Bilal Boutobba : un diamant à polir

13 déc 2014
Par 
Karim Haddouche
Photos © 
Karim Haddouche, Meryll Vian, Allan Chaussard, Frédéric Rostain / OM.net 2014
Présentation de Bilal Boutobba, jeune joueur de 16 ans, appelé pour la première fois dans le groupe professionnel, par Marcelo Bielsa, pour affronter l'AS Monaco, ce dimanche à 21 heures, au stade Louis II dans le cadre de la 18e journée de Ligue 1.

Bilal Boutobba appartient à cette catégorie de joueurs nous rappelant combien on aime le football. Le plus individuel des sports collectifs où le talent d’un joueur peut à lui seul faire basculer le sort d’une rencontre sur un de ses éclairs de génie. Le jeune Boutobba est de ceux-là, de ces joueurs au talent inné, avec de l’or dans les pieds comme certains se plaisent à le dire.
Lui est à classer dans la catégorie des diamants bruts. Il reste à le polir.¿ Tout juste âgé de 16 ans, il les a eus le 29 août, ce pur gaucher, ailier de débordement, aime jouer à droite pour rentrer sur son bon pied.
Il a très vite tapé dans l’œil de Marcelo Bielsa et son adjoint Diego Reyes qui l’a fait intégrer le groupe Elite lors de l’avant-saison. Une juste récompense pour ce jeune Marseillais, pur produit de la formation olympienne, passé tour à tour entre les mains d’éducateurs du club tels que Bernard Ambrosino, Gilles Giaccotta, Benoît Galli et Thierry Rodriguez, qui lui ont permis de franchir des paliers, depuis ses 8 ans.
Bernard Ambrosino est le premier à déceler son talent. Sous sa direction, Bilal Boutobba gagne en confiance, prend conscience de ses capacités pour finalement se révéler quelques années plus tard en U15 DH où il inscrit 30 buts avec Benoît Galli.

Titulaire indiscutable en U19 Nationaux, où il évolue chaque week-end aux côtés de ses amis Maxime Lopez et Jérémie Porsan-Clemente, Bilal Boutobba s’est véritablement révélé aux yeux de l’entraîneur argentin lors d’un match face aux U19 Nationaux de Monaco, où il a donné le tournis à ses adversaires. Buteur et passeur dans cette rencontre, qui aurait pu s’imaginer à cet instant, qu’un mois plus tard, il figurerait dans le groupe professionnel amené à affronter cette même formation de l’AS Monaco, cette fois-ci en Ligue 1 ? Un sacré coup du sort. Le destin réserve parfois de belles surprises.
Il sait aussi être cruel. Cette première pour Bilal intervient seulement quelques jours après la perte de son grand-père. Lui qui a œuvré pour que le petit intègre un club et se jauge sur d’autres terrains que le bitume de la cité des Tilleuls d’où il est originaire.
Car aussi jeune soit-il, Bilal Boutobba n’oublie pas d’où il vient, ni ces quatre années durant lesquelles sa mère devait traverser la ville pour lui permettre d’assister aux entraînements.
La famille, un socle auquel Bilal est fermement ancré et dont il tire une partie de son talent précoce. Le talent se transmet dans les gênes chez les Boutobba. Son oncle Adel a porté les couleurs de l’AS Cannes mais surtout côtoyé Thierry Henry, David Trézéguet ou encore Patrick Vieira en sélection de jeunes. Bilal est bien parti pour suivre ses traces. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, il a honoré ses premières sélections en équipe de France U17 cette année.

Fan invétéré d’Arjen Robben, son style de jeu n’est pas sans rappeler celui du Néerlandais leader technique des Pays-Bas et du Bayern Munich. Joueur de percussion, rapide, toujours porté vers l’avant, fin dribbleur, doté d’une faculté d’élimination au-dessus de la moyenne, Bilal n’est pas un soliste pour autant. Il sait se mettre au service d’un collectif même s’il reconnaît devoir encore progresser dans les trente derniers mètres. Travailler au quotidien avec le groupe professionnel, comme il en a pris l’habitude depuis maintenant quelques semaines, l’aidera en ce sens. Sérieux, motivé, appliqué, à l’écoute des conseils, Bilal Boutobba vit son rêve éveillé, se remémore cette époque pas si lointaine où il voyait de sa chambre du centre de formation le bus de l’équipe professionnelle quitter le centre Robert Louis-Dreyfus en s’imaginant en être.
Aujourd’hui, il y est… conscient que le plus dur commence. Seul le travail lui permettra d’atteindre ses objectifs et connaître une trajectoire identique à celle de son modèle : Samir Nasri. Le parallèle est évident tant les deux joueurs présentent des similitudes, à commencer par le fait d’être tous deux originaires des quartiers Nord de Marseille et d’avoir suivi leur formation à l’OM. Souhaitons à Bilal la même carrière que celle du «petit prince».
Une entrée en jeu en Principauté ferait déjà de lui le plus jeune joueur de l’histoire de l’OM. Rien que ça ! Pas de quoi effrayer le principal intéressé qui répète à qui veut l’entendre qu’il n’a pas encore réussi et qu’il doit encore travailler dur s’il entend continuer à s’entraîner avec l’équipe professionnelle avant de s’y imposer un jour.