des critiques et prouve actuellement que l’OM peut compter sur lui pour jouer le haut de tableau.»
Car, et c’est sûrement là le plus important, Hatem reste sur deux belles perf’ avec une passe décisive à Monaco et son but à Nîmes.
Décisif et étincelant dans le jeu, voilà qui pourrait mettre fin aux incompréhensions. «Je ne parlerai pas de renouveau. Je me sens de mieux en mieux et ça se ressent dans mes performances» confirme l’intéressé qui clôt : «On parle beaucoup de moi mais on ne me connaît pas. C’est comme ça mais je n’ai pas à prouver qui je suis, les gens qui me connaissent le savent.»







