Apprendre pour grandir

10 nov 2014
Par 
Karim Haddouche, à Paris
Photos © 
Yannick Parienti /OM.net 2014
L’OM a présenté du beau jeu mais a perdu, comme à Lyon, chez un candidat au titre. Quels enseignements tirer de ce nouvel échec ? Tentative d’explication…

Dans les colonnes d’un quotidien parisien, Rod Fanni déclarait avant la rencontre face au PSG : «Il y a la place». Le défenseur martégal avait vu juste. Moins fringant, moins dominateur que les saisons précédentes, le champion de France en titre ne dégage pas la puissance qui a fait sa force lors du précédent exercice. Oui, ce PSG semblait largement prenable, lors de ce premier acte du clasico 2014-15. La marche ne paraissait pas si haute. Pourtant, l’OM n’a pas été en mesure de la grimper.¿
La faute à qui ? La faute à quoi ? Le manque de réalisme. Ce dernier a une nouvelle fois fui les protégés de Marcelo Bielsa, comme il les a fuis à Lyon et Rennes récemment. Cette même efficacité, qui a accompagné les joueurs de l’OM aux mois d’août, septembre et octobre, en faisant la meilleure attaque de Ligue 1, les aurait-elle abandonnés ?
On ne peut pas reprocher à André-Pierre Gignac d’avoir placé sa reprise de la tête sur la barre à la suite d’un corner en tout début de match. Nul ne sait quelle aurait été l’issue de la rencontre si ce ballon avait trouvé le chemin des filets. Dans ce type de rencontre, le premier à marquer l’emporte souvent. L’ascendant tactique et psychologique généré par l’ouverture du score est souvent déterminant. ¿On ne peut pas non plus en vouloir à Romain Alessandrini d’avoir flirté avec le poteau sur une superbe reprise du gauche et d’avoir poussé Sirigu à la parade sur une non moins magnifique frappe.
A l’inverse, on reprochera à Dimitri Payet de ne pas avoir tenté sa chance du gauche alors que le but lui semblait ouvert en fin de première période ou à APG d’avoir oublié Alessandrini, seul à l’entrée de la surface, après avoir chipé le ballon à David Luiz, en seconde.¿
Il est légitime également d’en vouloir à Benjamin Mendy de ne pas avoir été plus tranchant sur son intervention défensive face à Lucas : elle coûte l’ouverture du score. Les grands matches se jouent souvent sur des détails. Le «classique» n’a pas dérogé à la règle.¿
On en veut forcément à Clément Turpin d’avoir dégainé aussi vite son carton rouge à l’attention de Giannelli Imbula avant même de s’enquérir de l’état de Yohan Cabaye. Ce fait de jeu, à cet instant de la partie, condamnait les Olympiens et confortait un peu plus des Parisiens galvanisés par l’entrée en jeu de leur géant suédois, Zlatan Ibrahimovic. Une double peine en somme pour l’OM et un troisième joueur expulsé en autant de rencontres.

Faut-il se cacher derrière cette excuse pour justifier ou tout du moins tenter d’expliquer la défaite de l’OM ? Non, loin s’en faut. «L’OM ne peut s’en prendre qu’à lui-même» a résumé, un brin philosophe, mais ô combien lucide, l’expérimenté Rod Fanni, après la partie, dans les coursives du Parc des Princes. L’OM a eu les occasions, les actions, les situations pour l’emporter. Il n’a pas su en profiter comme à Gerland deux semaines auparavant. Résultat, il repart bredouille. Encore. ¿
Les matches face à Lyon et Paris se ressemblent à s’y méprendre. Les Bleu et Blanc ont dominé ces deux rencontres mais n’en n’ont remporté aucune. Faire du beau jeu c’est bien. Remporter les confrontations directes face à des concurrents pour le titre aura son importance.¿ Doit-on alors sacrifier l’esthétisme du football sur l’autel du simple résultat ? Probablement pas. Le premier ne garantit pas toujours l’obtention du second mais y contribue fortement.
Il y a à l’évidence des leçons à tirer de ce revers face à Paris. Des enseignements à tirer de cette défaite, de chaque défaite. On apprend plus de ces dernières que des victoires. Puisse celle-ci servir aux Olympiens pour leur permettre d’apprendre, gagner en expérience, en maturité pour s’aguerrir, grandir et un jour conquérir.
L’OM de Marcelo Bielsa a quinze jours devant lui pour plancher sur le sujet, sans ses internationaux. ¿Une double épreuve de taille attend le leader olympien, toujours premier de la classe, avec les réceptions consécutives de Bordeaux et Nantes au stade Vélodrome. Deux autres candidats aux places européennes…

Clasico

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