Une saison sur courant alternatif

22 mai 2011 Par 
Laurent Oreggia (avec G.T.)
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Le palmarès de la saison entériné, c’est déjà l’heure des bilans. Pour Didier Deschamps, si l’OM n’a pu conserver son titre, c’est le fait de son manque de constance et de son entame de championnat ratée, mais ce n’est pas dû à la question des primes.

C’était la soirée des dernières. Celle de la dernière chance pour le titre, même si la question fut vite réglée depuis Paris. Celle d’une équipe à qu’il ne manquait qu’un point pour tirer sa révérence devant son public avec une qualification directe pour la Ligue des Champions en poche. Celle, aussi, d’une enceinte dans sa configuration France 98, et qui s’apprête à ressembler pendant trois ans à un chantier à ciel ouvert. Pour toutes ces raisons, le Vél’ ne demandait qu’à vibrer.

Mais l’OM, au bout d’un match laborieux, n’a pas su lui offrir d’émotions inoubliables. Aussi, chacun s’en est rentré chez lui avec un sentiment bizarre. Nonobstant la satisfaction d’un palmarès enrichi, il se mêlait une forme d’amertume. Alors qu’il y a encore peu, on sanctifiait une 3e place conquise sur le fil par un tour d’honneur endiablé.

Ce n’est pas si lointain. Mais entre temps, Deschamps et son équipe ont (re)donné goût au succès au public marseillais. Et celui-ci n’est pas prêt d’être rassasié. « On aurait pu faire mieux. On a tous des regrets. Mais je sais que les supporters ont eux-aussi conscience que si toutes les saisons ressemblent à celle-là ils seront souvent contents », pondère l’entraîneur.

« En début de saison, il y a des objectifs avoués. On en a atteint deux. Tout d’abord, la qualification directe pour la Champions League. Il y a deux places pour ça, j’aurais bien entendu préféré avoir la plus belle, la première. Mais Lille a fait un très beau championnat, régulier, et je les en félicite encore une fois. Notre 2e objectif était de nous qualifier pour les 8es de Champions League. Il est atteint aussi, même si on est passé à côté de quelque chose de plus grand encore. A côté de ça, on a réussi à gagner le Trophée des Champions, et une 2e Coupe de la Ligue ».

Le boulet des deux premiers matches

Si l’OM n’a pu rester sur le trône, c’est (au moins en partie) à cause de ses tourments à domicile. 20 points abandonnés, ce n’est pas le bilan d’un champion. Ce n’était pas celui de l’an passé (12), même si en 2008-09 l’OM aura bataillé jusqu’à la dernière journée avec Bordeaux tout en s’étant délestée de 22 points au profit de ses visiteurs.

Est-ce là le nœud du problème ? Il fait partie des regrets, mais pas au premier rang. Celui d’avoir trébuché lors de l’entame du championnat est plus fort chez l’entraîneur olympien.

« On a disputé un championnat sur 36 journées, et pas 38, avec ces deux premières défaites contre Caen et Valenciennes », chiffrait-il samedi soir sur le plateau d’OMtv. « On était dans une situation particulière, avec des départs tardifs et des arrivées tardives. Du coup les deux premiers matches je les joue avec Samassa et Gnabouyou. L’un était ce soir sur le banc de Valenciennes, et Gnabouyou, si vous retrouvez sa trace,  vous me faites signe ».

Effectivement… Mais il y avait encore ensuite foison de points à prendre et à perdre. « Après il y a eu d’autres périodes », convient-il. « On a été jusqu’à 8 points de Lille mais on est aussi revenus jusqu’à passer devant un moment. Seulement, on a manqué de constance dans notre jeu. Le seul lien commun qu’on a eu un peu trop souvent, ce sont ces largesses défensives qui nous coutent cher. On a été trop en courant alternatif sur ces dix mois de championnat. Même si on s’est accroché jusqu’au bout et qu’on a fait douter le LOSC, pour être plus performant il faut être plus rigoureux défensivement et avoir la meilleure efficacité possible ».

La question des primes

Outre l’irrégularité de l’équipe, un autre sujet a refait surface une fois que Lille était officiellement devenu la nouvelle terre d’accueil d’Hexagoal : celui des primes. Elles avaient pesé sur les finances après le titre. L’avoir dit en toute transparence aurait-il eu un impact sur le sprint final olympien cette saison ? La question a été posée en conférence de presse à Didier Deschamps.

« Chacun est libre de pouvoir commenter et s’exprimer. Après je ne pense pas que ça ait joué sur les joueurs », a-t-il tranché. « Un joueur rentre sur le terrain pour être le meilleur possible, et obtenir la meilleure place. Ça leur fait une belle jambe que ça coûte plus cher au club ou non. Ce n’est pas une source de démotivation de connaitre cette réalité économique ».

L’avenir

Nouveau maillot, retour d’Azpilicueta, palmarès entériné, la soirée de samedi ne manquait ni de signes, ni d’incitations à tourner la page 2010-11.

Et la projection sur le futur se fait déjà avec ambition. L’OM y visera la reconquête de son titre, a déjà promis Jean-Claude Dassier. Didier Deschamps ne dit pas autre chose : « A Marseille, à chaque début de saison on doit viser la première place. Après, ça se passe bien ou ça se passe mal. Mais les objectifs seront élevés. Après, il faudra connaître la feuille de route, les moyens,… pour planifier tout ça ». 2011-12 a déjà commencé.

Bilan