Pape Diouf : «Un incident de vestiaire»

21/03/08 - ITW

Le président recentre les objectifs sur le championnat. Sur le soit-disant «pugilat» entre K. Ziani et E. Gerets révélé par un quotidien national sportif, il parle d’une«invention» mais revient sur l’écart de conduite du joueur qui a justifié la mise en œuvre d’une procédure disciplinaire.

Pape, après deux jours de déplacement professionnel, vous avez retrouvé le groupe ce vendredi à la Commanderie. Dans quel état d’esprit sont les joueurs après l’élimination face à Carquefou ?
Tout le monde a pris conscience du couac monumental dont il s’est agi. On a beau parler de la magie de la coupe de France et de cette légende nourrie par ces éliminations de grosses équipes par des petites équipes, il n’en demeure pas moins que, pour nous, avoir perdu contre Carquefou a été plus qu’une fausse note. D’autant que cet échec survenait à peine une semaine après notre élimination en Uefa. C’était donc très mal tombé. Je pense que le groupe en a pris conscience et l’entraîneur a rappelé tout le monde à ses devoirs. Il n’en reste pas moins que le championnat reste à disputer en essayant d’obtenir la place pour la Champions League en nous plaçant à la troisième place et pourquoi pas à la deuxième place si une embellie se faisait. Actuellement, tout le monde est pénétré de cette vérité.

Ce vendredi, la presse fait état d’une altercation entre Eric Gerets et Karim Ziani à la mi-temps de Carquefou-OM, que s’est-il exactement passé ?
Je vais ressortir une expression que j’affectionne : «de l’œuf dont on fait un bœuf». Dans cette affaire, il faut dépassionner les débats et prendre la distance requise. Il ne s’est passé rien d’autre qu’un incident de vestiaire comme il s’en passe des dizaines voire des centaines chaque saison dans plusieurs villes et plusieurs clubs. J’étais évidemment là pour m’en rendre compte directement et je n’ai pas besoin de témoignages de qui que ce soit. Même le mot altercation me parait très fort. Cela relève plus de l’invention que d’une réalité.
Il y avait d’un côté un joueur qui n’était pas très heureux de sortir à la mi-temps et un entraîneur qui doit prendre ses décisions et assumer ses responsabilités. Quelques mots ont effectivement été échangés. Cela a valu à certains d’en faire un fromage mais il n’y a pas lieu. Toutefois, nous n’avons pas approuvé l’attitude du joueur puisque tous les membres de l’effectif doivent donner un maximum de respect à l’entraîneur. Cela ne nous a pas paru être le cas nous en avons pris acte. 

Karim Ziani n’était pas à l’entraînement jeudi, sera-t-il dans le groupe pour le match contre Sochaux ?
Non. Dans cette affaire, nous avons un comité directeur constitué de la direction sportive et administrative, chargé de traiter ce genre d’incident lorsqu’il survient. J’ai chargé ce comité de mettre en oeuvre une procédure disciplinaire à l’encontre de Karim et de le recevoir afin d’entendre ses explications. En attendant, le joueur est mis à pied à titre conservatoire. En effet, il y a une discipline collective à laquelle chacun doit être astreint dans le groupe, Karim comme un autre. Son écart de comportement est suffisamment important pour justifier une procédure disciplinaire.

Propos recueillis par Emmanuel Jean

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