Rami : «J’en rêve depuis longtemps»

mar 15 mai à 10:00
Par 
Frédéric Rostain
Photos © 
OM.net
Vainqueur de l’UEFA Europa League avec Séville en 2016, le défenseur olympien Adil Rami rêve de soulever à nouveau ce trophée avec le maillot de l’OM sur le dos.

L’OM s’est qualifié dans la douleur face à Salzbourg…
«Nous sommes en finale mais on a joué face à belle équipe de Salzbourg et nous nous sommes qualifiés dans la douleur. On s’attendait à souffrir face à cette remarquable formation et on a souffert. C’est le charme de l’Europa League. On affronte des équipes de ce niveau et c’est cela qui rend cette compétition encore plus belle.»

Il y a eu beaucoup d’émotions sur le but de Rolando…
«Sur le coup, je me dis que ce n’est pas croyable. On a tellement souffert que l’on avait du mal à y croire. Il restait 5 ou 6 minutes, il ne fallait perdre trop d’énergie à célébrer le but mais en garder pour défendre.»

La campagne européenne de l’OM a été longue et exigeante ?
«On a eu un long et dur parcours. On a commencé tôt. Nous sommes allés en Belgique, en Turquie, nous avons traversé l’Europe pour jouer la finale en France. Ce n’était pas toujours facile et, grâce à ce parcours, le groupe a pris une certaine maturité.»

L’équipe a appris au fil des matchs…
«On a beaucoup de jeunes joueurs qui ont découvert cette compétition. Avec le nombre de matchs joués, mes coéquipiers ont progressé, pris de l’expérience face à des équipes, des joueurs, des systèmes de jeu méconnus, notamment contre Salzbourg. C’était une belle leçon pour nous.»

Rudi Garcia a su tirer son groupe vers le haut…
«Il nous a transmis le goût de l’effort, la culture de la gagne. Même à l’entraînement, on a la volonté de faire tout bien pour gagner. On n’accepte pas la défaite, c’est une grande marque de caractère.»

Vous êtes la pierre angulaire d’une équipe portée vers l’avant. Cela ne doit pas être évident…
«Ce n’est pas toujours facile mais c’est plaisant d’avoir un entraîneur avec une telle philosophie, d’aller vers l’avant, de vouloir marquer à tous les matchs. Derrière, on prend des vagues mais ça va avec. On joue offensivement mais on sait que l’on peut prendre des contre-attaques. Cela fait partie de notre stratégie.»

Vous avez déjà gagné l’Europa League avec Séville. Un moment fort en émotions…
«C’était extraordinaire. J’ai beaucoup appris à Séville. Le club avait déjà gagné deux fois ce trophée et c’était déjà énorme, alors trois fois, c’était incroyable. Surtout que l’adversaire, Liverpool était une très belle équipe. L’ambiance en finale était magnifique. J’avais beaucoup de pression sur la finale car Séville avait donc déjà gagné deux fois et je ne voulais pas être le chat noir. Après le coup de sifflet final, c’était magique.»

Avez-vous parlé avec vos coéquipiers de la manière d’aborder une finale ?
«J’en ai parlé souvent avec eux car nous avons eu des déplacements difficiles en termes de football et de voyage. Je leur disais que même si c’était de l’Europa League, le niveau était Champions League avec des équipes habituées à ce genre de compétitions.»

Est-ce que les émotions seront plus fortes en cas de victoire avec le maillot de l’OM ?
«Je pense. Séville m’a entraîné dans une routine de la victoire en Europa League. Avec Marseille, c’est différent, c’est un club français que j’aime beaucoup. Ecrire une grande page de l’histoire de l’OM serait quelque chose que j’ai du mal à imaginer mais j’en rêve depuis longtemps.»

En plus, la finale se joue à Lyon…
«On joue à Lyon et on doit absolument gagner car on joue en France. Mais peu importe où se joue la finale, il faut tout donner face à l’Atlético de Madrid. Il faut essayer de remporter la finale, qu’importe le lieu.»

Vous connaissez bien l’Atlético de Madrid…
«C’est une très belle équipe, un sacré client. C’est une formation complète, dure à bouger, avec du caractère et de l’impact physqiue. Ce sera un match d’hommes car on a du répondant et du caractère. On a appris cette année à avoir le goût de l’effort. L’Atlético a plus d’expérience que nous, c’est le favori et j’ai beaucoup de respect pour son entraîneur.»

Est-ce compliqué d’affronter une équipe entraînée par Diego Simeone ?
«C’est compliqué, il a un fort caractère, il a la culture de la gagne et l’a transmise à ses joueurs. C’est un acteur très important de la réussite du club.»

Vous connaissez bien Antoine Griezmann également…
«C’est un des meilleurs joueurs du monde. Il est intelligent, vicieux et très adroit. Il a beaucoup de qualités, très bon de la tête. Il faudra être attentif car il arrive à se faire oublier. Une des clefs du match sera d’être attentif à ses déplacements.»

Quelle sera la clef de cette finale ?
«Cela se jouera au mental. C’est l’une des meilleures défenses d’Europe, une équipe rôdée qui se connait très bien, qui a l’expérience des finales européennes, notamment de Champions League, avec des joueurs expérimentés. On va essayer de bousculer tout ça mais ce ne sera pas facile.»

L’ambiance sera exceptionnelle…
«Oui, ce sera quelque chose ! J’espère que ce sera une belle ambiance dans le respect du football. On doit tous apprécier cette journée, que ce soit une fête. On doit profiter de ce moment car ce n’est pas facile d’arriver en finale et il ne faudrait pas gâcher la fête.»

A quel point les supporters marseillais ont contribué à la campagne européenne ?
«Au cours de la saison, il y a de la fatigue mentale et physique mais quand on voit l’engouement qui existe autour du club, cela nous pousse. C’est pourquoi le 12e homme est très important, il nous pousse dans nos limites. On a besoin du public. Je ne m’attendais à vivre un truc pareil. On en peut être que fier du club et du maillot que l’on porte.»

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