Cette année, quinze joueurs du Centre de formation de l’OM passent le bac. Une étape importante car tous ne deviendront pas forcément footballeur professionnel.

« Un jeune du centre qui a le bac ou qui débute avec les pros me donne autant de fierté ». Ces mots peuvent peut-être vous surprendre, surtout sachant qu’ils viennent de la bouche du Directeur du centre de formation de l’OM, Henri Stambouli. Pourtant la réalité est là, les mentalités ont changé et les centres de formation s’adaptent. « Avant il n’y avait pas ce degré d’exigence vis-à-vis des études dans les centres de formation, tout le monde ne passait pas forcément le bac, pour les jeunes et les parents au départ ce n’était pas le souci premier, c’était vraiment réussir dans le football. Maintenant les choses ont changé, tous les clubs se sont structurés pour faire passer tout type de bac ou tout type de diplôme ».
Le bac à tout prix pour les jeunes de l’OM, pas forcément. Le centre de formation souhaite s’adapter aux exigences de ses jeunes comme le confirme Henri Stambouli. « On ne peut pas forcer un gamin à passer le bac, l’orientation que nous allons prendre pour l’avenir c’est d’avoir deux filières, la filière principale avec des élèves et parents motivés, avec des enfants qui ont des capacités. Et ensuite on va s’orienter sur les filières sport, ce sont des brevets professionnels axés sur le sport, de manière à ce qu’ils aient une formation en rapport avec ce qu’ils aiment. Certains de nos jeunes ont passé des diplômes d’entraineur, initiateur 1 et en collaboration avec l’équipe professionnelle, initiateur 2 ou encore animateur sénior ce qui leur permettra de le faire en continu tout au long de leur carrière ».
Le bac 2012
Cette année quinze jeunes du centre de formation de l’OM passent le Bac. Douze se présentent au bac général et trois au bac pro. Le taux de réussite de ces dernières années se situe aux alentours de 70% soit 10% en dessous de la moyenne générale. Ces jeunes bénéficient de vingt heures de cours par semaine. Quinze professeurs se relaient. De plus, le nouveau bâtiment du Centre de formation permet à tous ces jeunes d’avoir leur salle de classe directement au centre d’entrainement Robert Louis-Dreyfus.
Autre problème à gérer, le bac s’apparente comme une fin en soi pour la grande majorité des jeunes footballeurs. Pour ceux qui passent pro, on ne comptabiliserait seulement qu’un jeune sur cent qui poursuivrait en parallèle un cursus universitaire. Pour les recalés du centre de l’OM, leur volonté est de rebondir dans d’autres clubs avec plus ou moins de réussite mais aucune volonté de poursuivre des études supérieures. Le bac finalement n’est qu’une sécurité. C’est dommage sachant le peu d’élus dans le monde professionnel et des parents peu concernés. « Les parents décrochent, au début ils s’intéressent beaucoup, ils disent que c’est très important d’avoir le bac mais à la fin ce n’est pas le même discours » renchérit le Directeur du Centre de Formation.
Pour cette session 2012, l’OM peut se targuer de voir quinze de ses jeunes se lancer dans la course au bac. Henri Stambouli et son staff seront très attentifs aux résultats car leur réussite c’est aussi en partie celle de la formation olympienne. « Avec le bac en poche on peut se dire que l’on a réussi à faire quelque chose de ce gamin, on lui a mis un pied à l’étrier et il ne retourne pas dans le système sans rien ».
Très proche de ses jeunes, Henri Stambouli n’en n’oublie pas pour autant la réalité du terrain « La première caractéristique d’un centre c’est de sortir un joueur pro mais pas un bachelier ». Mais avec le bac, c’est encore mieux.




