L'OM se prépare à défier Bordeaux ce soir en finale de la Coupe de la Ligue (20h50). Tandis que tout un peuple converge vers Saint-Denis et rêve de ramener son premier trophée à Marseille depuis 17 ans.
Quelques pas vers la tribune. Un escalier. Une attente. Et un long cri tandis que les écrans géants reproduisent l’image de Mamadou Niang soulevant le trophée en direction du virage sud du Stade de France, et que des serpentins dorés embellissent les photos.
C’est pour vivre ces 30 secondes historiques que 25 000 Marseillais sont actuellement dans des bus, dans des trains, dans des voitures et convergent vers Saint-Denis. Et que des milliers d’autres les rejoindront sur place, peinturlurant l’enceinte en bleu et blanc. Egayant un coin qui en a bien besoin.
Tous n’ont qu’une hâte. Pouvoir s’exclamer : « Enfin ! ». Le sentiment de manque est fort, présent. Il décuple l’importance de la soirée. Et il s’agit même d’inconnue pour toute une génération de supporters qui n’ont jamais vu l’OM gagner.
En attendant leurs convois, en attendant une fin d’après-midi colorée de bleu, de blanc et un peu de marine, il règne un calme (olympien) rue Jules Rimet.
Tout juste le lointain bruit du périphérique et quelques promeneurs du week-end autour de l’enceinte intègre la soucoupe SDF dans un cadre urbain.
Hier, la même douce tranquillité présidait. Malgré la proximité du rendez-vous, malgré l’enjeu, le rituel parfois un peu forcé de l’exercice de la conférence de presse, et l’agacement d’un trajet rallongé à 1h15 entre Clairefontaine et Saint-Denis du fait des bouchons parisiens, nul ne semblait écrasé par la pression. Dans le petit jeu du chat et de la souris entre les journalistes et Didier Deschamps, ce dernier a expulsé aisément tout poids du passé : « On nous en parle beaucoup. C'est une anomalie. Mais ce qui m’intéresse c’est de vivre l’instant présent ».
Pour ceux qui ont déjà le vécu d’une finale (ils sont 11 côté phocéen), l’approche est peut-être plus simple que pour les autres. A ceux-là d’écouter les « anciens ». De profiter de leurs expériences pour construire la leur.
Le compte à rebours
Vendredi soir, alors qu’on observait depuis le bord de la pelouse le groupe bordelais puis celui de l’OM répéter les gammes, et que seul le bruit des ballons venait dissiper notre attention, on en venait à se dire que la clé de la partie se situait précisément dans l’approche psychologique de cet événement. Plus que dans les qualités des uns et des autres. Les deux matches de cette saison (0-0, et 1-1) ayant démontré que les Marseillais n’avaient vraiment rien à envier à leurs adversaires.
En allant à rebrousse-poil de tout ce qu’on entend ici ou là, on a envie de dire que ces 17 années peuvent être plus une force qu’un fardeau. Elles pèsent, mais elles aiguisent aussi drôlement l’appétit. Et cette faim-là peut tout aussi bien, voire plus encore, faire la différence au bénéfice des Olympiens.
Car peut-on en dire autant de Bordeaux ? Victorieux trois fois (dont l’an passé) et à trois jours d’un quart de finale de la Ligue des Champions, les Girondins ont-ils inconsciemment laissé Lyon perturber leur préparation ? Et Laurent Blanc, après avoir affirmé devant la presse ne faire « aucune priorité » entre les deux matches à venir, va-t-il s’en tenir à ce discours ou bien est-il plus coquin ?
Avant l’effervescence, il y a donc des questions. Et l’impatience d’avoir des réponses. Sur ce site et dans les têtes, le compte à rebours fait son office. Sa mécanique agit sévèrement sur les plus passionnés d’entre nous.
Bientôt, il ne restera plus qu’une heure. Bientôt les Olympiens pénètreront sur le terrain, à l’échauffement, et le stade chantera. Bientôt, on saura si la légende de l’OM s’enrichit à nouveau…



























































