Carrasso : «Frapper un grand coup en revenant»

07/09/07 - Trêve internationale

De passage à la Commanderie ce vendredi matin, Cédric Carrasso s'est livré à la presse deux semaines après sa rupture du talon d'achille. Interview.

Malgré la difficulté inhérente à se déplacer en béquilles, Cédric Carrasso avait un large sourire au moment de se rendre au bâtiment presse de la Commanderie pour rencontrer les journalistes deux semaines après sa rupture du tendon d’achille. Il a même tenu à livre en préambule un grand message de remerciement. «Je tiens d’abord à remercier tout le monde, tous les médias et les supporters pour le soutien que j’ai reçu. Même si ça a été un peu difficile à avaler dans un premier temps, je sais que plus ou moins tout le monde a été sympa avec moi.»
Il s’est ensuite longuement entretenu sur sa blessure et sur l’avenir.

INTERVIEW

Tout d’abord Cédric, comment ça va ?
Il y a mieux mais on a passé la période délicate de l’après opération. C’est une blessure qui fait très mal sur le coup et pendant deux ou trois jours. Ce fut aussi difficile juste après l’opération. Le plus embêtant au début est de se lever mais aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Le plus dur reste le début. Au moment précis où on se blesse, on perd tout ce qu’on a fait depuis trois ans en un millième de seconde.

Le monde s’écroule autour de vous…
Non, car il y a pire que ça dans la vie. Mais, d’un point de vue professionnel, tous les efforts consentis depuis des années disparaissent. Au moment où on doit démarrer sur la ligne de départ, je me suis effacé. Voilà.

Comment va se dérouler la rééducation ?

Les trois premières semaines se passent avec une attelle handicapante qui ne me permet pas de faire grand-chose. A partir du lundi après Toulouse, je viendrai un jour sur deux à la Commanderie pour travailler le gainage et les abdos afin de relancer la machine. On va rentrer dans les choses plus concrètes six semaines après l’opération.
Je me sers beaucoup de la première blessure (Cédric s’était blessé gravement au genou lors d’un match de gala contre France 98). On avance plus vite car on sait déjà ce qui nous attend. Maintenant, je suis passé à une autre phase à savoir le challenge qui m’attend.

Et quel est ce challenge ?
Le principal c’est de revenir. Je sais que, quand je reviendrai, je serai au minimum au niveau duquel je suis parti. Ca, c’est sûr. Pour l’instant, je vais me servir de cette coupure pour analyser les quatre années écoulées depuis ma première blessure. Le but sera de frapper un grand coup en revenant.     

«Se surpasser pour revenir vraiment au top»

D’autant que vous étiez dans une forme étincelante avant la blessure…
C’était le travail qui m’avait apporté ça. J’aime quand j’ai des challenges très relevés à faire et je sais que quand je vais réattaquer la vraie rééducation d’ici un mois et demi et courir à partir de trois mois, on va entrer dans une phase qui me plaît : se surpasser pour revenir vraiment au top.

En sait-on plus sur les raisons de votre blessure ?
Il n’y en a pas vraiment. On a pu me parler du manque d’hydratation ou du stress. Hydraté, je l’étais, stressé, je ne l’étais pas trop, seulement concentré sur mon travail. Mais, à ce qu’on m’a dit, cela peut arriver à n’importe qui, n’importe quand. Je n’avais jamais eu de douleur à ce niveau. C’est la surprise.

L’indisponibilité pourrait-elle être plus courte que prévue ?

On va rester sur six mois. Après, on verra.

Comment avez-vous vécu les bonnes performances de votre remplaçant Steve Mandanda ?
Bien. Je suis satisfait qu’il réussisse pour le club et pour lui. Il vaut mieux que Steve réussisse plutôt qu'il passe au travers car l’équipe a besoin de lui. On n’a pas encore l’équilibre parfait. En plus, il a l’occasion d’avoir beaucoup de ballons, j’en ai discuté encore avec lui ce matin. Ca lui permet de s’exprimer. Ca me rappelle un peu ma situation quand Fabien (Barthez) était suspendu. C’était un peu le même contexte. Il faut surtout qu’il garde cet état d’esprit et cette envie de bien faire jusqu’à ce que l’équipe ait les résultats souhaités.

Vous sentez-vous en danger pour votre retour ?
Il n’y a pas de danger du tout. On est encore très loin de tout ça et on en reparlera dans quatre ou cinq mois. Je ne suis pas pressé, je n’en suis qu’à deux semaines après l’opération. Il faut être réaliste. Je suis donc tout ça d’un œil extérieur aujourd’hui. Je ne peux pas m’impliquer autant que quand je jouais. Je m’efface et je ne veux surtout pas d’immiscer auprès des autres joueurs. C’est trop facile de parler quand on n’est pas sur un terrain. Pour l’instant, j’observe et je suis redevenu supporter de l’OM.

«Je m’efface et je ne veux surtout pas d’immiscer auprès des autres joueurs»

Comment ont réagi vos partenaires ?
Ils ont d’abord été désolés mais je pense que c’est difficile de réagir de l’extérieur à part de dire : «Je suis désolé pour toi…» Ce n’était pas facile pour mes coéquipiers de voir ça d’autant qu’on n’en avait vraiment pas besoin avec notre début de saison difficile. De manière générale, j’ai été très touché par tous les messages de soutien et d’encouragement. Que l’on aime ou pas le footballeur, ce n’est pas un problème mais il y avait beaucoup de personnes qui ont aimé l’homme et ça m’a fait plaisir. J’ai également eu le soutien de beaucoup de gardiens de Ligue1.

Il va aussi y avoir une période où vous serez un peu plus seul ?
Le football tourne. Qu’on soit là ou pas, c’est pareil. Pape m’en a très bien parlé et je l’ai apprécié : il y a une première phase où on est très soutenu et une deuxième où on est seul. C’est ça le vrai discours sur la blessure. Il y a un moment où on ne parle plus de vous, où on reste dans son coin et ça, je l’ai déjà vécu et bien vécu. Bien tout seul. J’attends cette période avec impatience pour bien me préparer tout seul, à ma façon. 

Le choix du docteur Franceschi a-t-il été immédiat ?
C’est quelqu’un qui a déjà soigné ma première blessure et que j’apprécie aussi beaucoup en dehors du contexte professionnel. J’y suis allé les yeux fermés. A partir du moment où il m’a dit : «Je t’opère», j’étais tranquille. Désormais, je vais faire comme lors de ma première blessure en assistant à des opérations similaires à la mienne pour voir car ça m’avait beaucoup rassuré pour le genou.

Quel est votre quotidien actuellement ?

Je me ressource simplement. Je suis quelqu’un de très simple qui n’a pas besoin de grand-chose pour être heureux. Je prends ce repos forcé comme des vacances en famille pour faire ce que je ne peux pas faire d’habitude. Je suis heureux, je vis tout ça sereinement. Je suis en retrait de ma situation professionnelle, je suis à l’infirmerie et je reviendrai en temps voulu.

E.J.

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Cédric CARRASSO
Nom : CARRASSO
Prénom : Cédric
Poste : Gardien
N° : 1
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