Rolland Courbis : «Garcia est le meilleur entraîneur français en activité !»

jeu 26 avr à 10:00
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Sur le banc olympien de 1997 à 1999, Rolland Courbis a permis à l’OM d’accéder pour la première fois de son histoire à une finale de Coupe de l’UEFA. Dix-neuf ans plus tard, il revient sur ce souvenir « douloureux » et nous livre ses impressions sur le match OM-FC Salzbourg.

En 1999, l’OM affronte Bologne, en demi-finale de la Coupe de l’UEFA. Que retenez-vous de cette confrontation ?
Cela fait partie des souvenirs de ma carrière. Ce n’est pas forcément un bon souvenir (soupires). Ces rencontres face à Bologne sont difficiles à analyser. Au match retour, lors du coup de sifflet final de l’arbitre, j’ai rarement été aussi heureux. Je ne réalisais pas encore que ce soir-là, j’étais en train de perdre dans le même temps le championnat de France et la finale de la Coupe d’Europe. Je reste persuadé que cette finale à Moscou, nous l’avons perdue à Bologne.

« Il n’y a même pas eu de suspens »
 

Mais au-delà de la défaite, cette finale aura marqué de son empreinte l’histoire du club…
Oui, mais en tant que passionné, quand j’étais footballeur ou entraîneur, j’avais de l’ambition. Je souhaitais remporter cette coupe. Ce qui devait être mon meilleur souvenir s’est transformé en mon pire cauchemar. Déjà le lieu de la finale ne m’emballait pas vraiment. A Moscou, la moitié du stade était vide. Sincèrement, la traditionnelle promenade du matin, sous la neige en plein mois de mai, ce n’était pas génial. Il y a ensuite eu le déroulé de la rencontre. Je m’en rappelle comme si c’était hier : nous jouons sans William Gallas, Peter Luccin, Eric Roy, Christophe Dugarry et Fabrizio Ravanelli. Je ne dis pas qu’avec ces joueurs nous aurions pu l’emporter, mais sans eux, il n’y a même pas eu de suspens.

Dix-neuf ans plus tard, l’OM est de nouveau en demi-finale de l’UEFA Europa League. Etes-vous étonné par l’engouement qui sévit actuellement à Marseille ?
Honnêtement oui. Face à Braga ou Bilbao il n’y avait pas grand monde à l’Orange Vélodrome. Pour quelles raisons cela a changé face à Lepizig ? Je n’en sais trop rien. Peut-être que cette équipe allemande faisait plus rêver. Mais bon, c’était super de voir le stade plein… C’est la magie de l’Europe à Marseille.

Qu’avez-vous pensé de la performance des hommes de Rudi Garcia ? 
Après le match aller, j’avais les boules. Avant cette rencontre, tout le monde vantait le jeu de cette équipe de Leipzig. Je n’ai pas été convaincu plus que cela et ce, malgré leur victoire. Les Allemands ne se sont procuré qu’un seul tir cadré alors que l’OM a eu beaucoup plus d’occasions. Pour moi, c’est l’OM qui a fait un gros match et qui a empêché Leipzig de bien jouer.

Au retour, les Olympiens ont renversé la tendance dans un stade en ébullition…
Cela a été match un peu fou. Beaucoup de joueurs se sont distingués : Florian Thauvin et Dimitri Payet notamment.  Florian réalise la meilleure saison de sa carrière, ce n’est pas un scoop. Dimitri a eu des hauts et des bas mais il termine la saison de manière exceptionnelle. Il a marqué des points pour la liste des Bleus pour la Coupe du Monde. J’espère qu’il fera partie du voyage, même si la concurrence est rude. Il faut qu’il continue ainsi.

On imagine que vous suivez avec grande attention la saison de l’un de vos protégés : Morgan Sanson (NDLR : ils ont évolué ensemble à Montpellier). Quel regard portez-vous sur ces prestations ?
Morgan est un garçon adorable. Il effectue une très bonne saison. Pour des questions d’équilibre, Rudi le fait parfois jouer en soutien du numéro neuf. Il peut dépanner à ce poste. Mais, ce n’est pas son poste de prédilection. Pour moi, c’est un vrai numéro 8. Ce n’est ni un « six », ni un « dix ». Quand l’OM n’a pas le ballon, il peut jouer en milieu défensif, quand l’OM a la possession, il peut se transformer en numéro dix.


Il a pris du « coffre » cette saison…
Oui, il a beaucoup progressé. Il a un look assez trompeur. On le voit comme un « gringalet » alors qu’il est costaud comme un boxeur au niveau de la musculature du buste, du dos et des épaules. Il a un volume de jeu assez extraordinaire.

Quel regard portez-vous sur ce match face au FC Salzbourg ?
Quand le tirage au sort a eu lieu, tout le monde s’est réjoui. Une fois de plus, je ne suis pas d’accord avec la plupart des observateurs. Salzbourg, c’est du solide. Cette équipe a terminé à la première place de son groupe au sein duquel figurait l’OM. Les Olympiens ne se sont pas imposés ni à l’aller ni au retour. Les Autrichiens ont ensuite éliminé la Real Sociedad, mais aussi et surtout le Borussia Dortmund et la Lazio Rome. Cela veut quand même dire quelque chose.

« Une victoire 3-1 pour l’OM ! »
 

Vous restez tout de même confiant, non ?
Disons que je m’attends à un match très compliqué face à un adversaire très compliqué. De plus, l’OM a l’inconvénient de ne pas recevoir au match retour. Il faudra donc redoubler de vigilance.

Pour cela, on peut compter sur l’entraîneur Rudi Garcia qui effectue un excellent travail depuis son arrivée à Marseille. Etes-vous étonné par le parcours de votre homologue ?
Pas du tout. Je me souviens d’un entretien que j’avais fait pour France Football il y a plusieurs années. Mon avis n’a pas changé à son sujet. Il est pour moi le meilleur entraîneur français en activité. Je ne suis donc pas surpris par sa réussite. Il fait du bon boulot et des choix payants.

Lequel de ces choix vous a le plus étonné ?
(Il réfléchit) Je dirais la transformation de Bouna Sarr.

Pour finir, quel est votre pronostic pour ce match aller ?
Je vais dire une victoire de l’OM sur le score de 3 à 1.