Nouvelle rubrique sur OM.net, l’entretien de la semaine dans lequel un Olympien se confie en longueur sur sa saison, ses performances, son actualité. Alors que son autobiographie sortait ce jeudi, Mathieu Valbuena s’est prêté au jeu dans le studio d’OMtv.
Mathieu, tu as vécu un passage difficile cette saison mais tu as encore une fois su rebondir…
Mon début de saison était plutôt bon avec notamment un doublé à Lille (3-2 fin août) puis il y a eu une période de quelques matches où j’étais moins bien physiquement et beaucoup moins décisif. On me l’a fait savoir mais je savais aussi que ça peut arriver à tout le monde. En termes de stats, je restais très bien et j’ai su rebondir après cette période délicate. Mais je prends souvent les choses à cœur car je suis un passionné. Les choix sont parfois difficiles à accepter mais il faut savoir le faire et travailler. C’est ce que j’ai fait même si la non-convocation pour le dernier rassemblement des Bleus m’a beaucoup touché. D’autant que derrière, je ne joue pas à Montpellier. C’était beaucoup en 15 jours mais j’ai respecté ces choix et j’ai bossé. J’ai déjà connu d’autres périodes plus difficiles et plus longues que celle-là et j’ai toujours su renverser la tendance. Je savais que ça allait revenir.
Le rebond date finalement du match à Dortmund (2-3) mais tu es resté dans la retenue à ce moment-là, pourquoi ?
C’est peut-être quand je suis dos au mur que je suis le meilleur. A Dortmund, j’étais déterminé à aider l’équipe et à me prouver à moi-même que j’avais encore de la ressource. J’ai eu de l’audace et ça a marché. J’ai été un peu discret après ça dans les médias car je n’avais pas oublié ce qu’il s’était passé avant. J’étais content pour l’équipe et pour moi mais je me disais aussi que c’était trop facile de me «faire passer pour le héros».
A partir de là, tu as enchaîné à un rythme effréné, comment l’expliques-tu ?
Le match déclic, c’était contre Paris (3-0), il a fait énormément de bien pour le collectif. Ça nous a donné beaucoup de confiance avec Dortmund qui est venu se greffer ensuite. Et personnellement, le fait d’avoir marqué en Allemagne m’a aussi donné beaucoup de confiance et m’a permis d’enchaîner avec des buts et des passes décisives. Depuis deux ans, je progresse en matière de stats. Je sais que je suis jugé là-dessus et qu’on sera exigeant avec moi. C’est pourquoi je donne toujours le maximum. Ça marche bien pour moi en ce moment car j’ai aussi beaucoup épuré mon jeu, j’ai beaucoup muri. A moi de continuer dans cette voie désormais.
«Etre décisif, c'est mon rôle, c'est ce qu'on attend de moi»
Tu dis que tu as épuré ton jeu et effectivement tu joues plus collectif et ton entente avec tes coéquipiers paraît meilleure sur le terrain…
Je suis surtout plus décisif actuellement car c’est mon rôle et c’est ce qu’on attend de moi. J’essaie d’être plus présent dans la zone de vérité et d’être plus adroit devant le but. Mais j’ai toujours essayé d’être le plus collectif possible, même avant. Ça fait plaisir d’évoluer avec des joueurs toujours en mouvement autour de soi. Que ce soit avec Morgan (Amalfitano), Lucho, Azpi ou Loïc (Remy), l’entente est très bonne.
Vu de l’extérieur, l’ambiance paraît très bonne dans le groupe, tu confirmes ?
Forcément quand on enchaîne les victoires, le moral suit. On est plus serein à présent, on joue avec plus de confiance, on ose encore plus alors qu’en début de saison on n’était pas beau à voir jouer. L’état d’esprit a donc changé et on se bat sur tous les ballons, on est déterminé à travailler les uns pour les autres. Ça donne du jeu et de la détermination sur le terrain. Tout ça, on ne l’avait pas en début de saison.
Tu formes un redoutable duo avec Loïc Remy et vous êtes très amis mais pourtant ça n’a pas collé tout de suite entre vous…
C’est vrai. On s’est rapproché petit à petit. On a appris à se connaître d’autant qu’on partageait la même chambre en équipe de France. Au début, il n’avait effectivement pas forcément envie d’aller vers moi peut-être à cause des apparences mais on a parlé et le feeling est venu tout seul. Et désormais on s’entend très bien sur et en dehors du terrain. Je l’apprécie, il est humble, gentil et c’est un travailleur qui a énormément progressé depuis son arrivée.
Tu es arrivé à l’OM il y a désormais six ans et on dirait que tu es de plus en plus proche de ce club et de cette ville ?
Quand je suis arrivé à Marseille, je savais que c’était le club qui correspondait le plus à ma personnalité. C’est une ville qui aime et qui vit le foot comme une religion avec les avantages et les inconvénients que cela suscite : c’est un club exigeant, très populaire et médiatique. J’ai toujours été un passionné et j’adore ce club. Je m’y suis attaché au fil des années. Et j’espère y vivre encore de belles années et de donner des titres aux supporters.
Tu as récemment déclaré que le seul club en France où tu pourrais jouer était Bordeaux, et l’étranger ?
Bordeaux car c’est ma ville natale mais ce n’est vraiment pas à l’ordre du jour. Forcément, l’étranger m’intéresserait plus mais on n’y est pas encore. Loin de là.
«C'est prématuré de parler de titre»
Dès dimanche, il y a un match important à Rennes, une équipe qui était venue gagner au Vélodrome à l’aller (0-1) ?
Dans la phase aller, on n’a pas gagné face aux concurrents directs hormis Paris. Il faut se rattraper comme on a commencé à le faire contre Lille (2-0). Ce ne sera pas évident d’aller gagner à Rennes contre une bonne équipe mais on se doit de rester sur notre dynamique de victoires. D’autant qu’ils nous avaient battu au Vélodrome à l’aller (0-1) et il faudra s’en souvenir. On va donc essayer de prendre notre revanche et gagner là-bas pour continuer à recoller au peloton. Ça passe par des séries de victoires car on a déjà brulé tous nos jokers.
Le mois de février s’annonce costaud (8 matches) comment l’abordez-vous ?
C’est toujours mieux de jouer des matches que de s’entraîner. On est tous des compétiteurs et on a envie de gagner. La coupe de France est le seul trophée national que je n’ai pas gagné ici, on est tenant du titre en coupe de la Ligue et on a une double confrontation qui nous attend face à l’Inter. Ce ne sont que des grosses échéances avec ceux en L1 mais ça va être bien à vivre et surtout à gagner car il y a des titres au bout !
Pensez-vous toujours au titre ?
On peut toujours rêver et on l’a tous dans un coin de la tête. Mais c’est prématuré pour le moment car Paris maintient une cadence élevée depuis le début de la saison. Notre objectif actuellement est de recoller au peloton. On a beaucoup de gros matches qui arrivent et on fera un premier bilan à la fin février pour voir où on en est.
Paris peut-il être rattrapé ?
Ils ont une capacité financière importante et ne comptent pas. C’est bien pour le championnat de France mais c’est toujours le terrain qui parle. Comme toutes les équipes, ils connaitront un coup de moins bien dans la saison. Comme ça a été le cas pour nous au début avant de définitivement nous lancer. Paris est favori pour être champion mais on fera tout pour les rattraper.
Et les Bleus, penses-tu à la prochaine convocation pour Allemagne-France ?
Même si j’étais déçu de ne pas être appelé la dernière fois, je n’ai aucun sentiment de revanche. Je suis ambitieux et je pense forcément aux Bleus. Je ferai tout pour être du match en Allemagne en me donnant au maximum avec mon club car on est jugé là-dessus. Ensuite, il y a l’Euro et je mettrai tous les atouts de mon côté pour y parvenir. J’étais de la Coupe du Monde 2010 et ça m’a laissé un goût d’inachevé quand on sait que parfois, on n’en joue qu’une dans toute sa vie. C’est un des gros regrets de ma vie. C’est pourquoi j’ai encore plus envie de découvrir l’Euro.















