Entretien exclusif avec Karl-Heinz Förster

jeu 12 avr à 10:10
Par 
OM.net
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Roland Grunchec / Helios Image / OM
Figure emblématique de la fin des années 80, Karl-Heinz Förster est de retour au Vélodrome ce soir. A cette occasion, l’ancien défenseur central s’est confié à nous. Entretien exclusif avec cette légende du club…
Karl-Heinz, lors du match aller, l’OM s’est incliné sur la pelouse de Leipzig (1-0). Qu’avez-vous pensé de la prestation des deux équipes ?

Je pense que cette défaite n’est pas vraiment justifiée pour l’OM. Le match nul m’aurait semblé plus équitable. Les Marseillais avaient plusieurs joueurs absents. Et malgré cela, j’ai trouvé l’équipe bien en place et très compétitrice. Le niveau de jeu était intense.

L’OM est-il en mesure de s’imposer ce soir ?

Bien entendu. D’abord parce que l’équipe va retrouver certains de ses joueurs. Florian Thauvin notamment. Ensuite, parce que Leipzig a joué un match lundi et perdu face au Bayer Leverkusen (1-4). Je pense que cela peut jouer sur le moral et sur l’état de forme du groupe.

Compte-tenu de l’issue du premier match, peut-on s’attendre à une rencontre fermée ? Avec une formation de Leipzig repliée en défense et jouant en contre ?

Pas du tout. Leipzig est une équipe qui joue toujours vers l’avant et ce, quel que soit l’adversaire ou la compétition. Ils ne viendront donc pas au Vélodrome pour tenir le score du match aller. Ce n’est absolument pas dans leur philosophie de jeu. Ils vont essayer de « rentrer » très vite dans le match et de marquer le plus rapidement possible.

Si vous deviez définir l’équipe de Leipzig en quelques mots…

C’est un club qui a très vite connu de bons résultats. Ils ont accédé à la Bundesliga en 2014 et ont rapidement atteint l’UEFA Champions League. C’est un club de l’Allemagne de l’Est, qui a bénéficié de l’arrivée d’un très gros investisseur.  Les habitants et supporters de Leipzig sont bien évidemment ravis. Mais en Allemagne, on ne voit pas cela d’un très bon œil. C’est plus compliqué. Je pense que le football anglais a vu l’arrivée de grosses fortunes il y a quelques temps. Cela arrive en Allemagne et il faut s’y faire, même si c’est encore très mal perçu chez nous.

Vous êtes au stade Vélodrome ce soir. Vous allez donc découvrir la nouvelle enceinte des Olympiens : qu’est-ce que cela représente pour vous ?

J’attends cela avec grande impatience. Quand je portais le maillot de l’OM je me souviens d’une ambiance et d’une ferveur incroyables. Cela poussait énormément l’équipe. Et je pense que cela va être encore le cas. Cela va rendre la rencontre encore plus compliquée pour Leipzig.

Quel joueur de l’équipe actuelle vous impressionne le plus ?

J’apprécie beaucoup Dimitri Payet. C’est un super capitaine. J’aime sa façon de jouer. Il ne joue pas pour lui. On sent qu’il est au service du collectif. Je trouve cela tellement rare à ce poste. Il est admirable.

Au cours de votre carrière, vous avez porté les couleurs de Stuttgart puis de Marseille, de 1986 à 1990. Quel est votre meilleur souvenir ?

J’ai passé quatre années fantastiques à Marseille. C’était une grande époque pour le club. Ma famille a adoré vivre ici. L’une de nos filles est née à Marseille. L’année du doublé reste forcément mon meilleur souvenir. Il y a eu cette finale de Coupe de France face à Monaco… Nous nous imposions 4-3 ! J’étais blessé. Je ne devais pas disputer cette finale. Mais j’ai su convaincre mon entraîneur et j’ai pu jouer !

Et le plus douloureux ?

Le moment de ma blessure qui m’a forcé à arrêter ma carrière.

Pour finir, que est votre pronostic pour le match de ce soir ?

L’OM va se qualifier. Je mise sur une victoire 1-0, avec une qualification à l’issue de la séance de tirs aux buts.