Une autre histoire que celle du championnat s’écrit samedi soir au Stade de France. Celle d’un OM, soutenu par 25 000 supporters venus de la France entière, qui va par tous les moyens chercher à conserver son bien depuis 2010 et se qualifier pour l’Europa League.
C’est une parenthèse qu’ont ouverte les Olympiens et leurs fidèles supporters en prenant la direction du Stade de France. Elle ne sera enchantée qu’en cas de victoire. Mais elle est déjà une respiration, une bouffée d’air. Elle gonfle les poumons et les cœurs, tant et si bien que samedi soir la voix de la chorale phocéenne résonnera à nouveau. Elle escortera Didier Deschamps et ses hommes dans leur quête d’un troisième succès consécutif en Coupe de la Ligue, comme les marques de soutien et de bienveillance des habitants de Senlis jeudi soir à l’entraînement public dans l’Oise ont déjà entrepris de les ressourcer.
Une finale, c’est toujours une autre histoire. Elle ne s’écrit pas avec la grammaire du championnat. La plume qui la rédige se trempe dans d’autres encres. Il n’y est plus question de régularité, celle-là même qui fait tant défaut à l’OM 2011-12. Il ne s’agit plus de lire et débiter des statistiques au kilomètre, de disséquer les errances d’un passé proche dans le temps mais tellement éloigné du contexte. La vérité de la Ligue 1 n’est pas nécessairement celle de la coupe. On aurait presque tendance à dire que c’est souvent le contraire. Et l’historique de la compétition tendrait assez à le démontrer.
Seules compteront les 90 voire 120 minutes que se disputeront les deux Olympiques. Pimentée à grandes doses par l’envie, la sauce physico-technique mijotée ces dernières heures dans la cuisine marseillaise prendra. Ou pas. Cela dépendra notamment de l’état de forme des pièces maitresses. De Remy et d’Ayew que l’on sait diminués depuis plusieurs semaines. De Mandanda, de Nkoulou, de Mbia.
En pleine bourre après les bourrasques post-Nicosie, l’OL s’avance sans doute en bombant davantage le torse que son rival. Mais on serait étonné que Lisandro et ses coéquipiers mésestiment la capacité de mobilisation sur un rendez-vous d’un OM qui a (ré)appris la gagne depuis 2010 face à un adverse rhodanien à sec depuis 2008.
Entre les passages devant les micros de Frédéric Thiriez maniant l’ironie pour souligner le prestige de cet Olympico suivi dans 73 pays (« pour une coupe en bois, ce n’est pas mal ») et le mantra lyonnais « on n’est pas favoris » de Rémi Garde et Cris pour essayer (vainement) de décoller l’étiquette au format XXL collée dans leur dos par les observateurs, Didier Deschamps a développé le thème du « contexte différent ». En long et en large. A ses yeux, il est le garant de la motivation de ses troupes. Il a d’ailleurs certifié que le moral n’était pas « en berne » dans cette conférence de presse de veille de match entrecoupée de courts moments de lassitude quand les questions s’attardaient encore sur la Ligue 1 quand tout le décorum et le moment incitaient à se focaliser sur l’affiche du lendemain.
Il n’a pas esquivé. Tout comme il n’a eu aucun mal à faire la part des choses : « Un succès ne sauverait rien du tout. Mais c’est une finale, et un titre au bout ». Dans ce stade qu’il connaît si bien et où il a tout gagné ou presque, l’entraîneur de l’OM ne sera jamais à court d’ambition. Ses yeux pétillent toujours quand la promesse d’une ligne nouvelle au palmarès peut se tenir.
Dans le feutré auditorium dionysien, on a décelé les mêmes étoiles vendredi après-midi quand le regard de Rod Fanni a croisé le trophée posé à sa gauche, sur l’estrade.
Son expression collait bien avec ses paroles. « Gagner ce titre, ce serait un grand soleil », a imagé le défenseur. Après les moments sombres des dernières semaines, ses rayons seraient éclatants et réchaufferaient tant de cœurs...






































