Amoros et Mozer, des hOMmes d’influence…

15 aoû 2014
Par 
Thierry Agnello
Photos © 
OM.net 2014
Manuel Amoros et Carlos Mozer symbolisent merveilleusement bien les années Tapie (86 à 94). Epoque de strasses et de paillettes, de vedettes, de stars mondiales et de domination suprême.

Il y a plus de vingt ans, quand un soir de printemps 91, Chris Waddle eût le bon goût de pousser l’AC Milan vers la sortie, une immense clameur monta du Sud. Le plus beau combat de l’OM en Coupe d’Europe. Le chant des Marseillais annonçait à l’Europe que le roi (AC Milan) était mort et qu’il fallait désormais compter avec les « Olympiens »… Parmi ces héros temps modernes, le Gardois Amoros et le Brésilien Mozer.
Un arrière au fabuleux destin. Manuel Amoros aurait pu écrire l’un des plus beaux livres du football français. Mais il a toujours privilégié la discrétion. Homme tranquille, presque taiseux ce Gardois de naissance (Lunel, 1962) semblait bien accroché à son Rocher monégasque (1977 à 1989). Il y détenait d’ailleurs le record de France du plus long contrat jamais signé : neuf ans. Autant dire, une carrière… Mais c’était sans compter sur la boulimie de Bernard Tapie à acquérir ce qui se faisait de mieux à chaque poste. Et en défense, à droite comme à gauche, Manuel Amoros à l’évidence, c’était la crème de la crème. Justement celle qui avait explosé aux yeux du monde en 1982, lors du Mondial espagnol. Celle qui s’imposait comme il (Manuel) s’imposait lui-même en 1984 (Euro) et en 1986 au Mexique : meilleur joueur de la Coupe du Monde avec, excusez-moi du peu, Diego Armando Maradona. Ou vice versa. La régularité mêlée à l’expérience. Tout est dit. Un cocktail irrésistible pour Tapie… Le genre de joueur qui te fait gagner une Coupe d’Europe, rodés aux coups durs et aux joutes les plus compliquées.
Cet amateur de bons vins et de corridas savait tout faire. Défendre bien évidemment, mais aussi attaquer. Et marquer. De nos jours, on l’aborde souvent pour lui rappeler le pénalty raté de Bari en finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions ou le coup de boule envoyé au Danois Jesper Olsen, à l’Euro 84. C’est un peu bref pour résumer son immense carrière.
Avec 522 matchs de Ligue 1 -- dont 108 avec l’OM de 1989 à 1993 --, celui qui est considéré encore aujourd’hui comme LE plus grand défenseur latéral du football français, présente bien mieux comme bilan. Il compte par exemple 82 sélections chez les Bleus, un record longtemps défendu (battu par Didier Deschamps, le 31 mars 1999). 6 titres de champion de France (82, 88 AS Monaco, 90, 91, 92 et 93 OM), 1 Ligue des Champions (93), composent en partie, un palmarès long comme le bras…
Avant de revenir à Marseille (1995/96) boucler la boucle, il fait un détour par Lyon (1993 à 1995) dont il est le capitaine et le guide d’une jeune génération prometteuse (Maurice, NGotty, etc.). Discrètement, il s’est effacé. Sans faire de bruit, après plus de vingt de bons et loyaux services. Il est comme ça, Manu…

L’OM de Rio…

La carrière de Carlos Mozer est l’itinéraire d’un enfant de la balle. Car c’est dans les rues de Rio qu’il est devenu ce qu’il fut. L’un des plus grands défenseurs centraux de la planète. En 1980, il est titulaire à Flamengo et remporte trois fois le championnat, une Copa Libertadores et le Mondial des Clubs à Tokyo. Engagé par Benfica, l’un des grands d’Europe à ce moment-là (1987), Carlos Mozer impressionne l’Europe du football. Après Paulo Cesar et Jaïrzinho, la France et Marseille s’apprêtent à découvrir une autre facette du football carioca. Car avec ce Brésilien, l’OM contractait une assurance tous risques. Il devenait tout de suite la tour de contrôle de la défense olympienne à l’étanchéité d’un coffre-fort et à la dureté du diamant. Avec son sourire à la… Fernandel, il a fait la conquête de Marseille. Personne n’a oublié son sens de l’anticipation et du placement. Un goût prononcé pour l’offensive et une maîtrise tactique de premier ordre, sont aussi parmi ses qualités. Carlos, ses coups de boules, ses envolées inoubliables, la rudesse de ses interventions… ont fait du Stade Vélodrome, une enceinte imprenable.

LE PALMARES DE MANU AMOROS A L’OM

Né le 1er février 1962 à Lunel (Hérault)
171 matches
2 buts

1990 : champion de France
1991 : champion de France, finaliste de la coupe de France, finaliste de la Coupe de clubs Champions
1992 : champion de France
1993 : champion de France, vainqueur de la Ligue des champions
1996 : vice-champion de France de D2

LE PALMARES DE CARLOS MOZER A L’OM

Né le 19 septembre 1960 à Rio de Janeiro (Brésil)
118 matches
6 buts

1990 : champion de France
1991 : champion de France, finaliste de la coupe de France, finaliste de la coupe des clubs champions
1992 : champion de France

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