«Le cas de Lucho peut avoir des conséquences importantes» (1/2)

09 juil 2011 Par 
E.J. (photos : Y.P.)
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A l’issue du stage à Port-du-Crouesty, le coach olympien a accordé une longue interview aux médias OM. Dans cette première partie, il est question de la préparation et du mercato.

Didier, comment s’est déroulé ce stage à Port-du-Crouesty ?
Bien. On connaissait déjà les lieux car ça fait deux ans que nous venons. On a travaillé dans des conditions idéales avec des arrivées en deux groupes. C’est la période qui n’est pas très agréable pour les joueurs avec la ré-athlétisation et le foncier mais qui est indispensable pour augmenter les charges de travail ensuite. Avoir les internationaux dès lundi, c’est mieux pour travailler tous ensemble. Ca s’est bien passé dans le travail et dans l’état d’esprit entre ceux qui arrivent et ceux qui étaient déjà là. Il y a eu une bonne ambiance de travail avec de la concentration dans tout ce qui a été fait, c’est une très bonne chose.

Dans quel état les joueurs sont-ils revenus de vacances ?
Fatigués… Ils ont un programme pour les vacances, certains le font, certains le font un peu, certains le lisent et il y en a qui le jettent. Et je pense que le plus grand pourcentage ne concerne pas les deux premières catégories (rires). Mais ça va quand même. Certains ont fini plus tard, l’essentiel est de bien travailler sans aller en surcharge tout de suite car on a l’opportunité d’avoir cinq semaines avant le début du championnat. Il faut surtout qu’il n’y ait pas de pépins physiques afin que personne ne doive s’arrêter en pleine préparation. Ensuite, c’est dur de rattraper.

Ce premier stage est-il important au niveau de l’état d’esprit ?
C’est une vie de groupe et ça permet aux nouveaux de connaître un peu plus les autres. La vie de vestiaire est importante et l’avantage est que le staff technique et médical a les joueurs sous la main quasiment 24h/24 sans occupations extérieures. Ca permet de discuter et d’apprendre à se connaître. Ils n’ont pas besoin d’être tous amis mais ça permet au moins de discuter.

Comme il y a deux ans, vous avez un groupe constitué très tôt, est-ce important ?
Ceux qui devaient arriver sont arrivés. L’avantage c’est pour la préparation athlétique qui est très importante pour enchaîner les matches et augmenter la charge de travail. Il faut passer par là même si c’est dur. Et ensuite pour la vie de groupe, il faut que cette ambiance de travail se crée. Car ensuite, à la Commanderie, ils rentrent chez eux, ils reviennent et ce n’est pas pareil. La grande majorité est là. 

A quel pourcentage votre effectif est-il constitué ?
Les joueurs qu’on voulait prendre  pour remplacer ceux qui sont partis sont là, à savoir Taye et Gaby remplacés numériquement par Nicolas (Nkoulou) et Jérémy (Morel). On a aussi eu l’opportunité de prendre un joueur dans un rôle qui nous manquait l’an dernier au milieu, c'est-à-dire Alou Diarra et aussi la possibilité de prendre Morgan (Amalfitano) dans le domaine de la création. Il sortait d’une bonne saison et avait l’avantage d’être libre avec également Gennarro (Bracigliano) qui vient prendre le rôle de numéro 2. Mais tout cela n’est pas figé. La première phase a été faite vite et de manière efficace pour que je les ai au plus tôt à disposition pour travailler. On entre désormais dans une deuxième phase où on ne peut plus rien faire. A moins que les joueurs qui veulent partir trouvent une solution à l’extérieur car ils seront évidemment remplacés. Et il y a le cas de Lucho qui a des conséquences importantes sur le plan sportif mais aussi au niveau de notre économie.

Une date buttoir a été fixée au 15 juillet concernant son départ, au-delà il reste ?
J’en ai discuté assez longuement avec Vincent Labrune et on est d’accord là-dessus : il ne doit pas se passer ce qu’il s’est passé l’an dernier car ça a des conséquences importantes sur l’effectif, le positionnement et l’économie. A l’heure actuelle, il n’y a aucun problème. Si Lucho veut rester avec nous, c’est avec grand plaisir mais il est important de fixer une date. Ne serait-ce que pour mon staff et moi-même afin de savoir ce qu’on va faire mais aussi pour les joueurs car s’ils sont là, ils sont là pour la saison. Pour les autres joueurs susceptibles de partir, il y a moins d’urgence car il faut trouver des solutions. Lucho c’est un cas à part, de par son importance sportive et économique.

S’il était amené à partir, un renfort serait ciblé à quel poste ?
S’il part, ça nous laisse une marge économique et ce ne sera pas forcément du poste pour poste. Mais aujourd’hui, il est là et il n’y a pas eu d’offre le concernant, ni pour les autres d’ailleurs, sur laquelle Vincent Labrune m’a demandé de réfléchir car cette offre est intéressante économiquement.

Les recrues disent souvent que vous avez eu les mots pour les convaincre, quels sont-ils ?
Tout dépend. Ces joueurs peuvent ou non être sollicités par d’autres clubs. Mais évidemment que l’OM intéresse. Je n’embellis pas le tableau quand je leur parle mais j’évoque leur utilisation sportive malgré l’incertitude du sport ainsi que dans l’état d’esprit. J’aime bien dire les choses clairement. Ils sont toujours attirés par l’OM, après il s’agit de les persuader un peu…

D’autres joueurs peuvent être concernés par des départs, aimeriez-vous que cela se fasse vite ?
Dans l’idéal, oui, mais ce n’est pas facile de quitter l’Olympique de Marseille. Les joueurs ont des contrats et c’est surtout une question de souhaits et d’aspirations. Quand on joue peu ou pas pendant deux saisons, ça devient difficile. C’est logique, ces joueurs perdent un peu la flamme et ça a tendance à s’éteindre. Il y a besoin d’avoir de l’envie, de la détermination mais il y a une usure. Toutefois, ils ont des contrats. C’est mieux pour certains de trouver un challenge sportif où ils peuvent jouer mais ce sera très dur de trouver l’équivalent de l’OM. On va voir les discussions qu’il y aura mais je me mets aussi dans la configuration réaliste qu’ils peuvent tous rester.

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