Titulaire pour la dixième fois de la saison à Gerland dimanche dernier, Fabrice Abriel s’est encore montré décisif en délivrant trois passes décisives. Un nouveau fait d’armes pour celui qui ne cesse de convaincre depuis son arrivée l’été dernier.
Vous avez été l’un des principaux artisans du réalisme olympien à Lyon en distillant trois passes décisives. Quelques jours auparavant, vous étiez à l’origine du premier des six buts contre Zurich avant d’inscrire le second. Peut-on dire que vous êtes au top de votre forme ?
F.A : Je ne suis pas au top, je pense plutôt être en train de monter en puissance. J’essaie d’avoir un maximum d’automatismes avec mes partenaires et il est certain qu’en jouant plusieurs matches d’affilée, ça ne peut que s’arranger. Cela me permet de m’exprimer plus facilement sur le terrain d’autant que mon jeu est essentiellement basé sur l’anticipation. Je pense que c’est là-dessus que je dois encore m’améliorer. Voilà pourquoi je pense être en phase de progression.
Après, ce sont deux très bons résultats. C’est bien d’être décisif mais aussi de prendre les points qui vont avec. Ca permet à chacun de trouver sa place dans le groupe et de participer à cette aventure que nous sommes en train de vivre.
« Il faut savoir synthétiser, aller à l’essentiel quand on arrive dans un club, et encore plus ici où tout est surdimensionné »
Chacune de vos apparitions ne fait que confirmer le fait que vous vous êtes bien adapté à l’OM. Comment expliquez-vous la réussite de votre intégration ?
F.A : Je pense simplement avoir été bien accueilli. Tout s’est fait ensuite naturellement. Il y a eu beaucoup de simplicité dans les échanges avec les joueurs, le staff ou les supporters. Pour ma part, je me suis efforcé de me montrer disponible pour faciliter mon intégration.
Votre expérience a-t-elle joué un rôle dans cette acclimatation. Vous avez aujourd’hui 30 ans, cela aurait été plus difficile quelques années en arrière ?
F.A : Il est vrai qu’avoir 20 ou 30 ans n’est pas la même chose. Je pense aujourd’hui avoir fait le tour de pas mal de choses. J’ai vécu de nombreux débuts de saison avec des arrivées et des départs à chaque fois. Cela a sans doute facilité beaucoup de choses pour moi car il faut savoir synthétiser, aller à l’essentiel quand on arrive dans un club, et encore plus ici où tout est surdimensionné. Ce qui implique d’être attentif à ne pas perdre la notion des choses.
Votre discours est celui d’un joueur arrivé à maturité, parlez-vous beaucoup avec les jeunes de l’équipe pour les conseiller ?
F.A : Il m’est arrivé de donner quelques conseils et d’autres joueurs plus anciens m’en ont aussi donnés. Je n’ai pas de rôle particulier mais j’échange avec tout le monde. Si je peux donner un conseil, je le fais, mais je sais aussi me montrer à l’écoute de chacun. J’ai été jeune moi aussi, je connais le genre de relation qui peut se développer avec les anciens.
A Madrid, comme avec Lorient à Marseille
Vous avez découvert la Ligue des Champions à Bernabeu contre le Real Madrid. Avez-vous été surpris par le niveau de jeu pratiqué ?
F.A : Non, pas du tout. Car je mesurais pleinement ce que pouvait être le très haut niveau. Ca m’a en revanche rappelé les fois où je suis venu avec Lorient à Marseille, dans la peau de l’équipe outsider. On avait plusieurs idées en tête pour faire douter l’adversaire tout en n’ayant rien à perdre. J’étais très content de la première période qui s’inscrivait exactement dans ce qu’on était venu faire là-bas. Après il est vrai qu’en Ligue des Champions, la différence peut se faire sur la moindre petite erreur de concentration.
Comment jugez-vous le début de saison de l’OM par rapport aux objectifs fixés ?
F.A : Il est globalement intéressant. Nous ne sommes pas en tête avec dix points d’avance comme on a pu nous le prédire. Ca veut dire qu’on est bien dans la réalité du football. Il reste du travail, des choses à mettre en place et des étapes à ne pas sauter. Je trouve que nous sommes bien positionnés avec à venir, des échéances importantes à domicile qu’il faudra bien négocier pour revenir dans les cinq premiers. Il ne faut pas être trop vite devant mais rester à l’affût tout en ayant le sentiment que l’équipe est en train de se construire.
Marseille, Bordeaux et Lyon sont au rendez-vous malgré quelques fausses notes de part et d’autres, mais il y a aussi des équipes qu’on attendait moins comme Auxerre, Monaco ou Lorient. Comment jugez-vous le niveau affiché en Ligue 1 cette saison ?
F.A : On voit pas mal de matches ouverts avec des équipes comme Valenciennes, Boulogne ou Lorient qui proposent du jeu. Il y a beaucoup de buts et on se rapproche parfois de ce qu’on appelle le « football total » comme on a pu le voir avec OL-OM. C’est intéressant pour le championnat que les équipes n’essaient pas systématiquement de bétonner mais proposent au contraire du jeu et du spectacle. Maintenant, il est évident que certaines équipes ont besoin de résultats pour atteindre leurs objectifs. Et pour être dans les trois premiers par exemple, il ne faut pas oublier la notion d’efficacité.
« Décembre sera peut être notre meilleure période »
L’OM s’apprête à jouer dix matches en un mois, appréhendez-vous le rythme effréné des rencontres ?
F.A : C’est une bonne chose puisque de toute façon, nous avons des joueurs qui n’ont pas encore donné toute la mesure de leur talent et d’autres qui n’ont pas été utilisés. Cela fait beaucoup d’atouts et d’arguments en notre faveur. Nous pouvons nous donner à fond à tous les matches et présenter trois jours après, une équipe encore plus compétitive. Il n’y a pas de calcul à faire. Nous sommes en progression et décembre sera peut être notre meilleure période, celle où nous arriverons à maturité dans notre aventure.
Peut-on parler de mois décisif puisque c’est dans cette période que va se jouer la qualification en Ligue des Champions, et qu’un trop gros retard en championnat serait par la suite difficile à rattraper ?
F.A : Ce sera en effet décisif pour la Ligue des Champions puisqu’il reste deux matches pour savoir si nous terminerons parmi les deux premiers ou troisième. Concernant le championnat, nous ne sommes pas encore à la moitié des 38 journées. On aura certes une tendance d’ici là mais ce ne sera pas décisif. En janvier, il restera 19 matches. Il faudra être bien positionné, dans le peloton de tête, et pourquoi pas premier. Même si je ne pense pas qu’être en tête à ce moment là soit une bonne chose. C’est à la fin du championnat qu’il faut être premier.
Le PSG est le prochain adversaire de l’OM en championnat. Dans quel état d’esprit abordez-vous le Clasico, vous qui avez fait vos débuts à Paris ?
F.A : Comme je l’ai toujours fait à l’époque avec Lorient. Vous avez pu constater que j’ai toujours marqué et posé problème à Paris que ce soit au Parc où ailleurs. Je jouerai donc de la même façon, avec la même intensité. Bien sûr j’ai des amis là-bas, mais quand on se retrouve sur le terrain, la seule chose qui compte c’est le maillot qui est sur nos épaules et les trois points à la clef.

































