«Rennes dégage une vraie solidarité»

18 sep 2014
Par 
Sébastien Pietri
Photos © 
Yannick Parienti / OM.net 2014
Avant chaque rendez-vous de Ligue 1, Jean-Charles De Bono, consultant pour OM Medias, analyse le jeu de l’adversaire de l’OM. Zoom sur le Stade Rennais.

Quel est le système de jeu de cette équipe de Rennes ?
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Son fonctionnement est beaucoup plus intéressant que la saison dernière. Philippe Montanier a mis en place un 4-3-3. Le bloc est très attentiste et prend son adversaire en contre-attaque. Rappelons un fait : Philippe Montanier a été élu meilleur entraîneur de Ligue 2 en 2008-09 avec Boulogne, mais encore meilleur entraîneur de Liga avec la Real Sociedad en 2012-13. Dans le jeu, l’équipe aime bien repartir au sol de son gardien Costil. Le  jeu passe souvent par les latéraux et le but est de vite chercher la vitesse de Ntep et Toivonen dans la profondeur. Cette équipe attaque et défend en bloc avec une vraie solidarité entre les lignes. »

Rennes est souvent connu pour avoir une assise défensive solide. Est-ce encore le cas cette année ?
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La défense semble avoir trouvé ses marques malgré déjà 5 buts encaissés. Il y a Benoit Costil : il enchaîne sa 4e année avec le stade Rennais et il a emmagasiné un maximum d’expérience. Il se montre rassurant depuis le dé but de saison par ses prises de balle, ses arrêts reflexes et il excelle dans les sorties aériennes. Un match caractérise ses performances : celui à Caen ou il réalise des arrêts de grandes classe et il permet à son équipe de s’imposer.
« Devant lui, Rennes a recruté Mexer un défenseur central de la Mozambique.  Il arrive du championnat portugais le Nacional Madeira ou il est souvent cité parmi les 3 meilleurs défenseur du championnat du Portugal. Il a 26 ans, mesure 1,81 m et il a déjà 2 buts à son actif. Il compte encore 10 sélections à son compteur. Il se caractérise comme un joueur rugueux, très rapide avec un très bon jeu de tête. Il a une relance propre. Son modèle dans le jeu reste Thiago Silva.»

Le milieu de terrain est-il un maillon important dans le système de Philippe Montanier ?
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Oui. Du haut de ses 21 ans, Abdoulaye Doucouré, international espoir, a beaucoup d’aisance dans le jeu, il est très rapide, très technique balle au pied, il voit très vite le jeu. Il limite ses contacts avec le ballon, joue souvent à une touche de balle et se montre très disponible pour ses partenaires. Son activité sans ballon est aussi importante. Il est l’un des points forts du système Montanier. Pour rappel, on se souvient de son but au stade Vélodrome la saison dernière, scellant le succès rennais.»

L’attaque de Rennes sera-t-elle encore plus efficace que la saison dernière ?
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Rennes a inscrit 47 buts la saison dernière dont 7 par l’attaquant suédois Ola Toivonen, en seulement 15 matchs disputés. Ce joueur arrivé, lors du mercato d’hiver du PSV Eindhoven, où il a inscrit 78 buts en 199 matchs disputés, s’est vite intégré dans sa nouvelle équipe. C’est un joueur polyvalent sur le flanc de l’attaque, il est très technique, il est capable de décrocher et possède une très bonne frappe de balle. Il mesure 1,89 m et son jeu de tête est un véritable atout. Comme tout Suédois, il n’hésite pas à être très rugueux dans son jeu mais possède surtout un très bon sens du placement. Il peut jouer aussi dos au bout, il mobilise souvent les deux centraux adverses et reste surtout très efficace devant le but. Cette saison  il en est déjà à trois réalisations. Attention à sa possible association avec l’ancien auxerrois Georges Ntep, lui aussi auteur de trois buts : par sa vitesse et son réalisme, il peut poser des problèmes à n’importe quelle défense.»

Philippe Montanier peut-il avoir  cette saison des résultats aussi bons que ceux obtenus avec la Real Sociedad ?
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La saison passée, il n’avait pas forcément eu tous les joueurs espérés. Cette année, cela semble le cas. Ma première impression sur cette équipe est qu’elle produit le beau jeu que prône cet entraîneur. Philippe Montanier semble avoir trouvé le bon équilibre dans son équipe. Le jeu au sol, avec répétition de passes, reste sa marque de fabrique. Aujourd’hui, la fluidité dans le jeu breton semble lui donner raison. Je terminerai en disant qu’il se dégage une vraie solidarité à la perte du ballon avec un gros pressing de récupération. Devant, ils sont capables de vite jaillir à trois ou quatre pour faire la différence.»