«L’AS Monaco, une vraie équipe»

25 nov 2016
Par 
Laurie Samama
Photos © 
OM.net 2016
Après avoir avoué son ennui devant les matches du Monaco de la saison dernière, Mathieu Faure, journaliste à Nice Matin, ne trouve aujourd’hui quasiment aucun défaut à l’équipe de Léonardo Jardim. Comme on dit dans le foot et comme il le dit lui-même, sur un match tout est possible, mais pour notre confrère l’OM n’est clairement pas favori.

Qu’est-ce qui peut arrêter l’AS Monaco ?
«Je ne sais pas trop (rires). Et je ne sais pas si l’OM sera capable de les arrêter même si, sur un match, tout est possible. Ils sont actuellement sur une très bonne dynamique, ils marquent beaucoup de buts, n’en prennent quasiment plus et produisent du jeu. Le match de samedi va être intéressant, ce sera un test surtout pour Rudi Garcia et l’OM. Sur le papier, Monaco est archi-favori.»

Comment expliquez-vous la réussite monégasque cette saison ?
«Ce qui est drôle c’est que l’année dernière on s’ennuyait beaucoup en regardant l’ASM. Sur les 40 matches que j’ai vus, je n’ai jamais eu plaisir à les voir jouer. Cette saison c’est tout le contraire : des buts, des actions… L’équipe a beaucoup changé : les latéraux, qui pèsent beaucoup offensivement, leur nouvelle paire d’attaque, ils ont perdu des joueurs vieillissants comme Carvalho ou Toulalan. Ils ont rajeuni l’équipe et conservé dans le même temps d’autres joueurs qui ont plus d’expérience. Ils ont aussi changé de schéma tactique en passant du 4-3-3 au 4-4-2. L’idée aujourd’hui est vraiment de se servir à fond des latéraux, d’amener beaucoup de ballons dans la surface. Il y a eu un déclic selon moi contre Villareal. Ils ont passé les deux tours de Ligue des Champions, ce qu’aucun club n’avait fait en France, ensuite ils ont battu le PSG de manière assez brillante. Il y a eu comme une prise de conscience. Ils tirent tous dans le même sens, le club s’est assaini en interne avec les départs de Luis Campos ou Claude Makelele. Ils  n’ont pas trop de blessés, tout tourne bien pour eux aujourd’hui, mais ils ont provoqué cette belle dynamique.»

Le retour de Falcao est-elle aussi l’une des raisons de cette réussite ?
«C’est difficile de voir réellement ce qu’il apporte. Ses statistiques sont très élogieuses, avec 9 buts en 11 matches, souvent sur des bouts de match comme à Lorient où il marque sur son premier ballon. Ce n’est pas un joueur qui va faire le jeu, qui est beau à voir jouer, il a besoin de ses coéquipiers. C’est un capitaine assez discret. Il revient, retrouve la sélection, il peut apporter quelque chose mais c’est surtout d’autres joueurs qui prennent vraiment de la place. Je pense notamment à Bernardo Silva, à Thomas Lemar, au duo Fabinho-Bakayoko, Kamil Glik derrière est aussi une vraie révélation, il fait peur. Les deux latéraux sont des fusées. C’est vraiment un collectif. Il y a 13 buteurs différents dans cet effectif. C’est une vraie équipe au sens premier du terme.»

L’enchaînement des matches va-t-il contraindre Leonardo Jardim à faire tourner 4 jours après la rencontre de Ligue des Champions ?
«S’il doit faire tourner, il le fera à Dijon. Mais il n’est pas très adepte du turn-over. Il a son onze type et le luxe de laisser des joueurs comme Joao ou Moutinho sur le banc. Nabil Dirar aussi, qui n’était pas là mardi pour raisons familiales. Mbappé, Carrillo et Traoré sont aussi des solutions. L’effectif de Jardim est très large. Je serais étonné de voir beaucoup de changements contre l’OM, hormis peut-être Mbappé à la place de Lemar. La défense est quasiment toujours la même, le milieu aussi. Il a des certitudes, et comme il est très pragmatique, il n’a aucune raison de changer une équipe qui marche. De plus, les joueurs ne sont pas trop fatigués. Le match de samedi est important, il se joue à domicile, c’est une affiche. Malheureusement pour l’OM, il va sûrement remettre sa «belle» équipe.»

Quelles sont les failles de cette équipe ?
«Sa défense malgré tout. Les deux latéraux sont très offensifs, ce qui laisse des espaces dans le dos. La charnière a parfois du mal à s’aligner. Ce n’est pas non plus l’assurance tous risques. En revanche, ils sont très forts sur coups de pied arrêtés. Ils marquent beaucoup de buts sur corners, sur coups francs. C’est une équipe contre laquelle il faut concrétiser la moindre occasion, car eux peuvent en mettre souvent derrière. Et ils ont, en plus, des remplaçants qui marquent aussi. Ils marquent d’ailleurs aussi pas mal dans les 10 dernières minutes. En ce moment, c’est compliqué de trouver des failles. Même s’ils n’ont pas eu de gros matches depuis un moment. Ils ont joué Nancy, sont allés à Lorient, ont reçu Montpellier… Cela va dépendre de l’OM, de leur jeu, s’ils viennent pour défendre... Les Olympiens ont eu une semaine pour travailler. C’est un bon test pour Jardim et ses joueurs, afin de voir où ils en sont face à des techniciens réputés.»

- L’ancien olympien, Benjamin Mendy, semble s’épanouir à Monaco, c’est votre sentiment ?
«Il a fait une énorme préparation. Le carton rouge reçu contre Villareal l’a un peu calmé et il s’est blessé dans la foulée. Il a eu du mal à revenir. Le déclic est arrivé contre le CSKA Moscou, face à qui il fait un match fantastique, du même acabit que sous Bielsa avec l’OM. Il a ensuite enchaîné, face à Tottenham, mardi, il a de nouveau été très bon. Je l’ai interviewé la semaine dernière pendant 45 minutes, il m’a confié garder un très bon souvenir de l’OM, il est très attaché au club, à la ville. C’est un joueur qui a besoin d’être piqué pour franchir des paliers. Son coach lui donne beaucoup de repères, c’est pour ça qu’il est bien. C’est le cas physiquement également. Ses quatre derniers matches ont été très aboutis, il est dans sa meilleure période.»

Un mot justement sur Leonardo Jardim, qui récolte aujourd’hui les fruits de son travail…
«Il y a 6 mois quand Monaco perd 6-1 à Lyon et sa 2ème place, il est à un cheveu de se faire remercier. Aujourd’hui, il est devenu l’homme fort du club, même s’il a été un peu affaibli durant l’été. Il a perdu un peu de son staff, Luis Campos aussi, qui était son bras droit. Lui n’a jamais son mot à dire sur le mercato, mais quand on vous ramène Kamil Glik, Djibril Sidibé ou Falcao, on est forcément content. Pour la première fois, il appose sa patte tactique, à savoir son 4-4-2, son jeu sur les côtés. Quand il était arrivé, il avait annoncé être un professeur du football et vouloir faire du beau jeu. Mais pendant deux ans, on s’est ennuyé. Aujourd’hui, tout ce qu’il fait fonctionne. C’est une satisfaction pour lui après avoir avalé des couleuvres pendant deux ans, que tout le monde le félicite d’avoir la meilleure attaque d’Europe.» 

Le 11 de départ de Monaco d'après Mathieu Faure
 
 
 
Falcao

Falcao

 
Germain

Germain

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mbappé

Mbappé

 
 
 
 
 
Silva

Silva

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Fabinho

Fabinho

 
Bakayoko

Bakayoko

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mendy

Mendy

 
Jemerson

Jemerson

 
Glik

Glik

 
Sidibé

Sidibé

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Subasic

Subasic

 
 
 
 

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