La France du beach en reconquête

19 juin 2012 Par 
Laurent Nobles
Photos © 
R. Poulain et Equipe de France 2012
Né à Marseille il y a 36 ans, Stéphane François est à la tête de l’équipe de France de beach soccer depuis janvier 2011. A deux jours du rassemblement à Aix-en Provence pour préparer les qualifications du Mondial, il est ambitieux pour son équipe, en quête de confiance et d’exploits.

En août dernier, soit sept mois après sa désignation comme sélectionneur de l'équipe nationale de beach soccer, Stéphane François a réussi un premier pari : faire remonter la France parmi le top 8 européen à l'issue de la campagne menée à Moscou. Une ville que les Bleus retrouveront du 1er au 8 juillet pour les qualifications du Mondial 2013. Le successeur d'Eric Cantona à la tête de la sélection a les yeux rivés sur ce rendez-vous, avec une forte envie d’être présent, en 2013 à Tahiti. «Cela fait déjà deux Coupes du monde que l'on rate (2009 et 2011, ndlr) et quand on en a jouées, on sait la reconnaissance, notamment médiatique, que cela représente. Et, pour la moitié du groupe, plus âgée, c'est peut-être la dernière chance».

Le joueur-entraîneur, actuellement en phase de rééducation après une rupture ligamentaire du genou en Coupe d'Italie, espère mener les opérations depuis le terrain. Les Bleus devront en tout cas être fin prêts face à l'Estonie, la Roumanie et la République Tchèque, leurs adversaires en poule. «Cette compétition arrive un peu vite, j'aurais préféré la disputer après la deuxième étape de l'Euro Beach Soccer League, qui aura lieu à Berlin. Sur les vingt-quatre nations engagées aux éliminatoires, seules quatre seront qualifiées, et la Russie et le Portugal sont intouchables à l'heure actuelle».
Deux nations que la France a affrontées, début juin, lors de la première étape de l'Euro, en Italie. Une compétition conclue par trois défaites et par la confirmation que la France, championne du monde en 2005, se cherche encore. «C'est dur en un an et demi de rebâtir l’équipe, on est en reconstruction. En face, la Russie, l'Italie, l'Espagne ou le Portugal sont composés, à 80%, de joueurs évoluant ensemble depuis des années».

Pour combler le déficit d'automatismes, le sélectionneur a organisé plusieurs stages de préparation. Comme celui qui aura lieu au CREPS d'Aix-en-Provence, pendant une semaine à partir de ce vendredi. «On va travailler les combinaisons, comme sur les engagements et les coups de pied arrêtés, car c'est la répétition qui entraîne la performance». De la tactique certes, mais de la préparation physique aussi. «Lors de nos derniers matches, on tenait le premier tiers-temps, puis on déclinait, comme contre l'Espagne, où on menait 4-1».

Stéphane François compte sur l’expérience de Didier Samoun, Jérémy Basquaise ou Jean-Marc Edouard pour «expliquer les rouages de ce sport aux plus jeunes qui peuvent perdre leurs moyens devant le public, l’hymne». Le coach compte aussi sur «la personnalité de Mickaël Pagis, qui apporte avant, pendant et après les matches».

L’ex-Olympien (de 2005 à 2007), capitaine, est un amoureux du beau jeu. «Mais, le beau geste doit venir naturellement», répond Stéphane François, pas peu fier des six buts marqués aux Russes par ses joueurs. «Je reste dans ce que m’a inculqué Eric Cantona. On doit aller chercher ces équipes défensives qui préfèrent gagner 1-0 plutôt que 8-7, en trouvant un juste milieu».

Entouré de Joël Cantona, manager, Stéphane François est heureux que ses joueurs aient adhéré à sa philosophie offensive et à son discours. Aux Bleus, désormais, de se rappeler aux bons souvenirs de leur sélectionneur, sur le toit du monde il y a sept ans.