Samad : sur les traces d'un lionceau

10 sep 2013 Par 
Karim Haddouche
Photos © 
K.H. 2013
Rencontre avec Mohammadou Abdoul Samad, jeune stagiaire camerounais du centre de formation. Un joueur déjà doté d’un beau parcours international , bien décidé à progresser avec l’OM.

Ne vous fiez pas à son visage juvénile. Du haut de ses 18 ans, "Samad", comme on l’appelle au Cameroun, présente déjà une belle carte de visite. "J’ai commencé à jouer très tôt. A l’âge de 5-6 ans dans le quartier. Très vite, j’ai intégré un centre de formation de Yaoundé, le Real d’OR. Là, j’ai été repéré par des personnes. Elles m'ont encouragé à poursuivre sur ma lancée. Ils ont décelé du talent en moi."
Très vite, les choses s’accélèrent pour Mohammadou Abdoul Samad. Il intègre la sélection nationale en cadets dès 2010. Dès ses premiers matches, il s’impose comme le buteur de l’équipe. Mais ses bonnes prestations ne permettront pas à la sélection de se qualifier pour la CAN. Pas de quoi freiner la progression du "lionceau" : il incorpore le club de la "Renaissance" en Première Division. "J’étais l’un des plus jeunes joueurs à évoluer à ce niveau. Voir des jeunes joueurs  jouer en Première Division est un fait très rare au Cameroun. Ça m’a néanmoins permis de franchir un cap. J’ai ainsi été retenu en sélection nationale juniors." Quelques problèmes de cheville plus tard, Samad débarque à l’AS International Football Club Académie.
Les premiers contacts avec l’OM remontent à cette période. "J’ai été supervisé pendant près de deux ans. José Anigo en personne est souvent venu voir les jeunes.  Jean-Philippe Durand également. Il vient constamment nous voir. Il échange énormément avec nous. Il nous conseille, nous encourage à travailler toujours plus".
A l’été 2013, Mohammadou débarque à enfin à Marseille. "Bien évidemment, c’est dur de partir de chez soi. Mais c’est l’un des passages obligatoires pour espérer pouvoir passer pro un jour." Conscient du cap qui lui reste à franchir pour réaliser son rêve, Samad avance étape par étape, mise sur le travail, sans bouder son plaisir d’avoir intégré le centre de formation de l’Olympique de Marseille. "Ici, la préparation physique est plus intense, la charge de travail plus élevée. Au début, ce n’est pas évident, mais, petit à petit, je commence à m’y habituer. Je suis très bien intégré. Je m’entends bien avec tout le monde. Je travaille, on verra après."
Pour l'heure, les faits lui donnent raison. Buteur en amical face à Consolat avec la CFA2, il a également trouvé le chemin des filets avec les U19 toujours en amical face à Lattes.

Nicolas N'Koulou: "Une référence au pays..."

Petit gabarit, Samad aime se déplacer sur tout le front de l’attaque. "Je n’ai pas véritablement de poste de prédilection. J’ai été amené à jouer à gauche, à droite, dans l’axe, en soutien de l’attaquant. Peu m’importe. Au Cameroun, on m’utilisait beaucoup à gauche. On utilisait ma vitesse, on me demandait de déborder, de centrer. Mais également de rentrer et frapper. J’espère juste pouvoir mettre mes qualités au service de l’OM."
Un club où de nombreux joueurs africains, Camerounais pour certains d’entre eux, ont brillé. Salomon Olembe, Modeste M’Bami, Stéphane M’Bia et… Nicolas N’Koulou. "Nicolas N’Koulou est une référence au pays. Il est un exemple pour nous autres jeunes Camerounais. C’est un très grand joueur. En arrivant à Marseille, je me suis également rendu compte qu’il était tout aussi apprécié ici. Il jouit d’une très belle image". De quoi inspirer le jeune Samad, aujourd’hui international en moins de 20 pour marcher un jour sur les traces du Lion indomptable. "A moi de travailler dur, rester calme et garder la tête sur les épaules". Ses mots résonnent comme des leçons de vie. Ses valeurs ne sont pas sans rappeler Nicolas N’Koulou…