Mathieu Valbuena et son parcours

25 déc 2006 Par 
F.R.
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OMtv 2006
La trajectoire de ce jeune milieu de terrain originaire de Bordeaux est atypique. Meilleur joueur de National en 2005-06, il signe ensuite à l’OM et fait ses grands débuts en Ligue 1. Il est revenu sur son parcours lors de l'invité d'OMtv.

Les débuts
"J’ai intégré le centre de formation des Girondins de Bordeaux à 8 ans pour le quitter à 18 ans. J’y suis resté 10 années et j’ai fait toute ma formation aux Girondins. J’en garde de très bons souvenirs, beaucoup de complicité, j’ai entretenu de bons rapports avec des gens qui sont restés mes amis. Malgré l’échec, cela s’est bien passé.
Je pense notamment à Philippe Lucas avec qui je suis resté deux ou trois ans. C’était un très bon entraîneur, il m’a fait comprendre des choses importantes. J’ai beaucoup progressé à ses côtés.
Mon père est éducateur aux Girondins depuis 4-5 ans. Je ne l’ai jamais eu comme entraîneur mais il m’a beaucoup poussé dans le football. J’ai été mis dans le bain rapidement, dès l’âge de 2-3 ans.
Ne pas être gardé dans son club formateur, là où on vit, là où on a tous ses amis, c’est difficile moralement. J’ai retrouvé des ressources pour oublier cet échec et pour m’en sortir. Physiquement, j’étais frêle, les dirigeants des Girondins ne me voyaient pas continuer et passer professionnel. Il n’y a que par le travail que je pouvais m’en sortir.
Ensuite, j’ai joué en championnat senior, cela m’a fait relativisé l’échec de Bordeaux. J’avais le football en moi et ne pouvais pas me contenter de cela. J’aurais pu baisser les bras, j’ai douté pendant une ou deux semaines, mais il y avait des gens autour de moi qui m’ont soutenu."

Le CFA2
"Passer du milieu professionnel d’un centre de formation au monde amateur n’est pas facile. On passe d’un entraînement quotidien à trois séances par semaine. Mais j’avais besoin de cette année pour muscler mon jeu. Langon Castets est un club familial. Je faisais plus que les autres et je ne me contentais pas des trois entraînements pas semaine. Cela m’a fait oublié l’échec des Girondins de Bordeaux."

Libourne Saint-Seurin
"Je voulais franchir les étapes, une par une. Chaque année, je souhaitais progresser et franchir un niveau. Le National est un bon tremplin et c’était un challenge pour moi. Libourne, ce n’est pas loin de chez moi, c’était une bonne opportunité. Libourne est un club familial au comportement professionnel.
Ce n’est pas facile de s’imposer, j’étais « le petit jeune qui arrive de CFA2 ». A peine arrivé, Jean-Marc Furlan est remplacé par André Menault. J’ai fait quelques allers-retours entre le National et le CFA2. J’ai toujours persévéré mais la première année a été difficile.
En fin d’année, je commençais à avoir plus de temps de jeu en National, je me suis aguerri. Dans ma seconde année, Didier Tholot m’a fait entièrement confiance. Le groupe était solidaire, l’ambiance était très bonne et je me suis épanoui. Didier Tholot a amené sa touche et on est monté en Ligue 2. Il avait sa ligne de conduite qu’il a gardé jusqu’au bout et les joueurs y ont tous adhéré. Mon but était de monter en Ligue 2 avec Libourne et c’était une belle récompense pour ce club.
Chaque année, je me lançais des objectifs de but. Pour la deuxième année, je voulais atteindre les 10 buts mais je n’en ai marqué que 9 (rires). Je voulais surtout progresser dans beaucoup de domaines car je suis très exigeant avec moi-même."

L’Olympique de Marseille
"Dans ma personnalité, l’OM me convient. C’est un grand club et l’OM ne se refuse pas. J’aime la ferveur des supporters. C’est bien de signer à l’OM mais on en connaît les conséquences. Tout va très vite dans le football. Passer du National à l’OM est une grande fierté.
J’avais des offres d’autres clubs dont Bordeaux. Mais j’avais besoin de partir car je ne me voyais pas rester dans la région. Depuis le début, mon choix, c’était l’OM.
Les stages de préparation se sont bien passés, tout de suite on m’a mis à l’aise. Je suis réservé au début mais dès que je suis en confiance, je me lâche."

Le début de saison
"Avant le déplacement à Sedan, je me blesse (fracture de la malléole) à l’entraînement. C’était très dur car j’avais très envie de jouer en L1. Moralement, j’étais atteint et j’ai eu du mal à l’accepter. Mais c’était reculer pour mieux sauter. C’était la première fois que je passais sur une table d’opération suivi de deux-trois mois d’arrêt. Cela m’a endurci et je suis revenu plus fort.
Pendant ce temps, j’ai vu mes coéquipiers s’épanouir, ils ont gagné à Paris, à Auxerre, à domicile ils faisaient carton plein. J’étais très content mais j’avais envie d’y être, d’être dans les vestiaires avec eux, de partager ces moments.
Juste avant le match de Lorient où je devais peut-être faire mes premiers pas en L1, je me suis fais une petite contracture. Après une longue convalescence, cela arrive souvent. Cela a retardé mes débuts et je me suis dis que j’avais la poisse.
J’ai débuté en L1 contre Valenciennes. Cela m’a fait chaud au cœur. Sur le terrain, on se rend compte réellement de l’ambiance. C’était une grande fierté de porter les couleurs de l’OM et de jouer dans ce stade, cela faisait longtemps que j’en rêvais."

Franck Ribéry
"Il y a des similitudes dans nos parcours respectifs puisque l’on a tous les deux joué en National, d’ailleurs j’aimerais encore suivre son parcours (rires). Il faut prendre des exemples qui ont bien réussis, je prends exemple sur Franck Ribéry mais je n’aime pas trop les comparaisons.
On aime bien provoquer et percuter tous les deux. C’est flatteur de comparer mon jeu au sien."

Bilan