Didier Deschamps, qui a été joueur, sait que cette période de préparation n’est pas la plus agréable pour ses hommes mais il sait aussi qu’elle est essentielle dans la réussite d’une bonne saison.
On vous a quitté le 16 mai après le défilé sur le Vieux Port. Comment se sont passées les vacances ?
Comme les joueurs, l’entraîneur a besoin de souffler, même si ce sont des vacances studieuses. J’ai profité de ma petite famille pour décompresser. Je suis resté en contact, j’ai suivi la plupart des matches de la Coupe du Monde. Il n’y a pas de présence quotidienne sur le terrain. Il faut recharger les batteries pour repartir de plus belle.
Avec deux titres en poche, pendant les vacances, vous étiez sur un nuage…
On apprécie car tout va très vite en football, d’autant plus que la saison n’avait pas été simple. C’était une très bonne chose de gagner la Coupe de la Ligue et de gommer cette anomalie de 17 ans sans titre. Ensuite, être champion de France ressemble à une apothéose. C’est une récompense avant tout pour les joueurs, pour leurs efforts. Dans le football, il n’y a pas de hasard. Si nous sommes parvenus à finir premiers, c’est qu’il y a eu de très bonnes choses sur et dehors du terrain.
L’an dernier à la même époque, l’OM était à Evian. Là, nous sommes à Port-Crouesty. Quelles sont les raisons de ce changement ?
Nous étions très bien à Evian mais il y avait un problème par rapport au travail que l’on doit effectuer, lors de ces premiers jours, qui est axé sur le volume, le travail foncier. J’étais déjà venu ici avec Monaco et je savais qu’il y avait la possibilité d’utiliser le golf qui est complètement plat. A Evian, il est plus vallonné, c’est donc plus difficile d’organiser ce travail de course qui est fondamental sur le premier stage.
En football, gagner c’est très difficile et maintenir ce niveau-là est encore plus dur. La saison sera autant, si ce n’est plus difficile
Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle période de préparation ?
Malheureusement, sans l’ensemble du groupe car il y a quelques internationaux concernés par la Coupe du Monde. Ils reprendront en décalage. J’ai une bonne ossature avec des joueurs qui se connaissent mieux. Il faut repartir vers l’avant. En football, gagner c’est très difficile et maintenir ce niveau-là est encore plus dur. La saison sera autant, si ce n’est plus difficile mais on va s’appuyer sur ce que l’on a bien fait en seconde partie de saison en gardant la même ambition, la même volonté et le même état d’esprit avec une saison de vie commune en plus et donc une meilleure connaissance entre joueurs sur et en dehors du terrain.

Le fait d’être champion en titre change-t-il quelque chose dans la préparation ?
Non ! Les préparations sont plus ou moins les mêmes en durée et en contenu. Il y a juste à s’adapter par rapport aux joueurs qui arriveront un peu plus tard. Ils auront eu moins de vacances et une préparation plus courte. L’essentiel est d’avoir un groupe prêt pour le premier match de championnat. Ce sera peut-être difficilement le cas pour ceux qui reprendront en dernier mais le contenu, la manière de travailler et de vivre sont identiques.
L’état d’esprit, l’envie sont là, c’est ça le plus important.
Dans quel état de forme avez-vous retrouvé vos joueurs ?
Ils ont eu de longues vacances puisqu’ils ont eu pas loin de six semaines même si après le match de Rennes, ils n’étaient pas en vacances mais ils ont bien décompressé pour les deux derniers matches contre Lille et Grenoble. Ils savent que c’est un passage obligatoire pour bien préparer la saison. Le travail de volume n’est pas la partie la plus agréable. On a de bonnes conditions, on est dans un bon cadre et on, fait en sorte de travailler au mieux, de bien les préparer. L’état d’esprit, l’envie sont là, c’est ça le plus important.

C’est une période peu appréciée par les joueurs, y’a-t-il un discours particulier adapté à la préparation ?
Non, car tous les joueurs ne sont pas là. Les règles de vie commune sont les mêmes que l’an dernier. Je n’ai donc pas trop à parler. Il faut surtout, pour certains, éliminer les vacances, retrouver ou se rapprocher le plus vite du poids de forme et reprendre le travail avec le ballon. Après, on aura le temps d’entrer dans l’aspect tactique.
Le temps de jeu sera réparti. Si on peut, on fera en sorte que tout le monde joue une mi-temps.
Vous avez retenu beaucoup de jeunes pour ce stage. Ils ne sont pas là que pour faire le nombre…
Non, la plupart étaient là l’an dernier. Certains étaient avec la réserve, d’autres sont revenus de prêt. Je les connais. Il nous manque six joueurs concernés par la Coupe du Monde, c’est beaucoup car ce sont des titulaires en puissance, cela fait plus de la moitié de l’équipe mais cela me permet de les voir évoluer. On verra… J’affinerai après ce premier stage. Pour le second, j’aurai la quasi-totalité de l’effectif.
Le stage va se conclure par un match de préparation contre Vannes. Qu’allez-vous attendre de cette première sortie ?
C’est juste pour conclure. Le temps de jeu sera réparti. Si on peut, on fera en sorte que tout le monde joue une mi-temps. C’est pour finir par une opposition. Evidemment, quand il y a match, il y a compétition et l’objectif est d’être le plus performant possible et gagner. Il y a des entraînements, du volume et il faut transformer ça en une période jouée.














