Pour ceux qui en doutaient encore, Brandao a prouvé mercredi soir qu’il était «indispensable» au système Deschamps. Auteur d’un doublé contre le TFC, le Brésilien devrait faire son retour dimanche en championnat face à Valenciennes.
Les deux index en l’air, le regard porté vers le ciel : l’image d’un Brandao fêtant à sa manière ses buts commence à devenir une habitude pour les supporters olympiens. Flanqué du costume du "maladroit de service" par les médias, Brandao n’a pourtant jamais perdu ses moyens. Véritable bosseur sur le terrain, le Brésilien récolte aujourd’hui les fruits de son travail au point de retourner l’opinion, à commencer par la plupart de ses anciens détracteurs. Et pourtant, cette réussite soudaine n’a jamais été une surprise, ni pour Didier Deschamps, ni pour José Anigo, ni même pour ses partenaires qui le côtoient chaque jour. «J’ai toujours dit que c’était un attaquant important pour l’OM. Dans son état d’esprit, il joue pour l’équipe. Il est très généreux. Il a toujours de la motivation», juge son entraîneur.
Devant la presse vendredi, l’attaquant brésilien, qui portait encore les stigmates d’un coup de pied au visage reçu en demi-finale de Coupe de la Ligue, répète le même discours : l’équipe d’abord ! «Si l’on gagne à chaque fois 1-0 mais que je ne marque pas, je suis heureux !», s’accorde t-il à dire avec son habituel sourire qui masque légèrement ses yeux, cette fois-ci un peu plus marqués par sa blessure.

On peut parfois reprocher au natif de Sao Paulo un manque de concentration dans la finition, dont le plus célèbre à Milan. Des maladresses qui cachent pourtant un énorme travail de fond. Ce manque de lucidité devant le but résulte de ses efforts défensifs intensifs. Le constat a déjà été mainte fois étudié, retourné et décortiqué. On ne va pas réécrire une thèse là dessus, le Brésilien en a offert la réponse au Stadium mercredi soir. «Il a souvent été critiqué mais il a toujours une grande motivation» ne cesse de répéter Didier Deschamps. Peu enclin à évoquer les cas individuels, le technicien olympien ne s’est pas privé de se féliciter des performances de son joueur.
2010 va être une meilleure année, avec plus de buts !
Après le lynchage, place aux honneurs. Le quotidien d’un attaquant en sorte : glorifié ou dénigré à la faveur de son efficacité devant le but. Car si Brandao n’est pas vraiment un buteur à la brésilienne ou un tueur devant le but tel que le Vélodrome a pu en connaitre avec Skoblar, Papin ou encore Drogba, Brandao reste un joueur indispensable. Critiqué, son efficacité est pourtant au dessus de la moyenne. Déjà auteur de cinq réalisations cette saison en L1, le Brésilien affiche un bilan honorable de 17 buts marqués en 44 apparitions sous le maillot olympien. Et il ne compte pas s’arrêter là ! «Je remercie cette année 2009 qui a été bonne. 2010 va être une meilleure année, avec plus de buts !», a-t-il prévenu.

Le Brésilien a surtout l’avantage de marquer des buts important. Hormis le fait qu’il a grandement participé à la qualification en finale de la coupe de la Ligue, ses buts ont rapporté des points cette saison. Contre Toulouse puis à Lyon, il a permis à l’OM de ne pas perdre. Face au Mans et à Lille, ses buts valent trois points. Mais son apport ne peut se résumer à ses statistiques.
On connaissait le caractère combatif du Brésilien, on a désormais eu l’occasion de voir un guerrier sur le terrain. Et même mieux, le principal intéressé s’autoproclame «Gladiateur». Victime d’un coup de pied au niveau de sa paupière droite de la part d’Etienne Capoue dès la 10ème minute, Brandao ne s’est pas résigné à quitter la pelouse. Au contraire. Alors que Ben Arfa s’apprêtait à faire son entrée, le colosse est réapparu sous les traits d’un ninja, bandeau blanc au dessus des yeux. Avec un seul œil, le Brésilien a réussi à faire craquer la troisième meilleure défense du championnat. Il est devenu au passage le meilleur buteur de l’OM en Coupe de la Ligue, détrônant un autre attaquant critiqué pour sa maladresse : Ibrahima Bakayoko.
Brandao retrouvera le stade Vélodrome dimanche après une blessure qui l’avait empêché de jouer deux matches. Peu superstitieux, le numéro neuf olympien a annoncé qu’il n’arborera pas son bandeau devenu porte-bonheur. Son coach lui fera peut-être changer d’avis. «S’il faut qu’il joue avec un bandeau pour qu’il marque des buts, il n’y a pas de souci !», a plaisanté Didier Deschamps.





















