Présent dans l'émission 100% Euro sur M6 durant le championnat d'Europe, Dominique Grimault livrera aussi pour le site officiel une chronique sur les Bleus, la compétition et tout ce qui lui passe par la tête. Troisième épisode.
Très logiquement, Michel Platini, président de l’UEFA, devrait assister au premier match de cet Euro 2012, ce vendredi à 18 heures, au Stade National de Varsovie, entre la Pologne et la Grèce. Il aura comme d’habitude sa cravate un peu desserrée- à croire qu’il n’a jamais su l’ajuster- et des yeux mi- sévères, mi- distants pour tout voir avant les autres, spectateurs et téléspectateurs. Et la nostalgie étant toujours ce qu’elle est, et sera, il nous plait à cette seconde de se replonger quelques dizaines d’années en arrière et de continuer à admirer ce que fut cet as du jeu, notamment lors de cet Euro 100% français de 1984 lorsque le Mimi en question, héros national, avait planté 9 buts en 5 matchs, du pied droit, du pied gauche et de la tête. Il y aurait mis les dents s’il avait fallu ! Quel artiste au service de quelle équipe ! Aujourd’hui, Platini organise, planifie, distribue des coupes, sourit quand il le faut, affiche toujours la même aversion pour les photographes, et râle dès lors qu’on ose lui parler de la vidéo que nous sommes nombreux à estimer nécessaire. Lui non, qui veut que le foot reste naturel, fidèle à ses valeurs universelles et de toujours. Platini mourra avec ses idées.
Ne jouons pas au vieux singe savant, nous n’avons aucune perspective, aucune donnée un peu objective, sur les deux matchs de cette première journée, l’autre affiche, en soirée, étant constitué par un Russie- République Tchèque qui aurait mis les deux nations à feu à une époque où les tanks et les appétits démoniaques de la première mitraillaient et engloutissaient la seconde. Cette rencontre sera jouée à Wroclaw dans une ambiance pacifiée. A priori, la Pologne chez elle et la Russie constituée par 23 joueurs issus de seulement quatre clubs, à une ou deux exceptions près, auront les faveurs du pronostic. Il nous étonnerait pourtant que l’une ou l’autre de ces nations soient au bout de l’histoire dans cet Euro.
La surprise, si tant est qu’elle puisse naître, pourrait venir d’ailleurs ; de la Suède pour commencer avec son capitaine Zlatan Ibrahimovic qui est aussi dingue que génial, aussi boursoufflé de lui-même que altruiste sur le terrain. La Suède, c’est du costaud, du lourd, du très grand par la taille et les Bleus auraient plutôt intérêt à engranger des points et des certitudes avant de l’affronter le mardi 19 juin. Une autre équipe qui ne manquera pas d’air, l’Eire justement avec ce cher doyen Trapattoni -73 ans-aux commandes, sa défense pour découper tout ce qui vient, ses guerriers pour se jeter comme des chiens sur le deuxième ballon et pour conclure, ses malins que sont Keane, Duff ou encore Doyle. Attention, cette équipe sera très chiante à jouer tout comme le Danemark, grande banlieue d’Evian- Thonon- Gaillard avec Andersen, Wass, Kahlenberg et Poulsen, eux-mêmes associés à ce grand chasseur et flambeur de Bendtner. Le problème des Danois, c’est que leur histoire semble perdue d’avance avec pour adversaires immédiats : les Pays- Bas, l’Allemagne et le Portugal. Cela dit, en 1992, les Danois avaient les packs de bière par dizaines dans le frigo et dans le vestiaire et cela ne les avaient pas empêchés de se friser à la tête de l’Europe entière, médusée. Allez, c’est parti.






















