Eric Gerets prévient. «Après la prestation collective réalisée face à Lyon, on ne peut plus se permettre de faire un match à moitié». Elargissant le sujet au-delà du cadre de la fin de saison, il estime que, pour améliorer le rendement, exemple doit être pris sur le football anglais.
Le message d’Eric Gerets est clair comme de l’eau de roche. La performance réussie contre Lyon est un repère. « Après la prestation collective qu’on a faite on ne peut plus se permettre de faire un match à moitié. Ils ont montré qu’ils savent le faire. Maintenant, j’exige que dans les quelques matches qui nous restent on ait le même comportement. Le contraire serait inadmissible. Je serai extrêmement sévère autrement ».
Et l’entraîneur de poursuivre en prenant en exemple le football anglais, et sa régularité dans la performance, l’engagement et l’implication.
« Il suffit de regarder Liverpool-Arsenal en Champions League. J’aurais pu continuer à regarder ce match pendant encore trois heures. Tu te régales. Tu te dis comment est-ce possible de jouer un football aussi joli, aussi physique sans faire des fautes graves au point de justifier des cartons rouges… C’est une promotion pour le football. En voyant un match pareil, j’ai le droit d’être plus exigeant ».
Le constat de l’entraîneur phocéen ne souffre d’aucune contestation. Pas même son jugement sur le retard accusé par le football français en la matière : « En France on a un retard sur le plan mental de temps en temps, sur le physique de temps en temps aussi. Et je crois que si tout le monde, entraîneurs, staff médical, préparateurs, joueurs, s’investit un peu plus, c’est possible de raccourcir un peu ce retard ».
« Personne ne va me raconter qu’on n’est pas capable de changer notre mentalité ici en France »
Eric Gerets ne s’est pas arrêté à ce simple vœu. Il a développé sa pensée en évoquant « une question d’état d’esprit, de culture du football. Ce n’est pas normal que les Français qui partent jouer en Angleterre s’adaptent, jouent le même football physique que les Anglais, font les mêmes distances, etc… C’est la même chose pour un Dick Kuyt qui était un bon joueur en Hollande, mais pas un joueur de classe mondiale, et qui aujourd’hui a une grande importance à Liverpool. C’est quelque chose d’incroyable.
Personne ne va me raconter qu’on n’est pas capable de changer notre mentalité ici en France, et qu’on ne peut pas arriver à avoir sur le terrain une équipe mentalement et physiquement plus forte, avec une bonne préparation et des bonnes méthodes ».
Surtout que comme le technicien olympien le souligne, « à Marseille on a un avantage énorme. Marseille respire le foot, tout le monde en parle. Moi j’aime bien le cyclisme, j’aimerais en parler mais on s’en fout à Marseille (rires). Il faut en profiter ».
Le technicien olympien révèle son intention de se « faire entourer par des spécialistes de l’université qui vont me dire quelle est la meilleure préparation pour avoir des joueurs à leur top quand le championnat commencera.
J’ai mon passé comme entraîneur et comme joueur pour préparer une équipe physiquement mais les méthodes ont changé. Beaucoup de gens s’adressent à des universités, il y a des études qui ont été faites pour être encore plus professionnels ».
« Je veux des gens qui veulent mourir et tout sacrifier pour être champions la saison prochaine »
« Je suis à 90% content et heureux », reconnaît-il. « Mais sur les 10% qui restent, c’est mon devoir de chercher un meilleur rendement la saison prochaine. C’est pour cela qu’on me paye mon salaire.
(…) On n’a pas eu beaucoup de matches où on a échoué sur le plan mental, mais il y en a eu. Des rencontres où il a manqué cet esprit à l’anglaise, ou comme les mousquetaires « un pour tous, tous pour un ». Tu ne gagnes pas un championnat sans être top dans tous les domaines.
J’aimerais bien être champion avec l’OM. Il n’y a rien de plus beau que d’être la meilleure équipe de ton pays, à la fin de la saison. Je veux des gens qui veulent mourir et tout sacrifier pour être champions la saison prochaine ».
Et Eric Gerets de conclure : « Il y a encore beaucoup de choses à faire dans le football français. On peut dire qu’il y a plus d’argent en Angleterre, avec les droits tv notamment. Ils arrivent à acheter les meilleurs joueurs. Mais moi je dirais qu’il faut d’abord commencer nous à changer les choses que l’on peut, pour être plus forts. On verra bien après ».


















