WELKOM IN REKEM (2/2)
E. GERETS : «JE SUIS EXIGEANT, MAIS PAS UN TYRAN»

11/06/08 - Rencontre

OMtv s’est rendu chez Eric Gerets à Rekem, sa ville natale en Belgique. L’entraîneur olympien s’est confié sur son pays, son image, la France, ses relations avec son groupe…

Rekem, petite ville du nord-est de la Belgique nous a accueillis l’espace d’une journée. Notre guide un peu particulier, Eric Gerets qui y est né il y a 54 ans, nous a fait découvrir ses lieux clefs de cette cité : la maison où il a grandi, sa maison, la ferme qu’il rénove depuis plusieurs mois, le stade où il a fait ses débuts… Au cours de ces différentes étapes, l’entraîneur belge de l’OM s’est livré sur sa vie, sa famille, son métier, ses passions (pour le vélo notamment)… Derrière cette façade d’entraîneur dur, nous avons découvert un homme simple, attachant et attaché à des valeurs essentielles.

La Belgique
Les gens se rappellent plus de ma carrière de joueur car elle a été belle, en Belgique notamment. On me respecte comme entraîneur en Belgique et en France mais j’ai eu plus de possibilités de me montrer en tant que joueur.
En Turquie, les médias belges me suivaient beaucoup moins alors que depuis que je suis en France, il y a, en début de semaine, des articles sur comment s’est passé mon week-end. On suit plus le football français.
Je ne reviens pas souvent en Belgique, une fois tous les 3 ou 4 mois. Je reviens pour travailler dans ma ferme que je rénove et pour voir des amis.

Les Diables Rouges
Tout le monde attend que je reprenne l’équipe nationale, j’ai vécu tellement de bons moments avec ce maillot… D’un côté c’est un risque car si ça marche tout le monde dira que c’est normal mais si ça ne marche pas, je vais mal terminer ma carrière mais d’un autre côté, c’est un honneur également. Il ne faut pas faire de plans sur les prochaines années car cela change très vite.

Sa famille
Pour moi, c’est le plus important. Ma sœur est comme ma mère, j’ai ce genre de rapport avec mes deux sœurs.

La vie en France
Je me promène tranquillement à Aix-en-Provence. Il n’y a pas beaucoup de différences avec ici. Les gens me saluent et il n’y a pas de problème. Ce serait grave si personne ne me connaissait (rires).
La vie est belle, il fait beau et on mange bien. Je me verrais bien y retourner de temps en temps après ma carrière. Je crois que je vais ramener mon vélo car il y a beaucoup de chemins autour de Fuveau.

Des vacances studieuses
Avant de partir, on a fait une liste avec José (Anigo). On est rapidement tombés d’accord, on verra ce qui pourra se faire. Les batteries sont bien chargées mais elles ne sont pas encore pleines.

Sa relation avec les joueurs
Je veux être proche d’eux pour les défendre mais ils doivent faire leur travail. Du moment que le travail est fait, il n’y a pas de problème. J’ai la responsabilité de fournir un jeu plaisant pour les 60000 spectateurs du stade. Jouer devant autant de personnes est un rêve. Pour cette saison, mes joueurs ont plutôt bien fait leur travail mais il faudra s’améliorer pour la suivante.

Son image
Je ne peux pas choisir l’image qu’ont les gens par rapport à moi. Ce n’est pas si mal si l’on écrit que je suis dur, cela fait réfléchir les joueurs au début. On connaît ma méthode, évidemment, il y a certaines exigences, de la discipline sur et en dehors du terrain, mais pour le reste je ne suis pas un tyran. Je suis toujours prêt à discuter avec mes joueurs.
Je suis exigeant, je veux que chacun fasse son travail, que les consignes soient respectées. Mais sinon il y a aussi du temps pour boire une petite bière.

Ses implications caritatives
Je fais ce genre de choses pour des gens qui ont moins de chance que moi mais je le fais de manière privée pas pour faire de la publicité autour de mon nom.
Lorsque l’on a rencontré des enfants malades à La Timone, cela a été très fort. Tu te rends compte que tu as de la chance d’être en bonne santé et tu vois aussi dans leur regard qu’ils oublient leurs problèmes pendant ce court instant. Dans cet hôpital, il y avait une jeune fille qui ne se levait plus depuis plusieurs mois et quand elle a entendu dire que les joueurs de l’OM allaient venir, elle a fait les efforts pour aller dans un fauteuil roulant.

F.R.
Source : Y. Parienti (Photos)

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