L’annonce du report d’OM-PSG a généré de nombreuses interrogations. Eléments de réponse.
Quand pourra se jouer le match ?
C’est évidemment LA question la plus importante. Celle que posent les supporters qui appellent depuis ce lundi matin le standard de l’Olympique de Marseille. Malheureusement, elle n’a pas encore de réponse. Mais ce sera le cas ce jeudi.
Le calendrier est ainsi fait que les dates disponibles ne sont pas légion. Surtout pour une équipe comme l’OM disputant la Ligue des Champions. Par la voix de Didier Deschamps, le club a fait savoir qu’il était prêt à jouer dès mercredi. Une commission d’experts médicaux (la même qui a préconisé le report dimanche) a été saisie. Elle a rendu lundi après-midi un avis défavorable, du fait de l’isolement minimum de 72 heures imposé aux Parisiens.
« En conséquence, il n'est pas imaginable, sauf à déjuger nos experts, de mettre cette équipe dans l'avion le mardi après-midi, voire même le mercredi matin. D'un point de vue purement physiologique, faire faire une compétition de ce niveau à des joueurs ne s'étant pas entrainés pendant 3 à 4 jours, certains relevant de maladie, parait donc impossible et n'est sans doute pas sans risque de blessure », écrit la Ligue dans un communiqué.
En conséquence, la Commission des Compétitions ne retient pas la date du mercredi 28 octobre. C'est le Bureau de la LFP qui sera convoqué exceptionnellement dans la matinée du jeudi 29 octobre, auquel sont invités le Président de l'OM, Jean-Claude Dassier, et celui du PSG, Robin Leproux, qui fixera la nouvelle date de la rencontre.
La trêve de novembre est réservée aux internationaux, qui sont mobilisés par leur sélection après Lyon-OM (le 8). Ce sera le cas de Steve Mandanda pour France-Irlande, mais aussi, a minima, de Stéphane Mbia (Maroc-Cameroun), de Charles Kaboré (Burkina-Malawi), de Taye Taiwo (Kenya-Nigeria), et de Baky Koné (Côte d’Ivoire-Guinée). Sachant que leur match est prévu le samedi 14, est-il envisageable qu’ils ne rejoignent leur sélection que le 11 ou le 12 pour permettre la tenue d’OM-PSG en milieu de semaine ?
Plus tard, la seule date libre est le 2 décembre. Là, le refus est total côté olympien (voir par ailleurs). Alors quand ? Avant la reprise de la compétition en janvier ? En février ? Réponse jeudi.
Pourquoi ne pas avoir pris la décision dès samedi ?
La Ligue justifie d’avoir attendu dimanche en argumentant que la situation a évolué. Samedi, la commission médicale avait donné son feu vert après la confirmation de deux cas (Giuly et Sakho). Dimanche, après avoir examiné de nouveaux cas dans l’effectif parisien, les experts ont allumé le feu rouge. « Si j’avais été contre l’avis des experts, on m’aurait pris pour un fou, soit, ce qui est pire, pour un président voulant faire un sale coup à l’un des deux clubs (…) la santé doit l’emporter sur toutes les autres considérations », estime Frédéric Thiriez.
La Ligue a-t-elle subi des pressions ?
La réponse de Frédéric Thiriez est catégorique : « Non, aucune pression d’aucune sorte et de quiconque ». Ni le diffuseur (Canal+), ni les clubs n’ont exercé de lobbying, dans un sens ou dans l’autre, assure le président de la LFP qui entend assumer pleinement la décision du report.
Les joueurs de l’OM étaient-ils menacés ?
Non, a répondu Didier Deschamps. Si le match s’était joué, les joueurs auraient été mis sous Tamiflu pour éviter toute contagion. Les précautions avaient été prises en ce sens.
Pourquoi Clément a-t-il voyagé avec l’équipe ?
A l’inverse de Giuly et Sakho, renvoyés chez eux vendredi par précaution, et dont les tests révélaient samedi la présence du virus, Jérémy Clément a fait le déplacement à Marseille.
D’où la question de la pertinence de prendre le risque d’emmener le milieu de terrain alors que les résultats de ses analyses n’étaient toujours pas connus.
D’autant que Jérémy Clément avait développé les premiers symptômes de la maladie dès le milieu de la semaine. « Il n’était plus contagieux », répond Robin Leproux, président du PSG. « Selon les virologues, la contagiosité du H1N1 est effective deux jours après l’apparition des symptômes et perdure trois à quatre jours après », a précisé le docteur Fabrice Bryand, ancien médecin du FC Nantes et consultant médical pour L’Equipe.
Si Clément était préventivement resté en quarantaine à Paris en attente du diagnostic, le report aurait-il été prononcé ?
Les billets du match sont-ils toujours valables ?
Oui. C’est la réponse de l’OM communiquée dès l’annonce du report du match. Les cartes d’abonnement et les billets restent bien entendu valables pour assister à la rencontre quand elle aura lieu. Tous les spectateurs qui devaient assister à OM-PSG doivent donc impérativement conserver leur ticket.
Quelle est la position de Canal+ ?
En dépit de son important dispositif, la chaîne cryptée s’est pliée dimanche à la décision du report. Elle avait un plan B : Barcelone-Saragosse.
Aujourd’hui, elle formule une demande sans véritablement d’exigence : « Nous faisons confiance à la Ligue pour qu'elle pense également aux intérêts des abonnés de Canal+ lorsqu'elle va réfléchir à la nouvelle date de programmation de ce match ».
Faut-il y lire entre les lignes que la préférence de Canal+ irait à une programmation un dimanche soir, comme c’est toujours le cas pour les affiches du championnat ?
Est-ce le premier report d'un match en France ?
Le report d’un match de Ligue 1 pour cause de grippe A est effectivement une première. Fin septembre, Grenoble avait redouté que Nicolas Dieuze et David Jemmali soient porteurs du virus. Ils avaient été retirés du groupe avant la rencontre face à Rennes. Le match avait eu lieu, et il s’était avéré après coup que les deux Grenoblois n’avaient pas la grippe A.
En rugby, les rencontres Montauban-Castres et Albi-Castres ont été remises en aout dernier, huit cas ayant été comptabilisés (sept joueurs de Castres et le préparateur physique). L’annonce des reports avait été faite le vendredi, soit la veille du premier match. Les cas étaient apparus entre le lundi et le jeudi.

































